Retour vers l'accueil



LA BIBLIOTHEQUE


Ville de Saint HERBLAIN


Liste des Vidéocassettes consultables sur place. (le catalogue complet)



Liste établie en Janvier 2004
Le fonds complet de La Bibliothèque est répertorié en temps réel sur http://la-bibliotheque.saint-herblain.fr

Si vous souhaitez une vision par ordre des chorégraphes, rejoignez notre page "par chorégraphe"

Si vous souhaitez une vision par ordre des titres, rejoignez notre page "par titre"


211 jours après le printemps

1990, 15', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Nicole Corsino, Norbert Corsino
Chorégraphie : Nicole Corsino
Musique : Jacques Diennet
Interprétation : Nicole Corsino, Norbert Corsino, Lulu
Production : Danse 34 productions
Participation : Ministère de la culture (DMD), Ville de Marseille, CR Paca, Adami, CG Bouches-du-Rhône,

Conseil supérieur régional pour la danse contemporaine Paca Promenade en brèves séquences autour d'un plan fixe du Stromboli. C'est le 'mouvement' interne des lieux que recherchent les Corsino, par une réflexion sur le cadre, l'intégration de paysages de synthèse et un montage nerveux. Une forme qui contraste avec des plans de corps alanguis dansant 'ad libitum' de microscopiques variations pour bras, têtes ou jambes. Nicole et Norbert Corsino (N+N) résident à Marseille et produisent depuis le début des années 80 des courts et moyens métrages, fictions chorégraphiques dont ils sont le plus souvent les interprètes principaux. Leurs gestes, toujours pensés pour la caméra, s'inscrivent en contrepoints poétiques à l'architecture des villes et des paysages maritimes. Ils sont fondateurs avec d'autres chorégraphes marseillais du collectif Marseille Objectif Danse.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

A corps pluriels

1994, 16', couleur, fiction, danse, U-matic

Conception : Jean-Marc Bordet
Réalisation : Jean-Marc Bordet
Chorégraphie : Anna Pietsch, Marie-Paule Perrin
Musique : Alexis Louis-Lucas, Robert Verguet
Production : UP vidéo Ville de Chenôve
Participation : Ministère de la culture (DMD, Drac Bourgogne), Fas, DSQ, Art danse Bourgogne, INPSA/ENESAD

Des adolescentes virginalement vêtues de tuniques blanches ondoient dans les prés tandis que des garçons improvisent une break-dance au milieu d'un décor de tissus. Ces images croisent celles de fillettes jouant à une marelle invisible. Filmée derrière la grille d'un terrain de basket, une centaine d'élèves répète mécaniquement un unique mouvement de bras... Ces images apparemment disparates témoignent d'une de ces plongées de la danse contemporaine dans le système scolaire français. Après une année passée avec différentes classes d'un établissement de Chenôve en Bourgogne, Anna Pietsch et Marie-Paule Perrin ont construit une fable minimale. En préambule, le commentaire nous indique que "des jeunes de 9 à 16 ans ont vécu à cette occasion leur première expérience de danse. Voici le reflet partiel de leurs explorations et de leurs découvertes." On sent que les deux chorégraphes se sont attachées à travailler en douceur les préoccupations de jeunes adolescents sans, toutefois, tirer parti de l'énergie foudroyante liée à la jeunesse.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

A la renverse

1990, 12', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Valérie Urréa
Chorégraphie : Mathilde Monnier
Musique : Louis Sclavis, Christophe Séchet
Interprétation : Claude Barichasse, Bertrand Davy, Herman Diephuis, Laurence Levasseur, Joël Luecht, Michèle Prélonge, Catherine Savy, Christian Trouillas
Production : La Sept, Arcanal, CGP, Films 7e industrie
Participation : Habitation SA, De Hexe production, Ville de Mulhouse

Adaptation pour l'image du spectacle "A la renverse" de Mathilde Monnier, composée selon le rythme originel de la pièce qui va crescendo. Le film débute par la déambulation goguenarde d'un employé dans une bibliothèque fictive dont le sol est devenu plafond. Bientôt, une population affolée court en tous sens entre les rayonnages. Le cadrage subtil respecte sans démonstration le parti pris d'une écriture qui morcelle le geste. L'image glisse avec une autonomie bienveillante sur le groupe turbulent qui, aussitôt dissous, forme ailleurs des tutti symétriques. Bousculades, empoignades, collisions sur la clarinette virtuose de Louis Sclavis qui n'interrompt qu'à de brefs instants son débit saccadé. De singuliers soli se nichent alors dans ces respirations silencieuses. Dès cette deuxième pièce chorégraphiée sans Jean-François Duroure, Mathilde Monnier affiche son goût pour une écriture éruptive que temporisent des moments d'abandon.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

A mossa

1992, 28', couleur, adaptation, danse, U-matic

Conception : Jacques Malaterre, Jacques Patarozzi
Réalisation : Jacques Malaterre
Chorégraphie : Jacques Patarozzi
Musique : Chants traditionnels corses
Interprétation : Christine Baxas, Gilberte Casabianca, Antoine Effroy, Jacques Filippi, Claire Haenni, Anne Holzer, Jean-Pierre Lanfranchi, Jackie Micaelli, Jean-Paul Orsini, Antonia Pons Capo, Frédéric Seguette
Production : La Sept, Arcanal, Collectivité territoriale corse, Lieurac productions
Participation : Ministère de la culture (DMD), Adami, Ministère des affaires étrangères

Au son des voix polyphoniques, de petits refrains de danse sur des places de villages ou des promontoires dominant la mer promènent le spectateur dans des paysages écrasés par le soleil de Corse. Douce connivence entre le chant et la chorégraphie ponctuant chaque moment rituel de la vie rurale dans son imagerie traditionnelle : le banquet, les jeux d'hommes, la vendetta, la veillée du mort... Ce film, au rythme suspendu, renforce l'osmose que Jacques Patarozzi avait établie entre les chants traditionnels et la danse contemporaine lors de la création du spectacle sur scène. Un retour aux sources pour cet ancien danseur de Pina Bausch qui, depuis dix ans, explore les relations humaines par des chorégraphies sensibles.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

AATTENENT!ONON

1997, 20', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Boris Charmatz
Interprétation : Boris Charmatz, Julia Cima, Vincent Druguet
Production : Videogram, compagnie Edna
Participation : Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

... de ne pas tomber ! Ainsi pourrait-on clore ce titre énigmatique qui annonce l'imminence d'un danger. Celui peut-être mis en jeu par cette chorégraphie de Boris Charmatz, danseur et chorégraphe très remarqué depuis son premier duo "A bras le corps". Loin de toute ornementation, sa danse se confronte à l'espace, à la résistance du corps, aux possibilités de contact avec l'autre. Dans cette chorégraphie, une structure métallique verticale place les trois danseurs l'un au-dessus de l'autre : l'espace de la danse est très limité, circonscrit par le vide et l'impossibilité pour chacun de voir ce que font les autres. L'autre aspect spectaculaire de la pièce, est la nudité des danseurs qui ne gardent sur eux qu'un tee-shirt. Une danse abrupte, qui refuse le romantisme de l'envolée et s'astreint à la pesanteur, à l'impact de la chute, à la dépense d'énergie provoquée par des mouvements dénués de toute joliesse. La caméra de Luc Riolon joue le jeu de la chorégraphie : en fragmentant les corps et en concentrant la vision sur l'organisation spatiale de la chorégraphie, il évacue tout voyeurisme.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Abracadabra

1998, 37', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Philippe Decouflé
Interprétation : Magali Caillet, Stéphane Chivot, Muriel Corbel, David Defever, Brad Denys, Sébastien Libolt, Eric Martin, Alexandra Naudet, Lydie Nury, Irma Omerzo, Maxime Rigobert, Christophe Salengro, Olivier Simola
Production : Oïbo, François Roussillon & associés, La Sept-Arte, NVC Arts, France 3
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Procirep

C'est un "essai cinémato-numérique magique, tourné en Super-8, Super 16 et 35 mm, en noir et blanc et en couleur, dans la ligne de "Marguerite" et "Shazam !", les derniers spectacles en date de la Cie DCA de Philippe Decouflé. Un essai en désordre où les danseurs se font lettres, loupiotes articulées et, comme sur scène, les angles de vision démultipliés jouent allègrement sur l'illusion. Outre la danse, l'autre passion de Decouflé est l'image animée, truquée, avec des féeries à la Méliès. Son idée : faire un film déséquilibré sur l'équilibre, pour "renverser les perspectives et tordre les lignes droites". "Abracadabra" développe l'idée de fantasmagorie déjà traitée dans "Shazam !" : "C'est une sorte de bloc-notes d'un an d'idées chorégraphiques liées au cinéma que j'ai décidé de réunir en un ensemble, qui n'a pour seule cohérence que de sortir de ma tête, avertit le chorégraphe. Avec des inter-séquences qui sont un peu traitées à la façon d'un journal intime, je capte des espèces de poèmes sans queue ni tête...". Les danses tournées au milieu des squelettes de dinosaures du musée d'Histoire naturelle sont à ranger et déguster dans cette catégorie.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Adelita, Sevilla y flamenco

1995, 25', couleur, documentaire, musique, VHS

Réalisation : Magali Negroni
Production : DMVB films
Participation : Ministère de la culture (DMD)En plein coeur de Séville, entre bars à tapas et filles de joie, se niche un petit palais aux murs couverts d'"azulejos". Depuis 50 ans, Madame Adelita Domingo y a fondé une école de danse et de chant flamenco, à présent une des plus réputées du pays. Voyage au plus profond de l'âme espagnole et de la générosité de l'acte de transmission.

Agée de 65 ans, Adelita partage depuis 20 ans sa vie avec son perroquet. Tous les jours à 17 heures, tous deux s'éclaircissent la voix et vérifient le son du piano, jusqu'à l'arrivée des élèves. Ceux-ci sont sélectionnés très jeunes, pour une quinzaine d'années d'apprentissage. Pour les familles, Adelita est une chance précieuse de réussite. Et tandis que les grands-mères attendent, picorant des graines de tournesol ou murmurant des paroles qu'elles connaissent par coeur, les petits-enfants y vont de leur chant, danse ou castagnettes. Parfois, un ancien élève devenu danseur professionnel vient offrir à Adelita l'occasion de danser encore, avec une belle maestria. A 22 heures, les élèves s'en vont... non sans avoir salué le perroquet !
Marie Dunglas
CNC - Images de la culture

Adolphe Appia, le visionnaire de l'invisible

1989, 40', couleur, documentaire, théâtre, VHS

Réalisation : Louis Mouchet
Production : CSS productions
Participation : Villes de Genève, Nyon, Chêne-Bougeries, Canton de Genève, Berne, Volkart Foundation, JS Finance, Banque Pictet & Cie, Vontobel Stiftung, Aprofim, association Jaques-Dalcroze

Adolphe Appia (Suisse, 1862-1928) imagine une "poétique scénique", expression de sa recherche pour libérer le corps et épurer la scène des lourds décors en toiles peintes. A travers ses dessins conçus pour le drame wagnérien (espaces lumineux, dispositifs rythmiques influencés par Jaques-Dalcroze), l'itinéraire d'un scénographe étonnant qui continue de bouleverser l'espace théâtral moderne. Louis Mouchet réalise un documentaire foisonnant qui met en écho les travaux scénographiques et les essais théoriques d'Adolphe Appia ("La Musique et la mise en scène", "L'Oeuvre d'art vivant"). Il restitue d'innombrables esquisses-camaïeux, des scénarios scéniques inventés pour les opéras de Wagner ("L'Or du Rhin, "Parsifal", "Tristan et Iseult"), d'ingénieux décors lumineux et sonores qui s'appuient sur la découverte du projecteur à arc voltaïque. Ces espaces rythmiques alternent à l'écran avec la reconstitution de ballets inspirés d'Emile Jaques-Dalcroze, le maître de l'eurythmie. De larges séquences sont consacrées à leur collaboration au projet architectural d'Hellereau (1911-1918), exemplaire laboratoire du futur conçu pour la mise en valeur optimale du corps humain. Elisabeth Ramus
CNC - Images de la culture

Aeros

1990, 27', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Burt Barr
Chorégraphie : Trisha Brown
Musique : Richard Landry
Interprétation : Lance Gries, Nicole Juralewicz, Gregory Lara, Carolyn Lucas, Diane Madden, Lisa Schmidt, Shelley Senter, Wil Swanson, David Thompson
Production : Burt Barr, Trisha Brown Company
Participation : WGBH, La Sept

Conçu comme un carnet de travail parsemé de souvenirs, d'anecdotes et d'images de voyage, le film de Burt Barr est basé sur le spectacle "Astral Convertible", créé en 1989 à Montpellier, lors d'une tournée de New York à Moscou. Ami fidèle et collaborateur de longue date, le plasticien Robert Rauschenberg fait partie du voyage. Avec une prédilection pour de larges zones d'ombre trouées d'éclairs éblouissants, "Aeros" ne délivre de la chorégraphie de Trisha Brown que des fragments, des éclats de temps volés aux répétitions, à l'échauffement. Des extraits de "Home made", un film de 1966 dans lequel Trisha Brown danse avec une caméra accrochée dans le dos, alternent avec la vision de Trisha aujourd'hui, reprenant ce solo.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Akarova / Baugniet, l'entre-deux-guerres

1991, 50', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jurgen Persijn, Ana Torfs
Production : Audiovisuele Dienst, KU Leuven

Evocation de la trajectoire de la danseuse et chorégraphe Akarova et de son ami designer Raymond Baugniet. Replaçant leurs aventures dans le contexte des avant-gardes belges de l'entre-deux-guerres, le documentaire multiplie les témoignages et les points de vue historiques, esthétiques et sociologiques. Le film montre aussi de rares images des Duncan et Sakharoff dont Akarova était très proche. De nombreux extraits de films d'archives, notamment de l'école d'Hellereau de Rudolf von Laban où la danse expressionniste puisa sa substance, des vues d'expositions et des témoignages d'anciennes danseuses d'Akarova, font de ce film une mine abondante et touffue de renseignements. La réalisation sobre et le parti pris chronologique aident néanmoins le néophyte à s'orienter dans ce panorama très complet d'une période foisonnante pour l'invention des formes en Belgique.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Alegria - L'univers flamenco de Karine Saporta

1996, 51', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Marie-Hélène Rebois
Chorégraphie : Karine Saporta
Production : Daphnie production, Atelier de cinéma de Normandie, Centre chorégraphique national de Caen
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

Conçu à l'occasion de la création "L'Or ou le Cirque de Marie" de Karine Saporta au Manège de Reims, le film de Marie-Hélène Rebois trace un portrait de la chorégraphe et de son oeuvre résolument placé sous le signe de la démesure et du baroque. Ses origines espagnole et russe sont d'abord évoquées avant de laisser directement la parole à la chorégraphe et ses interprètes. Le fil conducteur d'"Alegria" tient dans un constant rapprochement entre l'esthétique contemporaine d'une chorégraphe imprégnée par ses origines et les caractéristiques du flamenco. De fait, plusieurs de ses précédents spectacles s'inspiraient déjà de la corrida, du monde des gitans ou des processions religieuses. Cet univers flamboyant est alimenté ici par une pratique précise du flamenco, qui, selon Karine Saporta, peut nous réapprendre l'art de l'excès : pour ce spectacle, les danseurs de la compagnie ont appris la gestuelle à Séville, avec Raphaël Amargo et Elena Gabezas-Gallego qui dansent aussi dans la création. Tandis que la chorégraphe règle musiciens et danseurs dans le somptueux décor du Manège, démonstration est faite des influences mutuelles entre danses contemporaine et traditionnelle.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

L'amour sans les mots

1985, 45', couleur, adaptation, danse, U-matic

Conception : André Ligeon Ligeonnet
Réalisation : Raoul Sangla
Chorégraphie : Anne-Marie Reynaud
Musique : Gabriel Yared
Interprétation : Odile Azagury, Emmanuelle Baudry, Chantal Doudeau, Ivan Merat, Joao Ramos, Catherine Richet, Andréa Sitter, Toméo Vergès
Production : FR3 Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Lieurac productions
Participation : Ministère de la culture (DMD)

Des extraits du spectacle "Trompe-coeur" d'Anne-Marie Reynaud, qui s'inspire de la gestuelle des personnages du peintre Balthus, sont associés à des fonds mouvants d'images de synthèse et des prises de vue de décors naturels retravaillées par ordinateur. Un film coloré qui joue sur le contraste entre une danse lente, posée, et des expérimentations vidéo énergiques et mouvementées.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

An atomica

1991, 18', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Tamara Laï
Chorégraphie : Juan Bernardo Pineda
Musique : Jean Furst
Interprétation : Marianne Henry, Juan Bernardo Pineda
Production : Archipel Sud, Asbl Namur-Liège
Participation : Ministère de la communauté française de Belgique, WIP

Roulades, chutes groupées, collisions, rapport très physique avec le sol, toute la panoplie gestuelle de la jeune danse belge est condensée dans ce duo où deux danseurs nus, lourdement chaussés, évoluent dans des sous-bois, sur les berges d'un lac. Ces scènes alternent avec des plans réalisés pendant le spectacle. Les images de cygnes glissant sur l'eau apparaissent parfois en surimpression.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Anna de la côte

1986, 12', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Nicole Alix, Marielle Gros
Chorégraphie : Nicole Corsino, Norbert Corsino
Musique : Jacques Diennet
Interprétation : Nicole Corsino, Norbert Corsino
Production : Airelles vidéo, N+N Corsino, ORC Paca
Participation : ODC, Ville de Marseille, Ville de Vitrolles, Fnac Marseille

Un couple impeccablement mis danse dans des paysages marseillais : alternance de plans subaquatiques, d'extérieurs sur les voies ferrées de l'Estaque, les jetées et les plages du Prado et de séquences tournées en studio. Dès cette première fiction chorégraphique, une nostalgie mêlée d'ironie sous-tend la recherche des Corsino. Les corps semblent en attente d'expression, livrés à la calligraphie mystérieuse et muette des architectures qui s'inscrivent dans le cadre.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

L'anoure

1998, 60', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Chorégraphie : Angelin Preljocaj
Interprétation : José-Maria Alvès, Jean-Vincent Boudic, Julie Bour, Claire Burnet, Emilio Calcagno, Nadine Comminges, Sébastien Durand, Sylvain Groud, Karine Mommessin, Loïc Noisette, Claudia de Smet
Production : Injam production, La Sept-Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

Pour "L'anoure", pièce pour onze danseurs créée en 1996, Angelin Preljocaj a fait appel à un librettiste de grand renom, Pascal Quignard. Conte sombre et onirique, "L'anoure" - batracien plus connu sous le nom de "grenouille" -, flotte dans un état second, sur une bande son qui mêle une musique aquatique de Bernard Cavanna, quelques emprunts à Rameau et la voix masculine d'un narrateur. A la suite d'un accident de voiture dans lequel meurent ses parents, Jean, le héros, accède à un monde étrange. Entre rêve et réalité, perte de conscience ou prise de conscience aiguë, rituels de passage (sortie de l'enfance, découverte de l'amour, mort), cette histoire simple utilise aussi les arcanes classiques de la fable : quand un crapaud ne cache pas un prince, ce sont les anoures qui camouflent des princesses. Pour figurer le passage du monde réel à celui du songe, de l'espèce humaine au règne animal, un cube sombre, au centre du plateau, s'ouvre, se déplie et se referme, faisant office de seuil, de porte dérobée. A moins que, pour Jean, ce ne soit tout simplement la boîte de Pandore, celle qu'il n'aurait jamais dû entrouvrir...
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

L'ascète de San Clemente et la Vierge Marie

1990, 27', couleur, adaptation, danse, U-matic

Conception : Jean Gaudin, Marc Guérini
Réalisation : Marc Guérini
Chorégraphie : Jean Gaudin
Interprétation : Jean Gaudin, Sophie Lessard
Production : La Sept, Senso
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD), CNC, Vecteur vidéo, Cie Jean Gaudin

Dans un grand appartement vide, un homme étrange, aux habits lacérés, déambule à croupetons, l'air préoccupé. Soudain, une vierge au rictus cynique lui apparaît. Elle a le corps luisant, le mollet agile et le geste leste. Chassés-croisés entre les deux personnages, duos et situations cocasses. Après des ébats effrénés, la vierge bondissante sort par la fenêtre et laisse l'ascète à sa solitude. Mise en images d'un des premiers duos de Jean Gaudin qui le fit apprécier comme un chorégraphe volontiers porté sur l'humour et la dérision. Les pièces suivantes confirmèrent son attirance pour le loufoque et le comique de situation. Tourné dans les espaces immaculés de la villa turque de Le Corbusier à la Chaux-de-Fonds, le duo lutte contre le dessin très présent de l'architecture, mais la réalisation de Marc Guérini recentre l'attention sur les personnages.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Au-delà

1992, 15', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Lionel Boncompagnie
Chorégraphie : Elsa Wolliaston
Musique : Steve Lacy
Interprétation : Steve Lacy, Elsa Wolliaston
Production : La Sept, Ina, Sacem, Lieurac productions
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Jeux d'improvisations entre les notes acides et percutantes de Steve Lacy et le mouvement ample, puissant mais saccadé d'Elsa Wolliaston. La performance est ponctuée par de courtes séquences où l'image de la danseuse hante le saxophoniste. Venue des pulsions de la danse africaine traditionnelle, la danse d'Elsa Wolliaston s'est peu à peu modifiée au contact de l'Europe et se laisse volontiers porter, depuis quelques années, par les accents gutturaux et syncopés du free jazz de Steve Lacy. Filmés dans un espace si vaste que les murs sont invisibles, les deux solistes semblent flotter au-dessus du sol bleu pâle et lumineux.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Aunis

1994, 13', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Jacques Garnier
Musique : Maurice Pacher
Interprétation : Gérard Baraton, Kader Belarbi, Jean-Claude Ciappara, Maurice Pacher, Wilfried Romoli
Production : France 2, Vidéogram Paris
Participation : Ministère de la culture et de la francophonie (DMD, FASV), CNC, FCM, Procirep, SACD, Sacem, Adami

Deux accordéonistes et trois danseurs sur une dune de sable, surplombant la mer. Le ciel est couvert, le vent souffle et gonfle leurs chemises tandis que le mouvement des vagues fournit un fond visuel à cette danse résolument gaie et faussement folklorique. Comme un clin d'oeil aux origines occultées de la danse classique. Aunis, un solo à l'origine, fut créé en 1979 par Jacques Garnier. A cette époque, lui et Brigitte Lefèvre avaient pris leur distance avec l'Opéra Garnier et fondé leur compagnie, le Théâtre du Silence. Un nom qui en dit long sur le désir de retrouver une danse pure, libérée du carcan de la narration et du livret. "Aunis" est un hymne à la joie retrouvée de livrer le corps au mouvement, au rythme et à la musique. En 1980, Jacques Garnier réécrit "Aunis" pour trois interprètes et lors de la biennale de Lyon 1988, Kader Belarbi, Wilfried Romoli et Jean-Claude Ciappara, de l'Opéra de Paris, reprennent les rôles. Nous les retrouvons ici, dans ce film qui débute par un hommage à Jacques Garnier, aujourd'hui disparu : "Sourire à la vie, et dans un éclat de rire, aimer."
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Les avalanches

1997, 90', couleur, adaptation, danse, VHS

Conception : Claude Brumachon, François Roussillon
Réalisation : François Pinon
Chorégraphie : Claude Brumachon
Musique : Christophe Zurfluh
Interprétation : Ester Aumatell, Christian Bakalov, Marc Barret, Claude Brumachon, Oriana Cifras, Benjamin Lamarche, Nathalie Licastro, Hervé Maigret, Ernest Mandat, Véronique Redoux, Claire Richard, Valérie Soulard, Isabelle Téruel
Production : François Roussillon & associés, CCNN (Claude Brumachon-Benjamin Lamarche), Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

François Pinon signe cette adaptation du spectacle de Claude Brumachon avec des insertions de séances de maquillage, accompagnées de voix off égrenant des extraits des "Liaisons dangereuses", confessions et aveux où l'exigeant plaisir épuise le désir. Benjamin Lamarche ouvre le bal : "Ah! n'en doutez pas madame, ces mots de vice et de vertu ne nous donnent que des idées purement locales." Ces "Avalanches" sont, elles aussi, très localisées : en plein coeur de l'attachement du chorégraphe à grossir le trait des attitudes et des affrontements entre les sexes au moyen d'une danse parfois proche de la lutte. Les constructions du désir se traduisent scéniquement par une enfilade de séquences où la séduction ne fait pas le détail dans le choix des armes ; des "Avalanches" sadiennes tour à tour noyées de lumière et plongées dans l'ombre, car il arrive que le désir soit nu aussi, enceint de désespoir. Mais Claude Brumachon est optimiste. Les violons de Haendel, Vivaldi et Mozart ont vite absorbé les échos métalliques de la musique de Christophe Zurfluh et les corps se délient dans une belle sarabande. Avant d'être un calcul, séduire peut être un jeu....
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Un avion presque au milieu du lac

1989, 28', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Norbert Corsino
Chorégraphie : Nicole Corsino
Musique : Jacques Diennet
Interprétation : Cesare Baj, Nicole Corsino, Norbert Corsino, Lyz Schlegel
Production : Arcanal, TNDI, Danse 34 productions, ISTAR
Participation : Ministère de la culture (DMD), Ville de Marseille (OMC), CR Paca, ODC Bouches-du-Rhône, Spot image, Centre national d'études spatiales

Quelque chose se trame autour d'un mystérieux hydravion qui plane de paysage de synthèse en lagune bleutée de lac bien réel. Sur des pontons, des jetées et des rives, un couple de citadins chics exécute quelques figures sémaphoriques comme pour circonscrire ce vol énigmatique. Une femme, bouche rouge et visage fardé, des poissons plein les mains se joint parfois au couple dansant. Un film au climat étrange dû en grande partie à l'utilisation du silence et de bourdons musicaux qui provoquent une tension dramatique sur des images d'apparence paisible. Cadres et prises de vue sont aussi impeccables que les costumes chez ces vidéo-chorégraphes marseillais qui se sont fait une spécialité de ces étranges et séduisants courts métrages où la danse est un des meilleurs ressorts de la fiction.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Babilée 91

1992, 60', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : William Klein
Interprétation : Jean Babilée
Production : La Sept, Arcanal, Lieurac productions
Participation : Procirep, Ministère de la culture et de la commnunication (DMD, DDF), Ministère des affaires étrangères

Ce document sur la vie quotidienne du célèbre danseur est le plus bel hommage que l'on pouvait lui rendre. Babilée a basé toute sa carrière sur l'intelligence du présent. On le suit chez lui et dans les répétitions de "Life", écrit pour lui par Béjart (1979), qu'il reprend ici en 1991 avec Marie-Claude Pietragalla. Un plan final le montre sur sa moto, fonçant dans les rues de Paris. Le film débute sur les propos de Mikhail Baryshnikov. Peu d'images d'archives : un film amateur de son enfance, un extrait du "Jeune homme et la mort" (1946) et quelques plans de "Life" en 1979, aperçus à la télévision dans son petit appartement parisien. Devant les caméras de William Klein, Babilée remonte ce ballet pour un gala au théâtre des Champs-Elysées. Beaucoup de moments silencieux, de mouvements discrets du cadre, de respirations entre les séquences, dans cette réalisation qui a su capter le calme intérieur de cet homme d'apparence bouillonnante. Ecouter son corps, c'est, pour Babilée, le contraire du narcissisme, c'est écouter le monde et ne jamais se refuser à lui. Un film noir et blanc qui évite les pièges de l'hagiographie en une suite de séquences fluides et intimistes.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Ballet

1995, 164', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Frederick Wiseman
Production : F. Wiseman, La Sept, BBC
Participation : Public Broadcasting service, National Endowment for the Arts

Délaissant portraits et interviews, Frederick Wiseman filme cette véritable institution américaine qu'est l'American Ballet Theatre, fondé par Balanchine, sans se soucier de hiérarchiser les dimensions artistiques ou pédagogiques (le travail des chorégraphes et maîtres de ballet avec les solistes ou le corps de ballet), administratives ou économiques. La parole est ici à l'image, captivante ! La caméra s'installe posément dans les studios de répétition (les premières images sont consacrées aux danseurs en train de s'échauffer), dans le bureau de la directrice toujours filmée au téléphone (à la recherche de partenaires financiers ou en colère avec le Metropolitan qui programme le ballet du Kirov en même temps que l'American Ballet), dans les rues de New York, en tournée en Europe (sur scène et dans les moments de détente des danseurs)... Elle s'attarde lorsqu'un événement lui semble de nature à illustrer la nature et la singularité du lieu. Certaines séquences sont ainsi révélatrices de l'esprit "maison" : une vieille femme transmet à un jeune interprète un ballet qu'elle a jadis dansé ; la palette émotionnelle se découvre à travers le vocabulaire gestuel, resté intact dans sa mémoire.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Belep

1990, 53', couleur, documentaire, danse, U-matic

Conception : Anne Baudry, Jean-Louis Comolli, Alain Tarta
Réalisation : Jean-Louis Comolli, Alain Tarta
Musique : Centre culture de Belemas
Production : La Sept, Meli Mélo productions
Participation : RFO Nouvelle-Calédonie, CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMD), CGP, Ministère des départements et territoires d'outre-mer

Sur fond de revendication canaque, danses et chants de la petite île de Belep en Nouvelle-Calédonie ritualisent chaque action quotidienne. La pêche, la confection des filets, la préparation des plats, le travail de la terre sont ainsi transcendés par la danse qui sert d'élément de transmission des savoirs et de la culture. Dans l'esprit de tous les habitants, le souvenir de la lutte sanglante pour l'indépendance reste vivant. Chacun évoque les morts et les faits d'armes des résistants en retournant sur les lieux où sont tombés les membres de leur famille. Un documentaire sobre qui, par excès de discrétion, ne fait qu'effleurer le caractère animiste et fantastique des mythes et des rites calédonniens.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

La belle au bois dormant

1991, 90', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : José Montes-Baquer
Chorégraphie : Roland Petit
Interprétation : Ballet national de Marseille, Zizi Jeanmaire, Dominique Khalfouni, Cyril Pierre
Production : A2, Telmondis, WK productions
Participation : BR-SWF-WDR, RAI, RTP, CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Adaptation pour le petit écran du ballet de Roland Petit d'après Charles Perrault, Marius Petipa et Winsor Mac Cay. La présence savoureuse de Zizi en sorcière tonifie les tableaux de pantomime et les passages de facture classique, que Roland Petit a entremêlé avec des extraits de la version dansée originale de Marius Petipa. Un divertissement richement costumé destiné à un très large public.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Bill T. Jones - Arnie Zane and company

1991, 60', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Mischa Scorer
Production : BBC, Thirteen WNet, Amaya

Grande fresque de trois heures, la pièce "The Last Supper at The Uncle Tom's Cabin", qui fit grand bruit lors de son passage au festival Montpellier Danse 1991, sert de fil conducteur à ce portrait, juste et remarquable, de l'un des plus attachants chorégraphes d'aujourd'hui. L'un des plus engagés aussi. Lorsqu'à l'orée des années 80, Paris découvre Bill T. Jones, enfant terrible de la danse noire américaine, il forme avec Arnie Zane, juif lituano-américain, "un fameux couple interracial homosexuel". Une photo d'eux signée Mapplethorpe sera censurée. En 1986, Arnie Zane meurt du sida. Depuis, les spectacles de Bill T. Jones, séropositif, sont autant de coups de poing balancés à la face du puritanisme américain. "The Last Supper..." évoque l'esclavage bien sûr, mais plus largement, les comportements de suspicion et d'exclusion à l'égard des minorités ethniques, sexuelles, sociales. Un patchwork chorégraphique haut en couleur qui mêle comédie musicale, danse contemporaine et débat en direct avec un membre du clergé sur la pertinence du 'safer sex' ici-bas.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Bill T. Jones, été 95

1995, 54', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Ludwig Trovato
Chorégraphie : Bill T. Jones
Production : Noctiluques production, CGP, La Sept-Arte
Participation : Ministère de la culture (DMD, Drac Rhône-Alpes), CNC, Procirep, Caisse des dépôts et consignations

Tourné au couvent Notre-Dame-de-la-Tourette et à Montpellier, ce film s'attache à cerner la dimension spirituelle de l'oeuvre du chorégraphe Bill T. Jones. Le dialogue avec un dominicain à qui il confie les enjeux de son travail est entrecoupé de séquences dansées : improvisations avec le musicien Max Roach, travail avec Trisha Brown, extraits de "Still Here", dernière création présentée en France. Créée à New York, cette pièce provoqua une belle polémique, certains critiques dénonçant ce 'victim art' dégradant pour l'artiste comme pour son public. Pour Bill T. Jones, cette pièce traite des émotions, de l'expérience de la vie devant la mort, et les ateliers de survie qu'il anima dans un premier temps, avec des malades en phase terminale furent pour lui un moyen de conjurer la peur. Pour cet artiste américain noir, homosexuel et séropositif, la disparition de son amant Arnie Zane, mort du sida en 1988, fut déterminante : "Je pense que ma tâche est de venir au monde, de voir ce qui s'y passe et de l'arranger", estime-t-il aujourd'hui.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Boulevard Jourdan - L'Art en scène/Première

1995, 63', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Marie-Hélène Rebois
Production : Daphnie, Cie Larsen
Participation : Ministère de la culture et de la francophonie

En mai 1994 au théâtre de la Cité internationale, Stéphanie Aubin invitait cinq chorégraphes à des "Dédicaces" destinées à conjuguer l'art du dialogue à la performance (Mark Tompkins), l'image vidéo (Groupe Dunes), le travail des costumes (Daniel Larrieu), les chassés-croisés musique et langage (Georges Appaix) et la musicalité du mouvement (Odile Duboc). Cette manifestation intitulée "L'Art en scène/Première" utilisait la danse comme une onde de choc, précipitant dans sa course compositeurs, chorégraphes, amateurs d'images, oeuvres filmiques, bricoleurs de lumières, interprètes. Basé sur une envie aussi simple qu'essentielle, ce projet de confronter les oeuvres chorégraphiques à l'histoire et aux démarches artistiques qui les ont fait naître, se pose pour Stéphanie Aubin en terme de nécessité : "Je trouve dommage de ne toujours montrer que la surface visible de l'iceberg. J'aimerais pouvoir rendre vivant et perceptible pour le public le processus de ce travail. La danse a toujours été pour moi un art qui s'alimente de son rapport avec les autres disciplines artistiques."
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Bruit blanc - Autour de Marie-France

1998, 50', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : Mathilde Monnier, Valérie Urréa
Réalisation : Valérie Urréa
Musique : Louis Sclavis
Production : Films Pénélope, CCNMLR, La Sept-Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMD), Procirep, Fondation Paribas

Blanc comme l'oubli des couleurs, ce blanc que Mathilde Monnier avait déjà planté en lisière du regard dans "L'Atelier en pièces", spectacle magistral créé avec un participant aux rencontres du centre chorégraphique national de Montpellier en direction de personnes autistes. Valérie Urréa s'attache ici à suivre la relation engagée entre la chorégraphe et Marie-France, jeune autiste de 26 ans. Il y a les moments d'un spectacle donné par elles deux et Louis Sclavis pour la musique, et le travail dans le cadre des ateliers de mouvement menés depuis quatre ans en collaboration avec l'association "Les murs d'Aurelle" à l'hôpital de La Colombière. La relation entre Mathilde et Marie-France, évoquée par les pédo-psychiatres, médecins et kynésiologues, transite essentiellement par le corps : "C'est au-delà de la parole, mais dans un langage propre." Propre à révéler "les capacités physiques étonnantes de Marie-France, extraordinaires, lui permettant d'adopter des positions que même un danseur ne peut refaire." Une découverte fascinante pour cette danseuse dont le corps recèle nombre de chemins oubliés.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

La brûlure ou le sentiment de surveillance

1987, 25', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Raoul Sangla
Conception : Karine Saporta
Musique : Jean-Marc Zelwer
Chorégraphie : Karine Saporta
Interprétation : Karine Saporta, Marie-Jo Faggianelli, Dominique Auclert
Production : Arcanal, FR3, Imago Star, La Sept
Participation : Hippodrome de Doual, Ville de Doual, CR Nord-Pas-de-Calais, Camping gaz International

Sur des chants de femmes bulgares, une jeune femme se dirige vers un centre de travail où elle est durement prise en main par deux gardiennes en blouse, sbires muettes et intraitables. Après une séance de photos d'identité, les deux "amies métalliques" lui assignent son casier d'effets personnels en la maltraitant. Toutes trois se réconcilient au cours d'une étrange partie de poker aux allumettes. Les deux femmes en blouse sont des ouvrières du feu qui érotisent leur labeur en se passant sur le corps des flammes de chalumeau. La jeune fille jouée par Karine Saporta, devenue folle et pyromane, s'inflige dans un solo final la douce brûlure de la flamme bleutée du gaz, tandis qu'une voix off récite des textes sur la lumière. Une réalisation conventionnelle, aux cadrages classiques, pour ce jeu chorégraphique sado-masochiste brûlant et incendiaire adapté de la chorégraphie "Bal dans un couloir de fer", également intitulée les "Amies métalliques".
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Les cahiers retrouvés de Nina Vyroubova

1995, 90', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Dominique Delouche
Interprétation : Nina Vyroubova
Production : Films du Prieuré, France 2, France supervision
Participation : CNC, Ministère des affaires étrangères, Ministère de la culture (DMD)

Elle fut la muse de Serge Lifar, des ballets du marquis de Cuevas, de Roland Petit. La petite Russe de Meudon devenue étoile de l'Opéra de Paris note alors dans des cahiers d'écolière les dessins des chorégraphies créées pour elle. A partir de ces cahiers, Dominique Delouche emmène Nina Vyroubova dans un voyage à travers ses rôles. Tout au long du film, les images d'archives du "Spectre de la danse" ou de "Giselle" alternent avec celles de Nina Vyroubova aujourd'hui, transmettant ses rôles à de jeunes danseuses. On la suit également à Saint-Pétersbourg, un voyage sentimental qui la mène de la datcha de son grand-père à l'Académie du ballet russe où elle est acclamée. Ses souvenirs ponctuent les images d'anecdotes, notamment lorsqu'elle évoque son arrivée à l'Opéra de Paris. Serge Lifar lui avait demandé de venir remplacer "l'irremplaçable" Yvette Chauviré et, du jour au lendemain, Nina Vyroubova s'est retrouvée propulsée dans le tout Paris des années 40. Un conte de fées moderne qui fait encore briller les yeux de la danseuse.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Les caméléons

1997, 50', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Laurent Chevallier
Chorégraphie : Josef Nadj
Mise en scène : Josef Nadj
Interprétation : Etienne Arlettaz, Mathurin Bolze, Christian Bonnelle, Arnaud Clavet, Vincent Gomez, Laurent Letourneur, Michaïl Mercadie, Bruno Michel, Jambenoix Mollet, Josef Nadj, Laurent Pareti, Thomas van Uden, Martin Zimmermann
Production : Le Poisson volant, La Sept-Arte, Anomalie, Meyer production
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMD), Centre national des arts du cirque, Procirep

Tourné dans un bâtiment étonnant, avec tour, recoins, terrasses et loge de gardien, ce film est une variation du spectacle de Josef Nadj, "Le Cri du caméléon", créé avec les élèves du Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Ce sont toujours les mêmes interprètes, mais depuis, les élèves ont quitté l'école et se sont regroupés en Cirque Company et Anomalie. Gardien vétilleux d'un immense domaine, Josef Nadj parcourt les méandres de son labyrinthe avec une raideur empruntée à la silhouette de Buster Keaton. Il n'est pas seul : une troupe étrange, visages mangés par les costumes, franchit les seuils qui la séparent de la scène en plein ciel où les attire le chorégraphe. Nuit noire, guirlandes de loupiotes : les arts du cirque à ciel ouvert disent leur amour de l'envol, de l'élan, du rebond et se fondent dans le théâtre de geste si particulier de Josef Nadj. Des personnages énigmatiques trimballent des objets hétéroclites au milieu d'acrobates, de jongleurs. Pas de coupure entre les deux univers, mais une porosité constante due à une même préoccupation : faire émerger les personnages d'une proposition physique et concrète.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Canard pékinois

1987, 18', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Josef Nadj
Interprétation : Thierry Bae, Gérard Gourdot, Laszlo Hudi, Marion Mortureux, Josef Nadj, Kathleen Reynolds, Gyork Szakonyi
Production : Cie Josef Nadj, Vidéogram Paris

Chez Josef Nadj, la danse apparaît comme l'issue possible d'une gestuelle théâtrale désireuse de poétiser la fiction à travers le mouvement. Somme de souvenirs, réels ou imaginaires, vécus ou légendaires, "Canard pékinois", créée à Paris en 1987, est la première pièce de ce chorégraphe hungaro-yougoslave qui aborda la danse contemporaine auprès de Mark Tompkins, Sidonie Rochon ou François Verret. L'univers de "Canard pékinois" est fantasque et onirique, des miroirs inattendus révèlent à tous moments d'autres mondes. C'est cette fêlure du réel par où s'engouffre le merveilleux que le réalisateur Luc Riolon a choisi de rendre visible en s'appuyant sur la scénographie impeccable de Goury Strelnikov.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Caramba

1986, 7'30, couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Philippe Decouflé
Chorégraphie : Philippe Decouflé
Musique : Hugues de Courson
Interprétation : Angélica Chaves, Philippe Chevalier, Philippe Decouflé, Herman Diephuis, Denis Giuliani, Janet Latimer, Samuel Leborgne, Christophe Lidon, Michèle Prélonge, Monet Robier, Véronique Ros de la Grange, Christophe Salengro, Spot, Frédéric Werle
Production : Gédéon, Cie DCA, Arcanal
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Caramba, une troupe au nom d'opérette, se produit dans un vieux bâtiment désaffecté. Un reporter aux grandes oreilles est le seul spectateur de cette revue éclectique. Un moustachu magicien à ressort se transforme en alligator, une poupée se trémousse sur les trépidations d'une machine à laver... Eberlué, le reporter se carapate sur les dernières mesures d'un final zoulou, rigolo et rythmé. Première fiction cinématographique réalisée par le futur chorégraphe de "Codex", "Triton" et de la cérémonie des jeux olympiques d'hiver d'Albertville. Drôlerie, poésie et acrobatie sont au rendez-vous de l'imagination débridée de ce faiseur d'images né. Un film coloré qui cultive un genre difficile : l'humour et la fantaisie.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Carnets de traversée, quais ouest

1989, 23', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Johanne Charlebois, Harold Vasselin
Chorégraphie : Johanne Charlebois
Musique : Jean-Jacques Palix
Interprétation : Eric Affergan, Laurence Bertagnol, Nathalie Clouet, Véronique Favarel, Rodrigue Jean, Henri Leroi, Patricia Lopez
Production : Sirius films, Arcanal, MC Le Havre, Taxidermie
Participation : Ville du Havre, CG Seine-Maritime, CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMD, Drac Haute-Normandie)

Dans une salle d'embarquement désaffectée du port autonome du Havre, un charleston résonne. Un petit groupe de personnages dégingandés en costumes 1900 s'agite puis se disperse, pour envahir et contaminer par la danse les espaces déserts du port industriel à l'abandon. Un personnage, mi-ange mi-démon, perché sur les plus hautes grues, tient lieu de vigie. L'image contrastée, charbonneuse et piquée, fait référence au film réaliste et s'attarde sur les actions disséminées d'une chorégraphie qui rejoue des images de départ et d'exil. Le son, conçu par Jean-Jacques Palix, insiste sur des textures acoustiques, mixe une profusion de rumeurs et dote ce court métrage d'une riche dramaturgie sonore.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Carolyn Carlson solo

1984, 53', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : André S. Labarthe
Chorégraphie : Carolyn Carlson
Production : A2, RM Arts, BRT
Participation : Ministère de la culture et de la communication

Journal de création de l'ultime semaine de répétitions de "Blue Lady", solo magnétique et légendaire, créé en 1983 au théâtre de la Fenice à Venise par celle qui fut nommée étoile de l'Opéra de Paris en 1974 par Rolf Lieberman. Visage lisse, soucieux, Carolyn Carlson se livre, improvise et réfléchit devant la caméra d'André S. Labarthe. Avec un sens savant du plan et de la mise en scène, le réalisateur approche l'artiste par effractions mesurées. Il entrouve les portes du studio d'enregistrement de René Aubry, compositeur et mari de la danseuse. Il s'attarde en coulisse, s'impose en salle de répétitions. Il tisse des correspondances poétiques et visuelles entre la vie mystérieuse de la cité des doges et le processus artistique de la dame en bleu. Entre documentaire et fiction, des images rares au montage coulé.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Carolyn Carlson, a Woman of Many Faces

1996, 29', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Carolyn Carlson
Production : Agat films & cie, La Sept-Arte, Maison de la danse(Lyon)
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Charles Picq a rêvé son film comme une aubade, courte et vive. Carolyn Carlson, "femme aux multiples facettes", plonge dans son histoire, évoque son maître Alwin Nikolais, sa nomination à l'Opéra de Paris comme chorégraphe résidente dans les années 1980 et la mise en place, à l'Opéra, du Groupe de recherche chorégraphique qu'elle appelle son "laboratoire de création". On la suit à Venise où "Blue Lady" verra le jour avant de faire le tour du monde. Puis, retour au Théâtre de la Ville à Paris où son univers se fait nettement plus théâtral, imprégné de spiritualité. Celles et ceux qui ont été ses complices et ses proches confirment l'évolution de son parcours : la danseuse Marie-Claude Pietragalla, le danseur Lario Ekson et le compositeur René Aubry qui partagea sa vie pendant quinze ans. Le compositeur Michel Portal, complice privilégié de ce qui fonde la geste carlsonienne, témoigne sur l'improvisation et une certaine sauvagerie. "Je viens du mouvement hippie, mais offrir des fleurs ne suffit plus. Il faut les déchirer et les offrir d'une autre façon," dit Carlson.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

La chambre des passions

1993, 15', couleur, adaptation, danse, U-matic

Conception : François Gahier, François Gauducheau, Agnès Izrine
Réalisation : François Gahier, François Gauducheau, Agnès Izrine
Chorégraphie : Claude Brumachon
Mise en scène : Benjamin Lamarche
Musique : Christophe Zurfluh
Interprétation : Claude Brumachon, Roxana del Castillo, Pascal Guillermie, Benjamin Lamarche, Guillaume Lemasson, Anne Minetti, Véronique Redoux, Fabienne Saint-Patrice, Valérie Soulard, Sophie Torrion
Production : GF production Nantes, France 3 Ouest, CCNN
Participation : CNC, Procirep, Ministère de la culture

Adapté librement du spectacle de Claude Brumachon, ce film condense parfaitement l'enjeu de la pièce, une ode au libertinage et aux plaisirs charnels largement inspirée des "Liaisons dangereuses". Nus, la peau humide et le visage parfois caché sous un voile, les danseurs s'adonnent à de brusques étreintes. Inlassablement, les corps se heurtent. De "Palais des vents" à "Lame de fond", les passions, il est vrai, ont toujours préoccupé ce chorégraphe même si, chez lui, les gestes de l'amour ressemblent à s'y méprendre à ceux de la lutte. Les bras se referment sur les corps comme un étau, les couleurs sont chaudes, voluptueuses, les tissus moirés, et l'eau ruisselle généreusement. Hachée, syncopée, contractée, segmentée, convulsive, cette gestuelle donne une étrange vision du corps et du désir qui l'anime : comme une mécanique affolée qui tourne à vide, elle renvoie finalement à l'angoisse et à la solitude.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Chansons

1991, 26', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Jean Delsaux, Marlène Puccini, Geneviève Sorin
Chorégraphie : Geneviève Sorin
Musique : Raymond Boni
Interprétation : Jean-Paul Bourel, Isabelle Cavoit, Pascale Degli-Esposti, Pascale Degli-Esposti, André Jaume, Didier Silhol, Geneviève Sorin
Production : Arcanal, Krystal production, TNDI, Cie MEAARI G.Sorin-R.Boni
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Illustration vidéo-chorégraphique du spectacle de Geneviève Sorin, "Chansons, hommage sentimental à Mac Orlan", dans une succession de courtes séquences. Le saxophone laconique d'André Jaume annote, sur une composition de Raymond Boni, cette évocation sentimentale et désinvolte de l'univers réaliste de Mac Orlan, construite comme à tâtons et possédant la saveur entêtante d'un rêve éveillé. La voix de la danseuse et chanteuse Pascale Degli-Esposti égrène nonchalamment des refrains écrits par chaque interprète en relation avec l'imaginaire littéraire de l'écrivain dédicataire du spectacle. L'image cisèle les duos et les ensembles sur le mode du murmure visuel : les atmosphères et les situations sont à peine effleurées. Cette réalisation souligne l'art de l'ellipse de la chorégraphe marseillaise.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Un chant presque éteint

1986, 28', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Claude Mouriéras
Chorégraphie : Jean-Claude Gallotta
Interprétation : Mathilde Altaraz, Christophe Delachaux, Jean-Claude Gallotta, Viviane Serry
Production : Groupe Emile Dubois, Ina, MC Grenoble
Participation : Ministère de la culture (DMD)

Mangeurs de sandwichs, habitants des gares, dans leur habits râpés ils hantent les voies, les salles d'attente, les halls. Avant de se fondre dans la ville, de disparaître dans la masse anonyme qui peuple les grandes cités, ils rejouent une dernière fois l'attachement à leur pays d'origine d'où les trains les arrachèrent. Quelques gestes de la chorégraphie de "Mammame" de Jean-Claude Gallotta sont disséminés et intégrés au décor naturel de la gare de l'Est à Paris. Mouriéras filme les danseurs au milieu des voyageurs et peu à peu la danse se dissout dans la vie quotidienne. Chaque posture fait écho à un regard anonyme et le moindre événement est alors perçu chorégraphiquement. Collaborateur régulier du groupe Emile Dubois, Claude Mouriéras a construit des fictions inspirées de spectacles où il prolonge de manière personnelle l'univers du Jean-Claude Gallotta.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Le chat botté

1986, 90', couleur, spectacle filmé, danse, U-matic

Réalisation : Dirk Sanders
Chorégraphie : Roland Petit, Marius Petipa
Musique : Piotr Illich Tchaïkovsky
Interprétation : Jean-Pierre Aviotte, Ballet national de Marseille, Patrick Dupont, Dominique Khalfouni, Jean-Charles Uerchère
Production : A2, Telmondis, WK-productions
Participation : BR (Allemagne), KRO (Hollande), ORF (Autriche)

Un ballet féerie rassemblant, selon Roland Petit qui présente lui-même son ballet, la quintessence des contes de Perrault. Pantomimes chorégraphiques, ponctuées d'emprunts à la version de Marius Petipa. Pour une plus grande lisibilité, des inter-titres situent régulièrement l'action du ballet. Patrick Dupont en matou griffu et cabot fait merveille dans un rôle sur mesure.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

La chevelure de Bérénice

1993, 25', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Ann Marchi
Chorégraphie : Caroline Marcadé, Gabriella Carrizo
Musique : Jean Cohen-Solal
Interprétation : Delphine Baey, Raphaëlle Delaunay-Belleville, Thierry Trussardi
Production : La Sept-Arte, Jardin public
Participation : Ministère de la culture

Cette fiction chorégraphique s'intéresse à l'une des Bérénice de la famille des Ptolémée, qui inspira les poètes Callimaque et Catulle à quelques siècles de distance. Princesse d'Egypte, elle sacrifia une boucle de ses cheveux à Aphrodite pour obtenir que son mari revienne sain et sauf d'une expédition en Syrie... Ces cheveux ayant disparu du temple où ils étaient placés, l'astronome Conon de Samos affirma qu'ils avaient été changés en astre et donna à une constellation le nom de "Chevelure de Bérénice". Le scénario de Ann et Alain Marchi et la chorégraphie de Caroline Marcadé sont situés à la fois dans cette constellation et dans le gouffre de l'Apocalypse, figuré par un décor en ruines où les images du monde actuel viennent se refléter fugitivement. La rencontre amoureuse de Bérénice et du jeune homme qui coupera ses cheveux, leurs jeux sur la marelle du ciel et le grand lit couleur de nuit font sombrer corps et biens le poème de Callimaque dans le trou noir de l'anecdote.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Chinoiseries

1998, 34', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Valérie Urréa
Chorégraphie : Mathilde Monnier
Musique : Louis Sclavis
Production : Artline films, La Sept-Arte, CCNMLR (Mathilde Monnier), CGP
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Procirep

Créé il y a sept ans, le duo entre la chorégraphe Mathilde Monnier et le clarinettiste Louis Sclavis a ceci de particulier que son écriture évolue sans cesse. Ce n'est donc pas une pièce de répertoire, revendiquent-ils tous deux en insistant sur la règle du jeu : partager des rapports d'intensité en privilégiant les renvois, la variété des énergies. On l'a abordé sans psychologie, c'est un travail sur le travail, disent-ils tous deux. Valérie Urréa capte ce dialogue fait de gestes et de sons, de regards et d'écoute. Une danse extrêmement élaborée, "impossible à interpréter totalement sans erreur tant elle fonctionne sur des oppositions entre tension et relâchement, directions et énergies. J'essaye que chaque mouvement ait plusieurs sens : au dialogue avec Louis Sclavis se superpose un dialogue interne à ma danse où toutes les couches d'un mouvement, sa fragmentation, sont données à voir. Finalement, cette pièce suit mon travail : elle est témoin d'un état d'être, d'un état de recherche", constate Mathilde Monnier. Louis Sclavis ne la contredit pas : cela fait toute la beauté de ce duo, frémissant et en devenir perpétuel.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

La chute d'Icare

1991, 49', couleur, spectacle filmé, danse, VHS

Réalisation : Jacques Bourton, Thomas de Norre
Mise en scène : Frédéric Flamand
Musique : Michael Nyman
Interprétation : Tobias Bausch, Bud Blumenthal, Hayo David, Wang Kuo-Chuan, Peter Maschke, Gilles Monnart, Ralph Nonn, Gabriella de Pascalis, Sam Usher, Ida de Vos
Production : Plan K, RTBF
Participation : British council, Centro video arte (Ferrara), Loterie nationale, Commissariat général aux relations internationales

Sur le mythe d'Icare, Frédéric Flamand imagine une mise en scène purement visuelle, une suite de tableaux tirés au cordeau sur la musique soutenue de Nyman. La gestuelle narrative des comédiens-danseurs étroitement liée à la scénographie de Plessi provoque des images esthétiques fortes : ange marchant avec des moniteurs vidéo aux pieds, manipulation d'une grande roue de flammes vidéographiques... Le théâtre de mouvement de Frédéric Flamand est particulièrement photogénique et les séquences retenues pour cette adaptation confirment son souci plastique de la composition et de la dramaturgie. La collaboration de Nyman, compositeur des musiques des films de Peter Greeneway, et celle du plasticien italien Plessi, qui produit habituellement des installations vidéo monumentales, contribuent efficacement au passage du spectacle à l'écran.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Circumnavigation

1994, 60', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : N+N Corsino
Chorégraphie : N + N Corsino
Musique : Jacques Diennet
Interprétation : Jacques Boyer, Nicole Corsino, Norbert Corsino, Ana Teixido
Production : Danse 34 productions, Arcanal
Participation : Ministère de la culture (DMD), Ville de Marseille, CR Paca, CG Bouches-du-Rhône

Voyage vidéo-chorégraphique à travers les cités portuaires de Marseille, Trieste, Rotterdam, Riga, Vigo, Lisbonne, Vancouver. Une errance ponctuée de danses pour passerelles, bastingages, tables de bar et couloirs d'autobus : toutes les villes s'apparentent et le mouvement tisse entre elles des correspondances inédites. Qui mieux que le chemin connaît le voyageur ? dit le proverbe. La voie est ici celle du regard que portent les Corsino sur le monde alentour, chemin du regard et de l'esprit. Mises en distance par un traitement esthétique convaincant, les villes accostées par les N+N et leurs danseurs deviennent des lieux improbables, imaginaires, qu'ils lisent comme autant de paysages à déchiffrer par l'écriture gestuelle et le cadrage vidéo.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Codex

1987, 26', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Philippe Decouflé
Chorégraphie : Philippe Decouflé
Musique : Hugues de Courson
Interprétation : Pascale Henrot, Samuel Leborgne, Pascale Luce, Christophe Salengro, Catherine Savy
Production : Gédéon, Cie DCA
Participation : Ministère de la culture (DMD)

Adaptées du spectacle "Codex", ces quelques séquences farfelues et bienvenues sont dynamisées par la réalisation de Philippe Decouflé. Des microbes ficelles, virgules noires et palmées, disputent la vedette au duo d'un géant et d'une poupée. Deux hommes en robe se plient en quatre sur une mélodie mélancolique chantée par un homme entonnoir... Un festival hétéroclite d'humour et de poésie. On croyait le jeune homme branché et, comme tout ce qui doit à l'air du temps, on rangeait volontiers son savoir-faire au rayon des fantaisies éphémères et des gadgets. Pourtant, l'exubérance passée, il reste dans ce film un sens poétique ineffable, une science de l'image et de la concision qui font défaut à nombre de productions de l'époque. C'est un manifeste doux dingue, un 'ethno reportage' sur des peuples imaginaires et des us et coutumes chorégraphiques échappés d'un esprit prolixe et sidérant. Philippe Decouflé est sans doute le grand héritier d'Alwin Nicolaïs, dont il fut l'élève au centre national de danse contemporaine d'Angers.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Cortex

1992, 32', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Maguy Marin
Musique : Denis Mariotte
Interprétation : Ulises Alvarez, Teresa Cunha, Christiane Glik, Athanassios Koutsoyannis, Jean-Marc Lamena, Mychel Lecoq, Cathy Polo, Isabelle Saulle
Production : Cie Maguy Marin, Vidéogram Paris
Participation : Ministère de l'éducation nationale et de la culture

Le sol est rouge, les chaises en plastique jaune citron, les hommes en costume sombre et les femmes, chignon banane et robe droite, semblent tout droit sorties d'une série télé des années 60. Tout ce petit monde aime à nommer les choses : objets usuels, habits, sous-vêtements, et jusqu'aux particularismes physiques et sexuels. Cette étrange alchimie entre le corps, la parole, et leur 'transfiguration' dans la danse et le théâtre, Maguy Marin ne cesse de la fouiller. Depuis "May B", la chorégraphe observe avec l'acharnement d'une entomologiste ces drôles d'humains aux signes particuliers marqués par le désir tenace d'être vus et entendus. "Cortex" est un inventaire et une démonstration de tout ce qui constitue un être humain, accessoires compris, et fonde ses relations avec autrui. La petite histoire de Raoul Campion et d'Hélène Bertin, natifs de Clermont-Ferrand, et celle de leur descendance, conclue avec humour ce 'cortex des habitus de l'homo sapiens'. Et la danse ? Mais c'est l'un des moyens de se déplacer les plus spectaculaires et l'un des moyens de rencontre les plus drôles...
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Le crawl de Lucien

1986, 62', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Dominique Bagouet
Musique : Gilles Grand
Interprétation : Jean-Pierre Alvarez, Dominique Bagouet, Christian Bourigault, Claire Chance, Sarah Charrier, Bernard Glandier, Michel Kéléménis, Philippe Le Goff, Catherine Legrand, Emmanuelle Miton, Dominique Noël, Sonia Onckelinx, Michèle Rust
Production : Vidéothèque de Paris, Arcanal, Centre audiovisuel de Paris, Duran
Participation : Ministère de la culture, Ministère de l'industrie, Ministère des PTT, mission TV-câble

Un peu penchée, fixant le public, une femme lentement ouvre un bras, puis l'autre, répète son geste avant que la lumière ne l'emporte vers d'austères et drus massifs en fond de scène. Bientôt, sur les grignotis sonores et les amorces mélodiques du compositeur Gilles Grand, onze personnages en tenues légères conversent avec l'espace physique en se glissant dans la gestuelle souveraine de Bagouet. Le chorégraphe et danseur, directeur du centre chorégraphique national de Montpellier depuis 1981, mort du sida en décembre 1992, signait avec "Le Crawl de Lucien" une de ses plus radicales avancées dans l'abstraction et l'épure. Le solo central exécuté par Catherine Legrand en est l'emblème. Douce chimie entre l'humanité des corps et la tenue des lignes, ce grand moment de la danse contemporaine française est filmé avec simplicité par la caméra attentive de Charles Picq. Images d'une compagnie d'un niveau rare, au tracé stellaire, d'où sortiront plusieurs chorégraphes dont Michel Kelemenis et Christian Bourigault, et des danseurs qui rejoindront d'autres grandes compagnies.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Cross Channel

1991, 26', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Margaret Williams
Chorégraphie : Lea Anderson
Musique : Steve Blake
Interprétation : Lea Anderson, Teresa Barker, Frank Bock, Gaynor Coward, Emma Gladstone, Stephen Kirkham, Elizabeth Lauren, Mark Lorimer, Dan O'Neill, Alexandra Reynolds, Carl Smith, Marisa Zanotti
Production : MJW production for BBC, Amaya distribution

Un groupe de jeunes anglaises très 'cup of tea', coiffées de capelines beurre frais, traversent la Manche en ferry. De l'autre côté, en France, une bande de cyclistes campe au bord d'une falaise. Ils finiront par se rencontrer dans une cabine de plage où ils organisent une surboum renversante. Un film coloré et plein d'humour, aux images soignées, où la danse pointe discrètement le bout de son nez.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

La danse de l'épervier

1984, 12', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Robert Cahen
Chorégraphie : Hideyuki Yano
Musique : Michel Chion
Interprétation : Yves Aubert, Lila Greene, Janine Grillon, Colin Harris, Paolo Malvarosa, Claudio Pantoja, Hideyuki Yano
Production : Ina, Ministère de la culture

Conte chorégraphique du Ma Danse Rituel Théâtre, d'après le spectacle "Le Puits de l'épervier" de Hideyuki Yano. Des personnages de légende aux costumes moyenâgeux et orientaux ont rendez-vous près d'un puits. Lent rituel ponctué de courses que la prise de vue métamorphose et dilate par des ralentis. Le traitement de l'image fait écho au caractère presque sacré de certaines figures chorégraphiques. Les danseurs sont baignés dans des fumerolles synthétiques moirées et autour d'eux se tisse un réseau d'auras diaprées qui traduit l'atmosphère mystique de l'univers de Yano. Les effets spéciaux deviennent la traduction visuelle de la recherche spirituelle d'un chorégraphe qui, à la fin des années 70, influença discrètement de nombreuses personnalités de la danse contemporaine française.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Danse sur image L'adieu

1990, 5', couleur, fiction, danse, U-matic

Chorégraphie : Thierry Guedj
Musique : Pierre Carrasco
Interprétation : Thierry Guedj
Production : SF3, Arcanal, Canal +, CGP, Femis, Grec, Ina, MC Saint-Etienne
Réalisation : Jean-Marie Gigon
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD), Procirep

Thierry Guedj rend hommage aux joueurs de cesta pointa, variante de la pelote basque. Un solo onirique au cours duquel il exécute des passes stylisées avec une balle luminescente. Son costume immaculé fait signe dans un espace abstrait au sol bleuté.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Danse sur image Boqueria

1990, 5', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Johanne Charlebois
Chorégraphie : Angels Margarit
Musique : Xavier Maristany, Joan Saura
Interprétation : Angels Margarit
Production : SF3, Arcanal, Canal +, CGP, Femis, Grec, Ina, MC Saint-Etienne
Participation : Generalitat de Cataluny, Ministère de la culture et de la communication (DMD, SAI), Procirep

Une jeune femme investit dans une course nerveuse et rythmée les allées du marché couvert de la Boqueria à Barcelone. Filmée dans le site en activité, puis le soir après la fermeture, la danse fait le lien entre les deux états du lieu. Le montage insère des plans de nourritures à l'étal : contraste entre les monceaux de marchandises offertes à la consommation et l'activité d'une danse vive, mais qui sans cesse s'esquive.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Danse sur image Nuit d'été

1990, 6', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Pascal Notoli
Chorégraphie : Véronique Ros de la Grange
Musique : Thierry Fournier
Interprétation : Cassandre Jackson, Véronique Ros de la Grange
Production : SF3, Arcanal, Canal +, CGP, Femis, Grec, Ina, MC Saint-Etienne
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD), Procirep

Un village de midi qui poudroie sous la poussière des chemins écrasés de soleil, la fraîcheur ambrée d'un intérieur. Une femme dort et rêve une sour qui danse pour elle dans son salon. Au crépuscule, elles se retrouvent au bord d'une digue. Dans les reflets mordorés renvoyés par des vidéo-vagues de synthèse, elles entament une petite danse de nuit.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Danse sur image Pour toi

1990, 5', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Gilles Moisset
Chorégraphie : Elsa Wolliaston
Musique : Jacques Bruyère
Interprétation : Jacques Bruyère, Elsa Wolliaston
Production : SF3, Arcanal, Canal +, CGP, Femis, Grec, Ina, MC Saint-Etienne
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD), Procirep

Une femme traverse lentement un jardin pour atteindre une maison où elle retrouve un percussionniste qui l'attend. Commence alors un rituel dansé empreint de mélancolie. Si le montage est nerveux, épousant le rythme des percussions, le cadre, lui, prend de la distance avec la physicalité du mouvement. Un solo inspiré de la gestuelle et des rythmes africains.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Danse sur image
Volte-face

1990, 6', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Bertrand Van Effenterre
Chorégraphie : Jean-Christophe Bleton
Musique : Henri Gendrot
Interprétation : Jean-Christophe Bleton
Production : SF3, Arcanal, Canal +, CGP, Femis, Grec, Ina, MC Saint-Etienne
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD), Procirep

Toute une nuit, un oiseleur danse pour sa compagne la cane, au milieu des caravanes d'un camp gitan. Une réalisation sobre, des images soignées et chaudes pour ce petit conte chorégraphique astucieux pour homme et oiseau.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Une danse, le temps d'une chanson
fiction


Conception : Patrice Nezan

Est-ce le fameux " P'tit Bal " de Philippe Découflé sur la chanson de Bourvil qui a inspiré cette collection ? L'idée, en tous cas, a tout pour plaire : avec la complicité d'un réalisateur, les chorégraphes choisis ont joué le jeu en mettant en danse avec talent un air puisé dans le répertoire de la chanson française, où le plus souvent, poésie rime avec drôlerie et tendresse. Aucune de ces danses ne s'apparente à un clip censé illustrer la chanson, mais elles constituent toujours une proposition chorégraphique originale. Chansons de geste version contemporaine, elles permettent d'accéder en quelques minutes aux univers fort diversifiés des chorégraphes. Prenez une chanson, ses couplets et son refrain, le timbre de la voix de l'interprète, le sujet ou l'ambiance évoqués, et voyez quelles images, quelles couleurs, quelles figures et quels rythmes, la danse pourrait leur donner.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Une danse, le temps d'une chanson
Les amants d'un jour

1997, 4', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : William Lubtchansky
Chorégraphie : Anne-Marie Reynaud
Interprétation : Yanno Iatrides, Antonin Lambert, Céline Praden-Kanagasabai
Production : Heure d'été productions, Qwazi Qwazi film, Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères, Procirep

Une femme fait briller des verres, tandis qu'au loin, un couple enlacé danse avec langueur. Etreintes, roulades au sol, et puis soudain, un lit suspendu les accueille. Nous sommes loin du tempo intérieur proposé par Edith Piaf, que l'on imagine facilement, robe noire et mains tendues, contant l'histoire d'amour au dénouement tragique de ce couple qui se donne la mort dans une chambre d'hôtel.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Une danse, le temps d'une chanson
Barbara

1997, 5', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Claude Mouriéras
Chorégraphie : Nathalie Pernette, Andreas Schmid
Interprétation : Nathalie Pernette, Andreas Schmid
Production : Heure d'été productions, Qwazi Qwazi film, Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères, Procirep

La chanson des Frères Jacques raconte les amours d'une fille dont l'homme meurt à la guerre. L'image est noir et blanc. Le couple roule dans un champ, ignorant du temps qui passe et des amours en sursis. Ludiques, leurs étreintes ont l'éclat du soleil qui adoucit un horizon trop sombre pour être vraiment vu. On sait depuis leurs débuts l'attraction exercée par l'élément terre sur le couple Andreas Schmid et Nathalie Pernette. Friable, boueuse, elle accueille leurs chutes et recouvre les corps. Quand, plus tard, l'homme allongé a l'air de dormir, on doute de ce filet rouge sang qui s'écoule de sa bouche. On est comme Barbara, dans un temps bousculé. On songe au dormeur du Val. Et l'on comprend la terre, présente du premier au dernier plan, non comme un paysage, mais bien comme un refuge.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Une danse, le temps d'une chanson
La chanson des vieux amants

1997, 6', 1997, couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Pascal Magnin
Chorégraphie : Madira Sardancourt
Interprétation : Madira Sardancourt
Production : Heure d'été productions, Qwazi Qwazi film, Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères, Procirep

Filmée en plan large dans un décor minimum - des flammes, qui donnent aussi le seul éclairage à la scène -, Madira Sardancourt se jette dans le flot lyrique des paroles de Jacques Brel et toute sa danse irradie cette offrande d'amour que rien, semble-t-il ne saurait consumer. Voilà bien une chanson à laquelle il n'était pas évident de se frotter. L'univers de Brel a tant pénétré notre imaginaire, si bien coloré et sublimé les expériences de chacun, qu'il n'était sans doute pas simple d'en proposer une image. Ce qui explique peut-être le parti pris simple et sans prétention de la chorégraphe et interprète, et du réalisateur. Comme son prénom d'emprunt l'indique, cette danseuse française pratique la danse indienne. Elle utilise le langage gestuel fortement codifié d'un art traditionnel pour exprimer, ici, les mots d'amour éternels.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Une danse, le temps d'une chanson
La complainte du progrès

1997, 5', couleur, fiction, danse, U-matic

Conception : ALIS, Pierre Fourny, Dominique Soria
Réalisation : Claudio Pazienza
Interprétation : Monique Cremer, Serge Cremer
Production : Heure d'été productions, Qwazi Qwazi film, Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères, Procirep

Ironie douce et implacable, "La Complainte du progrès" de Boris Vian, vue par ALIS, nous plonge dans un univers loufoque, où le réel dérape sans cesse dans l'incongru, l'absurde, voire l'inquiétante étrangeté. Un couple méticuleusement occupé à diverses activités (se servir un café, se raser, s'habiller, préparer le repas, laver le linge) voit son univers envahi par les assauts répétés du progrès. Le film de Claudio Pazienza est soigné et enlevé : les pirouettes visuelles qui marquent les méfaits du progrès, ses conséquences fâcheuses et drôles, entraînent tout doucement vers la déliquescence finale. Tout se déglingue. Les lavabos débordent, les corps se blessent et les gestes les plus anodins retiennent toute notre attention. Et quand d'un simple coup de rouleau à pâtisserie, surgissent des lettres de couleur, on se dit que la magie fait peu de cas des machines sophistiquées qui domestiquent notre réel.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Une danse, le temps d'une chanson
Jolie Môme

1997, 4', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Vincent Bal
Chorégraphie : Daniel Larrieu
Interprétation : Laurence Rondoni
Production : Heure d'été productions, Qwazi Qwazi film, Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères, Procirep

Replacée dans son contexte, les années 60 et l'essor des loisirs, la chanson de Léo Ferré met en scène une fille qui accroche les regards et fait rêver les blousons noirs, les crooners en goguette dans une fête foraine. Interprétée par Laurence Rondoni, elle a des yeux de magicienne... Un petit moment de bonheur ! Partout où se porte son regard, le décor change à vue et s'anime. Jeux de reflets, incrustations d'images et gags visuels entraînent la chanson dans un rythme accéléré qui retombe toujours sur ses pieds. Facétieuses, les lumières donnent le tempo de la mélodie et clignotent joliment dans les yeux de la fille. C'est brillant et coloré comme un bijou de pacotille.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Une danse, le temps d'une chanson
Ta Katie t'a quitté

1997, 4', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Eric Legay
Chorégraphie : Cie Paul les Oiseaux, Valérie Rivière
Interprétation : Caroline Bretons,Valérie Rivière
Production : Heure d'été productions, Qwazi Qwazi film, Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères, Procirep

Dans un décor de sable surplombé d'un ciel assombri par les nuages, deux jeunes femmes dansent en regardant crânement la caméra, fredonnent le refrain et s'appliquent à former des figures enfantines. Il y a de l'haïku visuel dans ce duo où quelques objets résument la chanson de Bobby Lapointe et où le corps, dans un lent mouvement pendulaire, se fond finalement dans la rythmique des mots. Des paroles découpées en rondelles de syllabes, des sons mis bout à bout qui se répètent et s'égrènent. L'art du chanteur, entre comptine et fable, est ici servi au mieux par celui de la chorégraphe Valérie Rivière : son art du tempo, intérieur et souverain, fait merveille. Filmée par Eric Legay, la danse selon la compagnie Paul les Oiseaux est en somme un jeu d'enfant.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Une danse, le temps d'une chanson
Tout morose

1997, 4', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Olivier Mégaton
Chorégraphie : Dominique Hervieu, José Montalvo
Interprétation : Delphine Caron, Dominique Hervieu, Geneviève Kolinski, Henri Mahé, Merlin Nyakam, Bobo Pani
Production : Heure d'été productions, Qwazi Qwazi film, Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères, Procirep

Le même effet anime tout le film : de l'eau coule derrière une vitre, donne du flou aux visages et aux corps qui se contorsionnent derrière, jette des gargouillis dans les voix et teinte de bleu les différentes scènes. Réalisateur et chorégraphes proposent ici un contrepoint coloré et amusé à la morosité de ce jour terne, chanté par la voix claire de Jeanne Moreau. Il y a un côté cirque dans cet univers qui fait la nique aux grises mines, avant de s'abstraire dans un espace entièrement blanc piqueté de danseurs colorés comme des papillons épinglés dans un cadre. On l'aura compris, Olivier Mégaton, José Montalvo et Dominique Hervieu ont oublié les mots de la chanson pour magnifier le tempérament de son interprète.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Le danseur rouge - Jean Weidt

1989, 54', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Klaus-Peter Schmitt, Jean-Louis Sonzogni, Petra Weisen Burger
Chorégraphie : Jean Weidt
Musique : Christian Otto Engelhardt
Production : La Sept, Lieurac productions
Participation : CNC, SWF Baden Baden, Télé Europe

A Hambourg, en 1927, alors que l'Allemagne compte quelques six millions de chômeurs, Jean Weidt renonce à son travail de jardinier pour se consacrer à la danse. Dans un pays sans tradition chorégraphique spécifique, il rejoint de jeunes artistes passionnés qui veulent libérer la danse et se libérer par elle des codes du ballet classique. La danse expressionniste va naître. Un documentaire tourné à Berlin en 1988, année de la mort de ce danseur expressionniste autodidacte. Le vieil homme évoque des souvenirs au fil des questions posées par ses élèves dans le conservatoire où il enseignait encore. Sa danse, précise-t-il, a toujours été attentive aux messages sociaux. Ses personnages sont des ouvriers, des soldats, des exclus. Proche du parti communiste, Weidt a, peu ou prou, toujours milité pour une vie meilleure et un changement de société. Son existence rude, souvent miséreuse et ballotée par les événements, ne l'ont jamais empêché de danser, comme cette nuit d'été algérienne où, pendant la deuxième guerre mondiale, il créa devant cinq mille soldats anglais en permission un faune céleste et vigoureux sur la musique de Debussy.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

De la rue à la scène

1991, 52', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Louis-Marie Maudet
Chorégraphie : Traction avant compagnie
Production : Octogone, Soft
Participation : Drac Rhône-Alpes, Traction Avant cie

Avec le spectacle "Un Break à Tokyo", la Traction Avant Compagnie mêle la danse butô à la break dance. La rencontre de deux styles qui, en apparence, n'ont rien à voir traduit un héritage commun : la mémoire culturelle d'une communauté. Les danseurs de la troupe sont allés partager leur expérience au Québec et ont visité le Bronx, quartier populaire de New York. La gestuelle à l'énergie urbaine de la break dance et l'esthétisme du butô (courant de danse contemporaine japonais) ont, comme autre trait d'union, le rejet des codes. Avec cette création, les jeunes danseurs ont voulu travailler dans une dimension multi-ethnique et s'unir plutôt que de se diviser. La break dance est héritée, au même titre que le rap et le graffiti art, de la culture hip hop. Cette dernière, née dans les faubourgs new-yorkais dans les années 70, n'est pas, selon eux, un phénomène de mode mais une véritable lame de fond. "Le rap traite de violence, de racisme et d'amour. C'est un moyen de se parler. Il restera." La caméra zappe sur les réalités du Bronx : amas d'ordures, sirènes stridentes des voitures de police... Un jeune insiste sur le message de paix.
Fara C.
CNC - Images de la culture

Dead Dreams of monochrome Men

1990, 52', noir et blanc, adaptation, danse, VHS

Réalisation : David Hinton
Chorégraphie : Lloyd Newson
Musique : Sally Herbert
Interprétation : Nigel Charnock, Russell Maliphant, Lloyd Newson, Douglas Wright
Production : LWT, Millenium productions, DV8 physical theatre

Un hangar, boîte de nuit gay sado-maso. Musiques à plein volume, lumières blafardes et contrastées. Quatre corps explorent les jeux du désir masculin, le théâtre de la violence sexuelle, de la domination et de la soumission volontaire. Ensemble, ils vont jusqu'au bout d'une nuit où le désir passe par la violence que procurent l'anéantissement et l'assujettissement du partenaire. La caméra colle à la peau des quatre acteurs-danseurs, les happe. Le travail des lumières et le découpage des séquences retranscrivent, sans morbidité, l'émotion et l'atmosphère brute et parfois lancinante de ces jeux de sexe et de mort. Le spectacle du même nom fut créé en France au Festival d'Avignon 1989, dans le cadre d'une carte blanche chorégraphique à Daniel Larrieu.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Découverte d'une oeuvre Le balcon

1986, 4'32, couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Virginie Roux, Anne Soalhat
Chorégraphie : Jean-Claude Ramseyer
Musique : Stanislas Noël
Interprétation : Christine Burgos, Christophe Daum, Nouchka Ovdtchinnikoff, Jean-Claude Ramseyer
Production : Musée d'Orsay

Jean-Claude Ramseyer a imaginé l'envers du décor du "Balcon" de Manet : deux élégantes qui se détestent, une collation d'après-midi, l'ennui qui rôde dans les maisons cossues des beaux quartiers parisiens, une langueur de dimanche. Le tableau, à la fois instantané de la vie bourgeoise et voyage immobile dans l'époque, semble effectivement détenir une énigme que le film prolonge sans la dévoiler.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Découverte d'une oeuvre
Le cirque

1986, 6', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Jean Rabaté
Chorégraphie : Karine Saporta
Musique : Marc Monnet
Interprétation : Anne-Marie Brun, Daniel Kientzy, Hervé Robbe, Nathalie Ruiz, Stefan Schneider
Production : Musée d'Orsay

Saynètes chorégraphiques évoquant "Le Cirque" du peintre Seurat. Sur une partition musicale de Marc Monnet, des personnages de cirque paradent, incrustés par le biais d'effets vidéo, dans des motifs de la toile pointilliste. Les gestes mécaniques et répétitifs, dictés par la chorégraphie de Karine Saporta, leur donnent des allures d'automates.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Découverte d'une oeuvre
La femme à la cafetière

1989, 7', couleur, fiction, danse, VHS

Conception : Robert Wilson
Réalisation : Robert Wilson
Musique : Hans Peter Kuhn
Interprétation : Consuelo De Haviland, Suzushi Hanayagi
Production : Musée d'Orsay, Ina, La Sept

Par d'imperceptibles transformations de son visage et de son corps, Suzuhi Hanayagi, grande danseuse de kabuki, donne vie au tableau de Paul Cézanne "La Femme à la cafetière". Tandis qu'elle croque des bonbons avec force bruits, des objets s'animent d'eux-mêmes et d'étranges apparitions surgissent d'un placard : souris géante, faux éclair et pin-up en fourreau pailleté. A bien y regarder, la peinture de Cézanne ne dégage-t-elle pas tout autant d'étrangeté que la relecture qu'en propose le créateur et metteur en scène Robert Wilson ? Placée dans un espace sans perspective, la femme à la cafetière, muée en apparition grandiose, est-elle assise ou debout ? Et pourquoi la cafetière et la tasse sont-elles peintes de côté, alors que la table sur laquelle elles sont posées est vue du dessus ?
Agnès Rotchi
CNC - Images de la culture

Découverte d'une oeuvre
Gustave

1987, 7', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Régine Chopinot
Chorégraphie : Régine Chopinot
Musique : Gérard Grisey
Interprétation : Régine Chopinot, Rita Quaglia, Frédéric Werle
Production : Cie Chopinot, Musée d'Orsay, La Sept, MC 93 Bobigny

De la tour de Gustave Eiffel, Chopinot n'a retenu que les pieds. Un étrange personnage au pantalon carré et riveté, chaussé de godillots, fait crisser un sol de gravier charbonneux, puis il plane et tourbillonne sur un Paris de carton pâte. Gustave lui-même, un moment agrippé à sa créature, s'envole dans la nuit étoilée. Un film onirique et audacieux à l'atmosphère mystérieuse, sombre et bleutée.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Découverte d'une oeuvre
Quai Bourbon

1986, 6', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Daniel Larrieu
Musique : Hugues Dufourt
Interprétation : Jeanne Bertoux, Louise Bertoux, Dominique Brunet, Didier Chauvin, Camille Nahassia, Eliot Reilhac, Laurence Rondoni
Production : Musée d'Orsay, Vidéogram

Ce sont les photographies de Charles Nègre qui ont retenu l'attention de Daniel Larrieu dans la proposition de relecture d'oeuvres du musée d'Orsay : le réalisme grave, le contraste charbonneux et argenté, la mélancolie des compositions. Enfants puis adultes, les ramoneurs des quais, saisis au bord de l'immobilité, deviennent alors les emblèmes inattendus du temps qui passe.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Découverte d'une oeuvre
Les Raboteurs

1988, 8', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Cyril Collard
Chorégraphie : Angelin Preljocaj
Musique : Thierry Lancino
Interprétation : Florence Darel, Aïssa Djabri, Christophe Haleb, Alvaro Morell, Angelin Preljocaj
Production : Musée d'Orsay, La Sept, Opus 10-19

Autour des "Raboteurs" de Gustave Caillebotte, Angelin Preljocaj invente une chorégraphie d'hommes qui développe les attitudes de ces artisans dans une gestuelle faite de reptations, de chutes et de temps d'arrêt. Cyril Collard, lui, imagine une intrigue amoureuse mouvementée tissée par-delà la danse muette et physique des hommes au sol. La caméra plonge entre les corps, au coeur de la danse. Le regard de Cyril Collard n'est pas indifférent à la plastique nerveuse des danseurs. Le montage pratique des allers-retours entre la danse, des bribes de dispute entre un homme et une femme qui se séparent et des détails du tableau. Un plan-séquence final virtuose dévoile l'envers du décor et le studio de tournage.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

La dernière fuite

1989, 27', couleur, spectacle filmé, danse, U-matic

Conception : Daniel Emilfork, Anne Koren, Frédéric Leidgens, François Verret
Réalisation : Yves Turquier, François Verret
Musique : Talahoum Gessese, Getachew Mekuria, Ghédalia Tazartès
Interprétation : Daniel Emilfork, Anne Koren, Frédéric Leidgens, François Verret
Production : La Sept, Arcanal, CGP, Lieurac productions
Participation : Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères (Intermédia), TNDI

Anne Koren danse ; Frédéric Leidgens écrit ; Daniel Emilfork sommeille et délire à haute voix, prostré dans un fauteuil ; François Verret joue à se laisser fasciner par une poupée de bois qu'il manipule avec circonspection. Le temps est à l'exode. Tous se préparent à fuir devant un péril imaginaire et remplissent une carriole d'objets et de couvertures. Malgré la puissance d'évocation des images, l'exode, ici, est intérieur et la carriole ne dépassera jamais les murs lépreux du hangar. Tiré de "Quel est le secret ?", spectacle que François Verret qualifie de 'résistance', le film se termine sur une mascarade cynique évoquant le théâtre burlesque berlinois d'avant-guerre. Une pièce sombre et prophétique sur l'impuissance et la solitude que le film adapte de la seule manière possible : avec sécheresse et distance. Le spectacle fut donné à Orléans, Aix-en-Provence et Montpellier en 1987. Comme toutes les oeuvres de François Verret à ce jour, ce spectacle est une création collective cosignée par tous les partenaires du projet.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Derrière le mur

1989, 67', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Raoul Ruiz
Chorégraphie : Joëlle Bouvier, Régis Obadia
Musique : Nicolas Frize
Interprétation : Eric Affergan, Jérôme Bell, Catherine Berbessou, Peter Alexandre Bohlmeijer, Joëlle Bouvier, Christine Burgos, Patricia Marie, Régis Obadia
Production : MC Le Havre, La Sept, Cie l'Esquisse
Participation : CR Haute-Normandie, Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Scènes étranges de la vie quotidienne d'une tribu de danseurs troglodytes qui conversent par gestes. Ils se déplacent, de grottes noircies par la fumée de grands feux, en ruines souterraines, pour réapparaître quelquefois en surface, guettant alors un invisible ennemi. Chaque danse est comme l'expiation, l'exorcisme, d'une existence rude et enterrée. La mise en scène de Raoul Ruiz pour cette adaptation du spectacle "Derrière le mur" créé au festival d'Avignon en 1987, accentue le caractère parfois tribal et rituel de l'écriture répétitive des Bouvier-Obadia. Quelques scènes de genre adjointes par le réalisateur tissent une fiction dans l'oeuvre chorégraphique. Deux teintes dominent : l'ocre pour les plans réalisés dans une chartreuse marocaine de Casablanca, le bleu froid pour les séquences en studio, envahies de fumée ou de poussière blanche qui diffractent la lumière.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Des oeufs debout par curiosité

1986, 98', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Joël Farges
Chorégraphie : Ushio Amagatsu
Musique : Yasukazu Sato, Yoichiro Yoshikawa
Interprétation : Ushio Amagatsu, Toru Iwashita, Keiji Morita, Goro Namerikawa, Atsushi Ogata
Production : Centre audiovisuel de Paris, Duran, Arcanal
Participation : Ministère de la culture et de la communication

Au bord d'une étendue d'eau rectangulaire, quatre danseurs de butô au corps d'albâtre emmailloté dans de la soie exécutent un sabbat immobile et précieux. Magiciens d'un autre monde, ils vénèrent de gros oeufs en suspension qui renvoient aux formes lisses et oblongues de leurs crânes. Un long poème visuel sur la notion d'origine tandis que tombent des cintres des filets d'eau et de sable. Le butô (danse des ténèbres) est un mouvement fondé par Kazuo Ohno et Tatsumi Hijikata au début des années 60 en réaction aux formes séculaires de la danse japonaise. Dans une esthétique 'post-nucléaire', nourrie de littérature européenne (Bataille, Michaux, Artaud), il produisit des spectacles provoquants et torturés où le corps des danseurs, comme tordu par la mémoire collective traumatisée, stigmatise le cataclysme. Plusieurs groupes naquirent et le butô connut un rayonnement dans le monde entier, alors même qu'au Japon il restait une discipline peu appréciée. Le groupe Sankaï Juku, fondé en 1976, fait partie d'une branche plus esthétisante de ce mouvement, associant des techniques scénographiques de pointe aux thèmes mystiques de l'orient ancestral.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Desa Kela Patra

1992, 51', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Jean-Louis Berdot, Jacques Brunet
Production : FR3, Jardin des poiriers, Titane spectacles
Participation : Garuda Indonesia, Ministère de la culture et de la communication (DMD), CNC, Unesco, Ministère de la recherche et de la technologie, La Sept, TV Republik Indonesia

Rythmée par les rituels religieux et une organisation sociale stricte, l'activité du petit village balinais de Sebatu est entièrement consacrée aux arts. Nous partageons quelques instants de la vie d'une famille de danseurs, compositeurs et sculpteurs, détenteurs d'une tradition riche et souple, qu'ils transmettent dans un souci extrême de pureté et de perfection. Document exemplaire qui, par petites touches, décline tous les aspects de la pratique des danses et de la musique balinaises. Leçons et démonstrations chorégraphiques par un vieux maître facétieux, répétitions d'une nouvelle composition du directeur de l'orchestre associé aux groupes de danseurs, fabrication des lames de métal pour les xylophones, que les forgerons liment et polissent jusqu'à obtenir d'elles la r"sonance juste : autant de séquences sans commentaire qui permettent de pénétrer avec simplicité et discrétion les arcanes complexes d'un art ancestral mais vivant.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Désir d'étreintes

1999, 54', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Benoît Sourty
Production : Productions de la Lanterne, C9 télévision
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

Benoît Sourty a réalisé plusieurs reportages sur les lieux culturels du nord de la France. C'est dans ce cadre qu'il prend contact avec Cyril Viallon, chorégraphe installé dans la région Nord-Pas de Calais, qui prépare alors sur sa prochaine pièce intitulée "Un Toit sur des pleurs". Durant trois semaines, l'équipe a suivi la compagnie des Caryatides jusqu'à la création, en janvier 1999. Dans un train de banlieue, des jeunes gens se regardent, s'évitent, se frôlent. Dans un théâtre, des danseurs en training répètent. Souvent proche des corps, la caméra suit les mouvements des interprètes, glisse sur leurs gestes et place le spectateur au coeur du processus de travail. De quoi est fait le désir ? En collaboration avec Nathalie Cornille, Cyril Viallon étudie les situations amoureuses selon les étapes d'une vie : coup de foudre, premier amour, rencontres charnelles, état amoureux nourrissent la recherche d'un mouvement fougueux non acrobatique. La caméra rend surtout compte des moments clos et intimes du travail en studio, des instants de doute et de la vie de la compagnie durant le temps de la création.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Le diable amoureux

1991, 58', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : José Montès-Baquer
Chorégraphie : Roland Petit
Musique : Gabriel Yared
Interprétation : Ballet national de Marseille, Luigi Bonino, Jean Broeckx, Alessandra Ferri, Yannick Stéphant, Jean-Charles Verchere, Carlotta Zamparo
Production : La Sept, A2, Telmondis, WK productions
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Le diable tombe amoureux d'un jeune homme et prend l'apparence d'une jeune fille androgyne pour le séduire. Cette dernière arme la main du jeune homme afin de faire périr le diable. Un ballet féerie de Roland Petit, sur une idée de Jean Anouilh d'après l'oeuvre de Jacques Cazotte. La chorégraphie s'articule essentiellement sur une suite de duos masculins, lascifs et puissants, dans une gestuelle très suggestive. Enlacements, attouchements, mouvements du bassin, baisers, une écriture qui cultive la trivialité imposée avec élégance, en d'autres temps, par Zizi Jeanmaire.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Dix anges, portraits

1988, 33', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Dominique Bagouet, Charles Picq
Chorégraphie : Dominique Bagouet
Musique : Pascal Dusapin
Interprétation : Jean-Pierre Alvarez, Christian Bourigault, Claire Chance, Sarah Charrier, Bernard Glandier, Catherine Legrand, Orazio Massaro, Dominique Noël, Sonia Onckelinx, Michèle Rust
Production : Paris Occitanie productions, Cie Bagouet (CCN Montpellier-Languedoc-Roussillon), La Sept, MC La Rochelle
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD), Ville de Montpellier, CNC, CR Languedoc-Roussillon

Dix brefs portraits dansés des interprètes du "Saut de l'ange" de Dominique Bagouet et Christian Boltanski, créé au festival de Montpellier en 1988. Une place de village, une lumière dorée qui décline et d'étranges habitants qui, jusqu'à la nuit tombée, accrochent quelques gestes ciselés dans l'air immobile. Tous se retrouvent à la fin de chaque séquence pour un galop dru et sonore. Ces miniatures, extraites du spectacle et réécrites pour l'image, respectent le temps étiré de la pièce originale composée comme un crépuscule. La prise de vue sobre et le parti pris linéaire font la part belle à chaque personnage, permettant de comprendre l'importance que Bagouet accordait dans son oeuvre à la personnalité de chacun des danseurs. Les guirlandes d'ampoules et les costumes subtilement démodés du plasticien Christian Boltanski dégagent une poésie mélancolique à l'unisson de l'écriture chorégraphique. Une esthétique volontairement désuète, filmée avec calme et sentiment.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Dix mois d'école et d'opéra

1997, 52', couleur, documentaire, musique, VHS

Réalisation : Maurice Tanant
Production : Fit production, La Cinquième, Opéra national de Paris
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

Dans le cadre d'un projet pédagogique mené par l'Opéra de Paris, en collaboration avec le Ministère de l'éducation nationale, 500 élèves d'écoles, collèges et lycées professionnels de la région parisienne ont pu découvrir les métiers de l'opéra par de multiples visites et rencontres avec des professionnels. Pour la plupart de ces enfants et adolescents, c'est un monde nouveau s'ouvre Martine Kahane, directrice du service culturel de l'Opéra de Paris, définit le projet comme une aventure visant à former de jeunes citoyens. Après avoir compris le rôle de chacun des métiers et leur coordination dans l'élaboration d'un spectacle, les élèves sont devenus plus sensibles à la notion de responsabilité collective. Les professeurs constatent leur changement d'attitude en classe : moins d'agressivité, plus d'attention, moins de problèmes pour s'exprimer devant le groupe. A la fin de l'année scolaire, ces élèves qui considéraient que l'opéra "c'était pour les vieux, ou les riches", sont émerveillés par un ballet ou une oeuvre lyrique, et ils ont canalisé leur énergie pour monter un "Roméo et Juliette" dans l'amphithéâtre de l'opéra Bastille.
Mario Fanfani
CNC - Images de la culture

Djai

1994, 43', couleur, documentaire, danse, U-matic

Conception : Daniel Larrieu, Patrice Nezan
Chorégraphie : Daniel Larrieu
Réalisation : Patrice Nezan
Production : Lieurac productions, Arcanal, Astrakan,

Revêtus de salopettes, les danseurs du Jeune Ballet de France et ceux de l'école de danse traditionnelle thaïlandaise interprètent "Mimi", une chorégraphie de Daniel Larrieu, sur "Ménilmontant" et "Revoir Paris" chantées par Trenet. Créé à Bangkok, le spectacle mêle les figures fluides et les portés enthousiastes propres au chorégraphe, à la retenue et à la complexité de la danse thaï. Un point commun entre ces deux cultures, le coeur - "Djai" en thaï - qui donne son titre à ce documentaire et livre l'enjeu de la danse pour Daniel Larrieu : tisser d'infinis réseaux partant de l'intérieur du corps, de l'intimité du ressenti, vers l'espace ouvert, extérieur et chargé de symboles. Ce projet artistique a su prendre en compte les interdits (pas de danses mixtes) et conventions de la danse thaï traditionnelle (la verticalité, seule position autorisée), et créer un type de transmission à double sens entre danseurs français et asiatiques. Il est vrai que le parcours de Daniel Larrieu se singularise par son désir de rencontres. Entrecoupé de séquences dansées par le chorégraphe dans divers lieux de Bangkok, "Djai" garde la trace d'une belle aventure.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Droits de cité

1992, 16', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Christophe Jouret
Chorégraphie : Pierre Doussaint
Interprétation : Guitta Barthel, Frédéric Bentkowski, Valérie Castan, Antoine Effroy, Les Enfants des Mureaux, Jean Fortuné de Souza, Florence Perrin, Nathalie Tissot
Production : Neva, Cie Pierre Doussaint
Participation : Ministère de la culture (EN, DMD), Fas, Quartiers lumières, Ville des Mureaux

Pour interpeller les adolescents du quartier des Musiciens aux Mureaux, près de Paris, Pierre Doussaint a fait appel aux techniques de l'aïkido et de la danse africaine. "Quand il danse, le jeune danseur dévoile à la communauté sa force, sa souplesse, son envie et son désir." Le reportage montre comment les enfants partent à la conquête de leur identité déchirée, au moyen de la danse. Pierre Doussaint a travaillé trois ans avec ces enfants de la grande banlieue parisienne dans le cadre d'un projet DSU (développement social urbain). Tous les membres de sa compagnie ont participé à cette sensibilisation à la danse contemporaine. A la suite de cette patiente et remarquable plongée dans la vie quotidienne difficile des adolescents et des familles, un spectacle fut réalisé et tourné dans les salles de la région. Le film effleure ce que furent les difficultés et les joies d'une telle expérience.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Eclipse

1998, 59', couleur, adaptation, théâtre, VHS

Réalisation : Bartabas
Production : MK2 TV, Théâtre Zingaro, La Sept-Arte.
Participation : CNC, Procirep

Dans ce spectacle de Bartabas filmé par lui-même, tout est noir et blanc comme l'ombre et la lumière, et le parti pris est à ce point abouti que la moindre touche d'une autre couleur aurait constitué une effraction vulgaire, une indiscrétion. Dans le long voyage entrepris par le Théâtre Zingaro, ce spectacle donne à voir tout le chemin déjà parcouru, vers davantage d'ascèse et d'harmonie. Une nouvelle rencontre a inspiré ce spectacle : celle des mélodies du shinawi et des "voix sanglantes" du chant pansori, nourris de la force intérieure ancestrale du pays "du matin calme", la Corée. Au son de ces chants primitifs et puissants, danseurs, comédiens, cavaliers, acrobates, chevaux et lumières composent en symbiose des tableaux successifs d'une beauté parfaite. Le maître de cérémonies démontre là encore sa maîtrise absolue de l'art équestre. Dans chaque geste de l'homme et chaque pas du cheval, il y a cette connivence qui génère l'émotion. L'atmosphère est de l'autre bout du monde, poétique, érotique, grave ou facétieuse. Chacun peut y puiser ce qui fera écho à sa fantasmagorie, dans le plaisir et l'émerveillement de l'ouverture au monde.
Marie Dunglas
CNC - Images de la culture

Eden

1997, 16', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Maguy Marin
Interprétation : Cathy Polo, Wilfried Romoli
Production : Bel air media, France 2
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères, Adami

D'inspiration biblique, le duo de Maguy Marin saisit Eve tout juste sortie d'une côte d'Adam. Dans un paysage désertique minéral, un homme avance à pas lents. Il porte une femme sur son épaule. Wilfried Romoli, premier danseur à l'Opéra national de Paris, pénètre dans une cellule de temps où la seule figure qu'il devra assumer s'absorbe et se concentre sur un porté. Une performance physique de même nature se révèle dans la danse de Cathy Polo, danseuse fidèle de Maguy Marin, dans une série d'enrobements, de déroulés et d'abandon à la gravité. Luc Riolon suit le corps à corps lent et coulé où se rêve en douceur l'étreinte, l'indissociable, suggérés par le Livre. Par un long plan-séquence et un cadrage large, la scène est tenue légèrement à distance du regard et garde ainsi le lointain d'images primitives. Dès qu'Eve touche le sol, la caméra ose enfin s'approcher. Scindé, le couple aborde alors la rupture, le départ... comme un zoom qui nous prend de vitesse.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

L'effet Casimir - Regard sur Angelin Preljocaj

1999, 55', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Valérie Müller
Production : Noodles production, France 3, Ballet Preljocaj, Areva
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMD), Muzzik, CR Paca

En préambule, la phrase de Joseph Conrad : "Un homme qui naît tombe dans un rêve comme on tombe à la mer" : et le plongeon du chorégraphe nu dans les eaux bleues. Pour cette mise à nu du travail d'Angelin Preljocaj, Valérie Müller fait alterner interviews, moments de répétition en studio et sur la scène du Palais des papes à Avignon et extraits de spectacles ("Paysage après la bataille", "L'Anoure" et "Personne n'épouse les méduses"). Si l'on place deux plaques de métal à côté l'une de l'autre dans le vide absolu, elles s'attirent : c'est "l'effet Casimir". Dans les créations d'Angelin Preljocaj, l'effet Casimir peut être produit lors de la réception d'un spectacle par le spectateur (Marcel Duchamp, très présent dans "Paysage après la bataille", disait que le tableau est fait autant par le peintre que par celui qui le regarde), ou par la conjonction geste-voix qu'il développe de plus en plus. "Etre chorégraphe, c'est chasser les fantômes, les faire revenir sur les lieux de leur forfait." Alors, une histoire peut s'engager au travers d'un travail formel, peut naître de ce vide d'entre deux plaques qu'il essaye d'appréhender, où la gestuelle du danseur compte tout autant que sa voix. "L'hypertrophie chorale se développe comme une excroissance chorégraphique. Le texte dansé est une prolongation phonique du mouvement..."
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Effort public

1992, 23', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Stefan Schneider
Chorégraphie : Stefan Schneider
Musique : Christophe Zurfluh
Interprétation : Sylvain Espagnol, Isidoro Fernandez, Philippe Madala, Stefan Schneider, Patrice Usseglio
Production : Arcanal, CGP, Kanal 4 TV, Gernot Steinweg, Ex picturis France
Participation : Ministère de la culture (DMD), Adami, Eurocréation, Institut français de Cologne, SACD, TCD, TV 10 Angers

D'abord, le gris : celui monocorde d'une friche industrielle, celui plombé des vêtements et celui plus transparent des grillages autour des corps. Puis, le blanc : celui des chemises immaculées d'un groupe mystérieux qui s'attable et celui, saturé, d'une lumière qui joue avec l'architecture. Enfin, la danse, lente et physique, absorbée par les teintes et bouleversant imperceptiblement nos repères. Un film qui joue sur l'esthétique des matières pauvres à mi-chemin entre les arts plastiques (Fischli et Weiss pour la séquence de téléscopage d'objets), la performance (happenings allemands) et la danse (l'énergie du contact-improvisation maté par une écriture soucieuse des formes). Une atmosphère kafkaïenne de désolation et d'absurdité. Stefan Schneider, interprète de la compagnie Sidonie Rochon, donne le sentiment avec cette deuxième réalisation, d'entamer l'exploration d'un univers cohérent, fragile bien que très affirmé.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Ellis Island

1981, 28', couleur, fiction, danse, VHS

Conception : Meredith Monk
Réalisation : Meredith Monk, Bob Rosen
Musique : Meredith Monk
Production : WGBH, Greenwich film associates, ZDF
Participation : National Endowment for the Arts, New York State Council on the Arts

Meredith Monk, artiste mêlant chant, théâtre et danse, propose un voyage-mémoire sur le lieu d'origine commun à nombre d'Américains, Ellis Island, îlot grand comme un mouchoir de poche, à une encablure de New York. Chaque candidat à l'immigration devait y prouver sa bonne santé et son identité avant de toucher terre. D'origine indienne et juive, Meredith Monk s'intéresse ici au choc des rencontres entre différentes cultures et à leur capacité de résistance à l'assimilation, symbolisée par l'américanisation systématique des noms. Capacité qui trouve ici son expression la plus directe à travers la danse. La reconstitution en noir et blanc des photographies d'identité ainsi que les visites touristiques organisées de nos jours à Ellis Island, tournées ici en dérision, sont comme une mise en accusation de la négation que chaque immigrant subissait en débarquant en Amérique.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Emmy

1995, 11', couleur, fiction, danse, U-matic

Conception : Daniel Larrieu
Réalisation : Daniel Larrieu
Chorégraphie : Daniel Larrieu
Musique : Henryk Gorecki
Interprétation : Matthieu Doze, Daniel Larrieu
Production : Heure d'été productions
Participation : Canal +, Procirep, Fondation Beaumarchais, CNC

Tantôt seul, tantôt accompagné de Matthieu Doze, Daniel Larrieu danse sur une partition de Gorecki, propice au regard intérieur. Lente gestuelle déroulant ses harmoniques, jeu d'équilibre sur le qui-vive, simplicité des formes : le vocabulaire de Daniel Larrieu se fond dans l'articulation générale de la chorégraphie. Quand le regard enregistre un mouvement, de quelle part d'illusion se charge-t-il pour que la composition de l'image continue de fonctionner ? Histoire de perspective, sans doute, bien connue des peintres et que le cinéma ne cesse d'interroger. Dans ce qu'il intitule son "chorégra-film", Daniel Larrieu semble être passé de l'autre côté du miroir. Les illusions, reflets, mises en abymes et duplications de l'image du corps sont très exactement constitutives du déroulement filmique. Les tonalités bleutées ou dorées des lumières transforment sans cesse le décor, un trompe-l'oeil éclairant sur la gamme infinie des illusions : surfaces et profondeur, disparitions et apparitions des danseurs. De ce mouvement croisé entre la danse et le cinéma, naît "Emmy", belle expérimentation proche de la méditation.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

En quête de danse

1997, 55', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Marion Lary
Chorégraphie : Laura de Nercy, Bruno Dizien
Production : Jakaranda, Aqui TV
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

La sensibilisation du public à la danse contemporaine connaît de multiples variantes : répétitions publiques et stages intéressent aujourd'hui les spectateurs désireux de s'initier à ses arcanes. Laura de Nercy et Bruno Dizien, fondateurs de la compagnie Roc in Lichen, ont eu à coeur de sensibiliser les spectateurs de demain : des enfants et adolescents, de la maternelle au collège. Avant d'entamer une année de travail avec des élèves de quatrième au Perreux, dans une maternelle à Fontenay, et au lycée de Rosny-sous-Bois, pendant deux ans, avec des élèves de seconde, ils ont commencé par montrer la pièce emblématique de leur démarche chorégraphique, "Le Creux poplité", axée sur la verticalité ; ce qu'on a appelé un peu trop rapidement la "danse-escalade". Le film de Marion Lary suit les séances de travail jusqu'aux répétitions du spectacle donné par les lycéens de Rosny au grand théâtre du Centre des Bords de Marne et donne la parole aux apprentis-danseurs. L'une dit : "Je ne me reconnais pas, je me laisse aller..." Une autre ajoute : "Aa ne tiendrait qu'à moi, je plaquerais tout, je ne ferais que de la danse." A suivre, donc.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Les enfants de la danse

1988, 4 x 56', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Dirk Sanders
Production : La Sept, A2, Telmondis
Participation : NHK enterprises, Ministère de la culture et de la communication (DMD, DEF)

Une série de quatre émissions sur la nouvelle école de l'Opéra de Paris, prétexte pour Claude Bessy, sa directrice énergique, à dresser un vaste panorama de la danse classique telle qu'elle entend l'enseigner aujourd'hui en France. La série mêle, sans développement, interviews des chorégraphes proches de Claude Bessy et longs moments d'apprentissage filmés de façon clinique. La première émission raconte le déménagement de l'ancienne école vers le nouveau bâtiment à Nanterre dont l'architecture est due à Christian de Porzamparc. Les bienfaits des volumes aérés, l'espace et la modernité des lieux sont ici mis en valeur. Les émissions suivantes sont consacrées à des aspects techniques du ballet classique (la rapidité du bas de jambe, le temps de saut chez le danseur, les critères de sélection, etc...). Les professeurs donnent des cours mis en scène pour la caméra, tandis que Claude Bessy reçoit des artistes de l'Opéra et des chorégraphes avec qui elle évoque des souvenirs et des moments de leur carrière.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Enter Achilles

1996, 48', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Clara Van Gool
Conception : Llyod Newson
Chorégraphie : Llyod Newson
Interprétation : Gabriel Castillo, Jordi Cortes Molina, Juan Kruz de Garaio Esnaola, David Emanuel, Ross Hounslow, Jeremy James, Liam Steel, Robert Tannion
Production : DV8 Physical Theatre, BBC, RM arts, Tevel international communication Ltd, SBS TV Australia, NPS TV Netherlands

Loin de gommer les particularismes de chacun, les lieux publics sont, pour les Britanniques DV8, des espaces propices à l'affrontement, au dérèglement ou à la provocation. Ici un bar sert de décor : des hommes s'y retrouvent pour boire, danser et sacrifier sur l'autel de la virilité, les errances de ceux qui lui préfèrent les caresses homosexuelles ou les formes rebondies d'une poupée gonflable. L'intrusion de personnages, tel Superman, ou d'objets connotés, comme ce ballon de football appelant son bataillon de supporters, ajoute une dose de loufoquerie dans un scénario déjà improbable, au traitement onirique. Elle sert surtout à mettre en scène la juxtaposition obstinée que le fantasme oppose au réel. Le chorégraphe Llyod Newson n'aime rien tant que le choc du singulier dans l'ordinaire, l'intrusion de l'individu dans le groupe ou son éviction, et les redoutables agencements d'une sexualité pas toujours en phase avec les codes dominants. La déviance sous toutes ses formes, comme le nom de la compagnie l'indique, y est toujours bien accueillie.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Les entretiens de la danse : Jean-Paul Montanari

1994, 53', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Valérie Urréa
Conception : Mathilde Monnnier, Geneviève Vincent
Chorégraphie : Jena-Paul Montanari
Production : Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc Roussillon

De l'Algérie natale à la jeunesse lyonnaise : l'exploration de la vie artistique qui a conduit Jean-Paul Montanari à créer le festival Montpellier-Danse en 1980 s'origine dans ce déplacement géographique qui a marqué son enfance. Dans ce film, il évalue et analyse son cheminement artistique, de ses premières amours, la littérature et le théâtre, à sa rencontre avec la danse. C'était après mai 1968 ; Maurice Béjart était au festival d'Avignon et la danse révélait alors plus qu'une prise de conscience du corps : la conscience du désir. Alors qu'au théâtre le corps restait en retrait, distancé par la parole, la danse devenait seule porteuse de la modernité. Avec le mouvement post-moderne américain, elle remet en question le discours politique et rejoint les préoccupations de Jean-Paul Montanari. De ses premières approches de la danse avec Régine Chopinot à sa rencontre décisive avec Dominique Bagouet, qui lui demande de le rejoindre à Montpellier et de créer un festival, il continue aujourd'hui de chercher dans la danse un écho à son questionnement. Exigeant, ne supportant pas l'ennui et les "danses creuses", il attend de chaque spectacle la trace sensible d'une présence au monde.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Les entretiens de la danse
Karine Saporta

1995, 53', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Valérie Urréa
Conception : Mathilde Monnier, Geneviève Vincent
Chorégraphie : Karine Saporta
Production : Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc Roussillon

La réalité me déplaît, alors, sur scène, je recrée un monde, revendique Karine Saporta, chorégraphe et directrice du centre chorégraphique national de Caen. Avant la danse, elle a étudié la sociologie et la philosophie. Et depuis toujours, elle s'implique dans la photographie et le cinéma. Dans cet entretien, elle nous décrit ses différentes façons de recomposer le monde. Ses créations scéniques cherchent à faire le lien entre recherche artistique contemporaine et philosophie en mettant constamment en avant le concept d'impureté. Point d'orgue de cette tentative, la création de "L'Impure" en 1993, une chorégraphie violente posée contre la barbarie du monde. L'univers concentrationnaire sert de décor à la nudité des danseurs. Non meurtris, ceux-ci "parlent d'une cicatrice que nous ne portons pas". Les avis sur le spectacle furent et restent partagés, les représentations soulevant en creux une autre interrogation, celle de la représentation banalisée des horreurs d'aujourd'hui. Ce qui permet à Karine Saporta de situer son travail hors de tout courant, le reliant plutôt à la réalité politique.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Les entretiens de la danse
Viola Farber

1994, 40', couleur, documentaire, danse, U-matic

Production : Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc Roussillon

Interrogée par Geneviève Vincent et Mathilde Monnier qui fut son élève (quand elle succéda à Alwin Nikolaïs à la direction du CNDC d'Angers de 1981 à 1983) et dansa, par la suite, dans plusieurs de ses spectacles, la danseuse et chorégraphe américaine Viola Farber évoque longuement ce que fut son enseignement de la danse et sa façon de le transmettre aujourd'hui. Née en Allemagne, Viola Farber émigre au Texas avec sa famille à l'âge de sept ans. Découvrant par hasard Merce Cunningham, elle devient l'une de ses danseuses les plus remarquées et le quitte le jour où elle ne supporte plus le rapport classique public-interprète. Parallèlement, elle suit les cours classiques de Margaret Craske, "d'une dureté efficace", et d'Enrico Cechetti, et se démarque d'emblée de l'univers de Martha Graham, "de sa souffrance orgueilleuse". Si elle reconnaît que ce qui la touche le plus chez un danseur, c'est l'effort, elle ajoute que, privé de grâce, cet effort sera réduit à néant. Bousculant le discours conventionnel qui veut qu'un bon danseur s'accommode de tous les styles, elle rappelle que chaque technique muscle et modèle le corps d'une façon différente.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Entrons dans la danse
Daniel Larrieu - Centre chorégraphique national de Tours

1997, 26', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Christian Boustani
Conception : Christian Boustani, Patrice Nezan
Chorégraphie : Daniel Larrieu
Production : Heure d'été productions, La Cinquième, Thierry Gautier audiovisuel
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), CG Indre et Loire, Ville de Tours, Procirep

Quelle est la mission d'un centre chorégraphique national aujourd'hui ? Daniel Larrieu, directeur du CCN de Tours, définit la sienne. Il a rassemblé une équipe artistique avec laquelle il mène un travail de création et de pédagogie, tout en se donnant les moyens de développer une stratégie de diffusion de la danse, notamment à travers le festival Le Choré-graphique. Ce sont ces trois axes que développe le film, en intercalant des images de la ville, des écoles, des spectacles et un entretien approfondi avec Daniel Larrieu. Partant du constat que la région est peu familiarisée avec la danse contemporaine, Daniel Larrieu a confié à Marie-Claude Favel une mission de sensibilisation à la danse dans les écoles et les foyers éducatifs de la ville. Des enfants de 5 ans apprennent à écrire avec leur corps : il ne s'agit pas seulement de compléter l'apprentissage de la lecture, mais de proposer un temps d'initiation dans une société qui n'en offre plus guère. On sent le même souci de partager une expérience lorsque le chorégraphe et ses danseurs évoquent l'écriture de la danse, à savoir le désir de "mettre dans un espace-temps un nombre de mouvements qu'on peut reproduire".
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

L'envol de Lilith

1992, 10', noir et blanc, fiction, danse, U-matic

Conception : Cécile Proust
Réalisation : Jacques Hoepffner
Chorégraphie : Cécile Proust
Interprétation : Vincent Druguet, Daniel Kenigsberg, Rachid Ouramdane, Cécile Proust
Production : Productions Bagheera, Arcanal
Participation : Ministère de la culture (DMD), Procirep

Le grand matador Pablo Enrique del Amor de la Madona vient, comme chaque soir, voir Lilith danser le flamenco. Un khalife qui s'ennuie la fait enlever dans sa loge. Pablo consulte alors madame Irma pour savoir où elle se trouve. Tandis que Lilith, recouverte de pièces d'or, danse pour le khalife, Pablo arrive pour la délivrer. Profitant du combat, Lilith s'envole sur un tapis volant. Un film plein d'humour, qui reprend à son compte l'esthétique des films muets. Cécile Proust, qui étudie depuis dix ans le flamenco et les danses orientales, a conçu avec Jacques Hoepffner cette fiction sur mesure afin de métisser deux expressions traditionnelles qui, en apparence, n'ont rien en commun. Un film plaisant pour tout public.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

L'espace qui crie en moi - Hommage à la danse expressionniste allemande

1991, 2 x 60', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Jean-Louis Sonzogni, Petra Weisenburger
Production : La Sept, BR WDR, Radiotelevisao Portuguesa, Lieurac productions
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), WK productions-Waldemar Kuri, Telmondis, Josette Affergan

C'est lors de la dépression des années 30 en Allemagne que la danse expressionniste s'est développée, exprimant cette 'pulsion du fondamental' que les nazis tenteront de faire disparaître dès leur arrivée au pouvoir, lui substituant un art de divertissement kitsch et monolithique. Des danseuses et spectateurs de l'époque évoquent leur combat esthétique et social en ces temps troublés. Documentaire franco-allemand en deux parties avec de nombreux témoignages d'artistes de l'époque, des documents filmés, dont certains très rares, sur Mary Wigman, Jo Mihaly, les danses de chambre de Rudolf von Laban, Gret Palucca. Le premier programme court de la fin des années 20 aux jeux olympiques de Berlin en 1936 et le deuxième porte sur les années d'après-guerre et la difficile transmission d'un art largement étouffé par les nazis et les autorités soviétiques. Ces questions essentielles de la transmission et du répertoire sont, cependant, à peine évoquées ; il manque à ce deuxième volet de faire le pont avec ces artistes internationalement reconnus comme les héritiers de l'expressionnisme que sont Susanne Linke et Pina Bausch.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

L'état des mouches

1985, 13', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Richard Ugolini
Chorégraphie : Lila Greene
Musique : Gérard Chiron, Hervé Le Duc
Interprétation : Véronique Albert, Stéphanie Aubin, Paola Bucher, Lila Greene, Pascale Houbin, Martha Moore, Marcella Morganti
Production : Ad Libitum télévision, CAC Montbéliard, CGP, MC Bourges, Arcanal, RGB broadcast
Participation : Ministère de la culture (DMD), Association musique et spectacle de l'hôpital Lariboisière, Association Sunsets, Ville de Paris

A la suite d'un plan vertigineux, nous quittons une chambre d'hôpital par la fenêtre pour nous élever jusqu'au toit, héliport transformé en plateau de danse pour sept jeunes filles en baskets, qui remuent dans le vent parisien. La nuit venue, les mystérieuses habitantes de ces hauteurs disparaissent entre les lampes de signalisation par un ascenseur surgi des profondeurs. Un cadre très large s'attarde sur de vastes panoramas où se détache la silhouette embrumée du Sacré-Coeur, tandis qu'une voix off susurre 'ad libitum' des phrases comme : "Oublie-moi, c'est trop tard"... Dans le choix du lieu et la façon qu'a Lila Greene d'en prendre possession, on ressent l'influence de la danse post-moderne américaine qui, dans les années 70, quitta les studios pour s'aventurer dans les lieux publics : jardins, rues, terrasses, toits d'immeuble. Lila Greene, résidant depuis plus de vingt ans en France, collabore à présent avec des metteurs en scène de théâtre (Jourdheuil, Perret).
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Evidentia (évidence)

1995, 84', couleur, documentaire, danse, U-matic

Conception : Sylvie Guillem
Réalisation : Mats Ek, Thomas Lovell Balogh, Adam Roberts, Ha Van, Gunilla Wallin
Chorégraphie : William Forsythe, Mats Ek, Jonathan Burrows
Interprétation : Niklas Ek, William Forsythe, Sylvie Guillem, David Kern, Bénédicte Loyen, Brian Reeder
Production : France2, RD Studio productions, SVT1, BBC
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

Dans ce film expérimental concocté par Sylvie Guillem elle-même, les chorégraphes se font danseurs ou cinéastes : ainsi William Forsythe se livre à un superbe solo et Mats Ek filme son frère et Sylvie Guillem dans "Smoke", duo onirique et sensuel où l'illusion le dispute sans cesse à l'émotion. A l'évidence, Sylvie Guillem n'a pas mis tout son talent dans l'art d'enchaîner arabesques et grands jetés, même si son incroyable courbure de pied s'inscrit régulièrement et malicieusement à l'écran. Dans ce film en effet, chaque artiste se propose de clarifier le paradoxe des films de danse : "Pour l'écran, explique Mats Ek, il s'agit de produire une image qui soit une extension du mouvement. Sur scène, on travaille le mouvement lui-même." Après "Mouvement", montage de moments de danse et d'images diverses - extrait de film de Buster Keaton, courses d'animaux au ralenti, courbure de statue grecque, etc. -, Sylvie Guillem livre la clé d' "Evidentia" : "On a toujours voulu filmer la danse, mais là c'est le contraire : on laisse danser le film."
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Faire kifer les anges

1996, 88', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Jean-Pierre Thorn
Production : Agat films & Cie, La Sept-Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la francophonie (DMD, DDF), Fas, Procirep, Caisse des dépôts et consignations

Version longue de "Génération hip-hop ou le Mouv' des ZUP" (cf. p.53), ce film opère un constant va-et-vient entre les banlieues qui ont vu naître le mouvement hip-hop et son actuelle reconnaissance par l'institution culturelle. Ou comment fabriquer de l'intégration en favorisant l'expression de ce qu'il est désormais convenu d'appeler les "cultures urbaines". Laissant plus de place à la danse elle-même que dans "Génération hip-hop", Jean-Pierre Thorn s'attache à montrer l'évolution d'une danse apprivoisée sur le béton des cités, encline à la démonstration et au défi. Danseurs, chorégraphes et musiciens se préoccupent désormais de tous les éléments constitutifs de la dramaturgie d'un spectacle vivant. Thème ou message, décors, personnages, passage de la virtuosité solitaire aux mouvements de groupes, éclairage, utilisation de musiques parfois éloignées du hip-hop : tels sont les paramètres nouveaux que doivent prendre en compte les compagnies Accrorap, Street Boy'z, Aktuel force, Traction avant, ABDT ou Azanie, qui sont désormais à l'affiche des festivals de danse et des scènes nationales.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Les falaises d'Esnandes

1987, 9', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Marc Guérini
Chorégraphie : Jean Gaudin
Interprétation : Paola Bucher, Jean Gaudin, Sophie Lessard, Lluis-Ayet Puigarnau, Claire Rousier
Production : Canal +, CGP, Ex nihilo, MC La Rochelle
Participation : Channel 4, CNC, Ministère des affaires étrangères (Intermédia)

Sur une plage à marée basse, une étrange troupe escalade un embarcadère de bois pour contempler la proue vivante d'un navire en cale sèche qui s'ébroue. Les personnages la poursuivent, à mi-cuisses dans la boue, jusqu'à disparaître à l'horizon. Un film court où l'absurdité des situations crée un humour très particulier sur de belles images aux couleurs de terre mouillée et de vase séchée.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Faune Fomitch

1989, 11', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Michel Kelemenis
Musique : Gilles Grand
Interprétation : Michel Kelemenis
Production : Plaisir d'offrir

Dans son costume jaune paille rappelant les costumes de bains du début du siècle, Michel Kelemenis tourne lentement sur lui-même. Ses enchaînements évoquent irrésistiblement son passé de gymnaste : même concentration, même souci de rassembler son énergie pour la libérer le moment venu, même maîtrise du rythme. Ce qui change, pourtant, c'est le parcours intérieur du danseur. Ecrit en hommage à Vaslav Nijinski, ce solo est en effet remarquable par la désinvolture avec laquelle Michel Kelemenis prend possession d'un mythe en le détachant de sa gangue historique, afin d'en mieux découvrir la candeur qui, à l'époque, avait subjugué et choqué le public. La musique de Gilles Grand, qui induit vitesse et fréquents changements de direction, s'abstient de toute ligne mélodique pour suggérer une atmosphère sensible aux moindres variations : tension, énergie, éparpillement des pensées et des gestes. De ce travail sur le phrasé et de ce que le chorégraphe appelle "la spirale du geste" seront issues les pièces suivantes, des chorégraphies de groupe qui développent les esquisses gestuelles de "Faune Fomitch".
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

La fiancée aux yeux de bois

1989, 42', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Luc Alavoine
Chorégraphie : Karine Saporta
Musique : Jean-Marc Zelwer
Interprétation : Sophie Boulin, Marie Cool, Maurice Delaistier, Luc Favrou, Jacky Henser, Mario Lonardini, Anne Meteier, Nouchka Ovdtchinnikoff
Production : La Sept, Atmosphère production
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMD), Théâtre de Sartrouville, Soft, CCN Caen Basse-Normandie

Suspendu au-dessus de petits bureaux d'écoliers, un groupe de danseurs se balance imperceptiblement. De courtes séquences, tremblotantes, en noir et blanc, font allusion à une enfance paysanne dans un pays de froid et de neige et contrastent avec les images nettes et découpées du plateau gris, où les interprètes s'enroulent à des cordes et exécutent des danses de mains sur des chants traditionnels Evocation picturale, musicale et chorégraphique des origines russes de Karine Saporta. Captation fidèle du spectacle qui fut créé pour le festival d'Avignon 1988. Après cette plongée esthétique dans ses racines, Karine Saporta s'intéressera aux figures féminines mythiques de la littérature et de l'opéra : la Princesse de Milan, Carmen, la Senora, etc.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Flut

1992, 16', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Susanne Linke
Musique : Gabriel Fauré
Interprétation : Susanne Linke
Production : Agat films, La Sept, Ina
Participation : CNC, Inter nationes-Bonn

La bande son diffuse la séance d'enregistrement de "Elégie pour cordes et orchestre" de Fauré dirigée par Pablo Casals, tandis qu'une femme oscille en déroulant un long drap bleu, île colorée sur le plateau noir. Elle s'en écarte comme on quitte un pays à jamais, mais y revient toujours après de longues circonvolutions gestuelles. Charles Picq, qui a consacré un documentaire à la chorégraphe (cf. "Susanne Linke"), reste ici à distance du corps convulsif de la danseuse aux prises avec cette forme bleue qu'elle agite et qui pourrait bien être la manifestation plastique de son angoisse. Le cadre large et le mouvement circulaire du point de vue révèlent une sorte d'impuissance et d'impossibilité d'intervention devant la chimère qui s'empare de Suzanne Linke : elle paraît rejouer une scène primitive, une fantasmagorie personnelle. (cf. "Im Bade Wannen", "Wandlung")
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Les forêts vierges

1998, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : François Raffinot
Réalisation : Marie-Hélène Rebois
Production : Puma, CCNHHN
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Le titre donne le ton : dans le cadre des actions en direction des enfants menées par le centre chorégraphique national du Havre, François Raffinot, chorégraphe et directeur, propose un travail sur la multiplicité engendrée aujourd'hui par le cosmopolitisme des métropoles modernes et son avatar le plus sensible : la fracture sociale. "Les Forêts vierges" s'inspirent du "Livre de la jungle". Marie-Hélène Rebois a suivi les séances de répétition d'élèves provenant de plusieurs quartiers "sensibles" du Havre, animées par un groupe de danseurs et le metteur en scène Julien Bouffier. A ces enfants qui n'en avaient jamais entendu parler, François Antoine, Florence Arnal, Valérie Crépin, Kalpana et Gilles Sautric ont enseigné des danses traditionnelles : le kathakali, le bharata natyam, la capoeira brésilienne et des danses africaines. Ils avouent leur faible pour le langage des danses indiennes, les gestes de main des Mudra qui racontent des histoires et les neuf expressions du visage du kathakali où se résument la palette des émotions. Un compte-rendu mené fidèlement sur une expérience captivante.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Françoise Adret - 40 années de danse en France

1991, 53', couleur, documentaire, danse, U-matic

Conception : Francis de Coninck
Réalisation : Pascal Nottoli
Musique : Alain Chignier
Production : Agence Caméra, TLM, Lune TV
Participation : CNC, Ministère des affaires étrangères, Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Formée à l'école des ballets Diaghilev, c'est à l'Opéra qu'elle est initiée par Lifar à la chorégraphie. Elle s'échappe de la 'maison' avec Roland Petit, devient son assistante, fonde des compagnies aux quatre coins du monde et en 68, le ballet théâtre contemporain avec l'aide de Jacques-Albert Cartier. Après un passage constructif au Ministère de la culture, elle dirige le Lyon opéra ballet. Une certaine idée de la danse moderne et contemporaine se confond avec la biographie de ce personnage haut en couleurs, qui donne ses cours la cigarette au bec et ne mâche ni ses mots ni sa générosité. Les quatre parties de ce documentaire correspondent à l'évolution du ballet vers la danse contemporaine en France : "Les Années formation (1948-1958)" où elle rencontre Lifar, "Les Années free-land (1958-1968)" avec Béjart et Petit, "Les Années BTT (1968-1978)" du nom de la compagnie avec laquelle elle fait le tour du monde, "Les Années danse (1978-1991)" avec Igor Eisner et Maurice Fleuret au Ministère, où elle aide à l'éclosion de toute la jeune danse des années 80, puis à Lyon, où elle met sur pieds une des premières compagnies de répertoire contemporain.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Génération hip hop ou le Mouv' des ZUP

1995, 58', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Jean-Pierre Thorn
Production : Agat films & cie, France 3
Participation : Ministère de la culture et de la francophonie (DMD, DDF)

Filmé dans des cités de la région Rhône-Alpes, ce documentaire fait le lien entre les compagnies de break dance (Ex-Wanes, Street Boy'z, Traction Avant, Accrorap, B-Boys Breakers, Fradness, Azanie), désormais invitées dans les théâtres, et leur lieu d'origine. Pour chacun de ces danseurs, la danse s'est révélée comme la seule ouverture possible pour palier à l'enfermement des cités. La lucidité de leur propos, la sincérité de leur démarche et leur difficulté à prouver, d'abord à leur famille, ensuite à la société, qu'ils refusent de se donner en sacrifice à la conjoncture sociale, font de ce film un modèle du genre. Les moments d'émotion saisis par la caméra sont sans concession ni complaisance : lorsque Kader Attou (Cie Accrorap) évoque la nuit où sa mère a voulu s'assurer qu'il ne prenait pas d'héroïne ; lorsque Samir Hachichi parle de son frère "buté" dans la rue parce qu'il était maghrébin, tous revendiquent le désir d'aller plus loin que là où on a l'habitude de les mettre. Et tous le confirment : "La danse a été le moyen de donner forme à cette rage de devenir quelqu'un." Du coup, les moments de danse peuvent se faire rares, la parole les fait exister avec beaucoup d'intensité.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Ghazeia, danseuses d'Egypte

1993, 50', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Safaa Fathy
Production : Gloria films production, Docstar, Selena audiovisuel
Participation : Canal +, CNC, Procirep

Ghazeia dresse le portrait de deux femmes égyptiennes, socialement éloignées, mais toutes deux victimes de l'opprobre et de l'hypocrisie générales : Lucy est la plus célèbre danseuse du ventre du Caire, Sabah danse à la campagne et anime mariages et baptêmes en compagnie de son mari. La danse ou le dur apprentissage de la liberté et de l'affranchissement du regard des hommes. La danse ou le libre exercice de la séduction, sans monnaie d'échange possible : ni conjugale, ni commerciale. La danse, enfin, ou l'expression sublimée de la féminité, sans entrave ni retenue. Conscientes de la singularité de leur statut et de l'isolement qu'il leur vaut, Lucy et Sabah ne sont pourtant pas prêtes à renoncer à leur unique allié : l'acte de danser. Comme si les rigueurs de l'islam et la rigidité des traditions nord-africaines avaient été inventées pour que puisse se déployer, ondulante et provocante, cette danse du ventre autrefois réservée aux femmes de 'mauvaise vie'.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Giselle

1996, 115', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Alexandre Tarta
Chorégraphie : Patrice Bart
Mise en scène : Patrice Bart
Interprétation : Roberto Bolle, Matteo Buongiorno, Béatrice Carbonne, Marinella Carimati, Paul Connelly, Alexandra Ferri, Bryan Hewison, Maurizia Luceri, Maximo Murru, Isabel Seabra, Maurizio Vanadia
Production : Bel air media, Teatro alla Scala, VTHR, La Sept-Arte
Participation : CNC, Nef film produktion, Gmbh Munich

Alexandre Tarta restitue fidèlement la représentation donnée à Milan en 1996 de ce chef-d'oeuvre du ballet romantique, avec la jeune et remarquable Alessandra Ferri dans le rôle titre. Auteur du livret, Théophile Gautier résume à merveille le drame d'amour de la belle paysanne, éprise de danse et du seigneur Albrecht : "Chez les femmes, la raison est dans le cour ; ; coeur blessé, tête malade." Giselle fut écrite pour la danseuse Carlotta Grisi en 1841. Ce fut aussi son premier ballet à l'opéra de Paris. Fidèle à la chorégraphie originelle de Jean Coralli et de Jules Perrot, Patrice Bart recrée avec charme l'atmosphère pittoresque d'un paysage de campagne, animé de danses et de rires, de sentiments naissants et de douce pâmoison, mais où la mort est aussi au rendez-vous et, avec elle, son cortège de fantastique et d'apparitions. Alessandra Ferri donne à Giselle une incroyable aisance, une fougue enjouée qui se transforme bientôt en déchaînement de l'âme. Au deuxième acte, Albrecht et le fantôme de Giselle se rejoignent dans la nuit : blanches arabesques, lenteur d'un pas de deux arraché au monde des vivants comme à celui des spectres... le romantisme à son apogée !
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Le globe

1988, 32', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Josette Baïz
Musique : Jean-Marie Sénia
Interprétation : Geneviève Boteilla, François Bouteau, Giovanni Cédolin, Chantal Dayot, Vincent Druguet, Anne-Sophie Fayolle, Dominique Leconte, Ivan Lelay, Maryann Perrone, Cécile Proust, Jeanne Vallauri, Laurent Van Kote
Production : Vidéogram Paris, Arcanal, La Sept, CNDC Angers
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD), Ministère des affaires étrangères (DC), CR Paca, ARPCA Pays-de-Loire, Ville du Mans, Duran

Deux hommes rejoignent précipitamment le Globe, un night-club installé dans un château désaffecté. La situation est prétexte à toutes formes de danse : ensembles effrénés, solos ou duos applaudis par l'assemblée, numéro silencieux des petites fées jumelles, acrobaties. La soirée avance. Les couples se font, se défont. Dehors l'orage gronde, électrise les corps. La foudre met le feu au dancing. D'un scénario simple, Luc Riolon a tiré des images énergiques et atypiques. Plus l'action s'intensifie, plus la caméra se rapproche des corps et virevolte autour d'eux.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Goldberg Variations 1-15 - Golberg Variations 16-30

1992, 54', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Walter Verdin
Chorégraphie : Steve Paxton
Musique : Jean-Sébastien Bach
Interprétation : Steve Paxton
Production : Kaaitheater

Dans une salle immense et circulaire aux allures de cathédrale, bordée de fenêtres hautes retenant une clarté de grand soleil, Walter Verdin a filmé les improvisations de Steve Paxton sur la célèbre interprétation par Glenn Gould des "Variations Goldberg" de Jean-Sébastien Bach. Comme à l'accoutumée, Walter Verdin utilise le langage filmique pour faire danser l'image : à mille lieux d'une simple captation, son film se fond à l'improvisation dansée de Steve Paxton, chef de file de la contact-dance américaine. Jouant sur la mobilité de la caméra, l'accélération ou le ralenti des images, multipliant les angles de vue, il accroît la complexité des mouvements qu'il nous fait percevoir, pour ainsi dire, de l'intérieur. Enfin, il signale les développements de la danse et de la musique en transformant radicalement les modalités de l'image : la dramatisation finale des "Variations" est filmée en noir et blanc, la caméra flottant au-dessus de la tête du danseur qui tourne sur lui-même de plus en plus lentement. Une belle rencontre entre deux artistes.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Grand Ecart - A propos de la danse contemporaine française

2000, 94, ' couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Charles Picq
Production : Les films Pénélope, La Sept-Arte, Maison de la danse (Lyon)
Participation : CNC, SACD, Procirep, Ministère des affaires étrangères, Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Charles Picq a concocté un panorama chorégraphique des vingt dernières années, survolant le travail de Maguy Marin, Bouvier-Obadia, Régine Chopinot, Jean-Claude Gallotta, Dominique Bagouet, Mathilde Monnier, Michel Kéléménis, etc. On comprend sa démarche, d'un point de vue historique, mais le choix des artistes, la parole donnée ou non à ceux qui sont filmés et le vide concernant la nouvelle génération d'artistes laisse perplexe. Heureusement, les paroles de Mathilde Monnier ou de Maguy Marin sont suffisamment généreuses et passionnées pour nous donner envie de découvrir à quoi ressemble la danse de l'an 2000. Cependant, quand Charles Picq nous montre un court extrait d'un spectacle de Käfig, il passe sous silence son point de vue sur la danse hip hop, préférant laisser Karine Saporta nous donner son avis. Boris Charmatz, représentant unique de sa génération, a le bon goût de ne pas se poser en chantre de la relève ; bien au contraire : "Nous n'avons pas besoin d'être rebelle pour proposer de vraies ruptures, de nouvelles propositions." Un contre-point intéressant à l'avis de Régine Chopinot, à propos de la difficulté des jeunes à créer aujourd'hui : "Ce n'est pas facile d'être repéré comme nous l'étions à notre époque où le terrain était vierge. C'est ça le désastre : tout a été fait." Et l'on sent que Charles Picq n'est pas loin de partager cet avis.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Hallali Romée

1987, 16', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Angelin Preljocaj
Musique : Michel Decoust
Interprétation : Catherine Bezeix, Dominique Brunet, Sara Denizot, Hélène Desplat, Katia Médici, Laurence Rondoni, Catherine Savy
Production : Vidéogram, Cie Angelin Preljocaj

Sept filles en costume sombre décomposent des phrases sur le sentiment d'impuissance ou la grâce : quelques adages d'une chorégraphie grave, lente et énigmatique sur la pucelle d'Orléans. La gestuelle anguleuse et un goût pour la géométrie expressionniste du mouvement (inspirés par la gestuelle de Bagouet chez qui Preljocaj a débuté) sont exploités ici, de façon formelle. Cette deuxième pièce importante du chorégraphe fut donnée dans le cloître des Célestins lors du festival d'Avignon 1986. On y retrouve la fine fleur de l'interprétation féminine française du moment (Brunet, Denisot, Desplat, Médici, Rondoni, Savy...). Comme à son habitude, la caméra de Luc Riolon tutoie les corps et choisit avec beaucoup de finesse ce qui fait mouvement dans cette danse presque mécanique et très statique.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Histoire d'une transmission : 'So Schnell' à l'Opéra

1999, 54', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Marie-Hélène Rebois
Production : Daphnie production, CGP, La Sept-Arte, Opéra national de Paris, Mezzo, Carnets Bagouet
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMDTS), Procirep

A la demande de Brigitte Lefèvre qui souhaitait inscrire "So Schnell", l'une des dernières chorégraphies de Dominique Bagouet, au répertoire de l'Opéra Garnier, l'équipe des Carnets Bagouet se met au travail avec les danseurs de l'Opéra. Marie-Hélène Rebois filme deux logiques qui s'affrontent dans cette histoire de transmission guidée par les interprètes d'origine. Comment communiquer l'expérience nécessaire pour faire advenir chaque geste dans la justesse de son rapport à soi, aux autres, à l'espace et aux sons ? Comment transmettre sans se sentir dépossédé et sans craindre que l'essentiel ne soit perdu ? Les paroles d'Olivia Grandville qui fut danseuse à l'Opéra avant de rejoindre la compagnie Bagouet, de Matthieu Doze, d'Annabelle Pulcini ou d'Hélène Cathala témoignent de cette difficulté majeure. Habitués à intégrer techniques et chorégraphies en un temps record, les danseurs de l'Opéra savent copier rapidement ce qu'on leur enseigne. Faire coïncider ce qui est à la fois un défaut et une qualité avec l'exigence d'interprétation qui est au coeur de la danse contemporaine est un défi auquel les Carnets Bagouet ont répondu ici avec une grande générosité.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Hommage à Diaghilev

1990, 116', couleur, documentaire, danse, U-matic

Conception : Brigitte Hernandez, Charles Picq
Chorégraphie : Sergueï Pavlovitch Diaghilev
Réalisation : Colin Nears
Production : NVC, La Sept

Le pygmalion le plus célèbre du monde, qui découvrit les plus grands chorégraphes et danseurs et associa à ses projets Picasso, Stravinski, Satie, Debussy, Poulenc, Chanel, pour ne citer qu'eux, présente quatre des plus illustres chorégraphies des ballets russes qu'il anima pendant près de vingt ans : "Petrouchka", "Le Spectre de la rose", "Prélude à l'après-midi d'un faune" et "Noces". Pour ce documentaire réalisé à l'occasion de la reprise par l'Opéra de Paris de pièces du répertoire des ballets russes, Brigitte Hernandez et Charles Picq ont prêté leur voix à Diaghilev pour qu'il présente lui-même les chefs-d'oeuvre qu'il commanda à Fokine, Nijinski et Nijinska. Entre les ballets, filmés dans leur intégralité, des documents d'époque et des dialogues font revivre le contexte de leur création.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Hoppla !

1988, 53', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Wolfgang Kolb
Chorégraphie : Anne Teresa de Keersmaeker
Musique : Bela Bartok
Interprétation : Jean-Luc Ducourt, Nadine Ganase, Roxane Huilmand, Walter Hus, Fumiyo Ikeda, Anne Teresa de Keersmaeker, Mondriaankwartet, Stefan Poelmans, Johanne Saunier
Production : AO productions, Kaaitheater, La Sept, Arcanal, RTBF
Participation : Channel 4, NDR (Hambourg), NOS (Hilversum), Théâtre de la Ville (Paris), Zed ltd, le Cargo-MC Grenoble

Impossible cohabitation sur les "Mikrokosmos" de Bartok : lui, tel un Giacometti vivant, elle, virevoltante, fluide, un rien rebelle dans l'austère bibliothèque de Gand. Dans une deuxième partie, quatre filles bondissent sur le "Quatuor n°4". Tours, sauts caprins, pas chassés, des mouvements simples qui épousent ou bousculent la rigueur du compositeur hongrois et de l'architecte Van de Velde. La danse contemporaine belge a construit son univers autour de la lecture des grandes partitions classiques ou modernes. Ce rapport entre immédiateté du geste et rythmique est récurrent dans toute l'oeuvre de Keersmaeker. Le film de Wolfgang Kolb, adaptation pour l'image de la pièce "Rosas Bartok" (1987), témoigne de cette adéquation que la jeune chorégraphe belge a su porter à son régime maximum, sans toutefois faire du mouvement un pléonasme de la mesure.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Im Bade Wannen - La Baignoire

1992, 14', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Susanne Linke
Musique : Eric Satie
Interprétation : Susanne Linke
Production : Agat films, La Sept, Ina
Participation : CNC, Inter nationes - Bonn

C'est la pièce la plus célèbre de la chorégraphe, qui la fit reconnaître et apprécier du public comme l'héritière de Mary Wigman et Dore Hoyer. Susanne Linke danse autour d'une baignoire, s'y glisse, s'en éloigne pour y revenir. Extrême simplicité de l'écriture, expressivité de l'intention gestuelle : le climat grave qui se dégage de l'interprétation en fait une oeuvre clef de notre époque. Charles Picq a réalisé un documentaire (cf. "Susanne Linke") et deux autres solos (cf. "Flut" et "Wandlung") avec la chorégraphe. Le parti pris d'un cadre très serré qui occulte certains mouvements peut être parfois contesté, mais il règne entre la caméra et la danseuse une indéniable complicité. La tension et l'extrême concentration de Susanne Linke se lisent sur les plans rapprochés de son visage et de ses yeux abîmés dans la danse, tout à la fois sereins et sans jeu dramatique.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Insurrection

1989, 43', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Georges Bessonnet
Chorégraphie : Odile Duboc
Production : GB productions

Extrait de la captation du spectacle " Insurrection " dont " Violences civiles " est la récréation.

CNC - Images de la culture

Jaillissements, Isadora Duncan et Auguste Rodin

1990, 30', couleur, adaptation, danse, U-matic

Conception : Elisabeth Schwartz
Réalisation : Raoul Sangla
Chorégraphie : Elisabeth Schwartz, Isadora Duncan
Musique : Patrick Marcland
Interprétation : Dominique Petit, Elisabeth Schwartz
Production : Arcanal, La Sept, Ina, Lieurac Productions
Participation : Ministère de la culture (DMD, DDF), Sacem, Musée d'Orsay

Elisabeth Schwartz évoque Isadora Duncan, la danseuse aux pieds nus, dans un jeu de correspondances entre la danse et l'oeuvre de Rodin. En de longs plans-séquences, la caméra capte les solos successifs de la danseuse qui rencontre parfois des moniteurs vidéo intégrés au décor. Ils diffusent des images de la "Porte de l'enfer" et d'autres oeuvres du sculpteur. Le cadre est large, à distance du corps, et permet d'apprécier la gigantesque toile de fond peinte qui dramatise la chorégraphie et souligne son lyrisme de façon abstraite. Elisabeth Schwartz a reconstitué de nombreux solos d'Isadora Duncan. Elle mêle à cet hommage des compositions plus personnelles et un duo final avec le danseur et chorégraphe Dominique Petit.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

J'aurais voulu vous voir danser Madame Akarova

1991, 56', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : Thierry Génicot
Réalisation : Michel Jakar
Musique : Thierry Génicot
Production : Musique Danse, RTBF
Participation : Commissariat général aux relations internationales

Sept artistes d'aujourd'hui, danseuses, danseurs, chorégraphes, rendent hommage par la parole et par la danse à Akarova, artiste d'avant-garde de l'entre-deux-guerres. Même contrat pour chacun : un entretien avec l'artiste et quelques mètres carrés de la salle Akarova, le petit théâtre construit par le célèbre designer belge Raymond Baugniet, fermé en 1957 pour trouble de voisinage. Comment dansait Akarova ? C'est la question récurrente d'un film où réalisateur et chorégraphes n'ont de cesse de vouloir percer le secret d'une artiste qui ne désire pas transmettre d'indications sur les aspects formels de sa danse. La réalisation mixe entretiens et parties dansées dans une nuée d'effets vidéographiques. Il s'en dégage des relations étranges entre la détentrice d'un passé avant-gardiste qui a échappé à l'enregistrement filmé et les auteurs d'une modernité qui se cherche des racines. Le film renseigne peu sur l'histoire de la danseuse, ni sur ses interlocuteurs contemporains. Reste l'image pathétique d'une vieille dame qui esquisse quelques gestes de la danse qu'elle composa sur "Pacific 231" d'Honegger.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Jérome Andrews, forwards and backwards

1992, 55', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : N+N Corsino
Production : Danse 34, Films du Tambour de soie, Musée d'art moderne et d'art contemporain de Nice, Imerec
Participation : SACD, Ministère de la culture et de la francophonie (DMD)

Tourné quelques mois avant sa mort, ce portrait du danseur, chorégraphe et pédagogue américain Jérome Andrews est réalisé par les duettistes N+N Corsino, plus connus pour leurs activités de danseurs-vidéastes. Un portrait d'une belle sobriété, que n'illustrent ni photos ni extraits de spectacles. Quelques phrases s'intercalent parfois entre les images dont celle-ci en ouverture : "C'est l'esprit qui fait la forme. Le lieu de la danse est dans le mouvement qu'il soit juste ou faux." La vocation de danseur de Jérome Andrews lui apparut en rêve, à l'âge de 12 ans : "l'extase de l'animal", ainsi définit-il cette expérience. Trois ans plus tard, il obtient une bourse pour entrer à la Cornish School Dance de Seattle. A 17 ans, il danse avec Ruth Saint-Denis, puis avec Martha Graham et Doris Humphrey. Plus tard, il rencontre la danse expressionniste allemande et travaille avec Kurt Joos, puis Mary Wigman qu'il admire profondément. Enfin, il s'installe en France dans les années 50 et danse alors avec Olga Stein, Karin Waehner, Jacqueline Robinson, les Dupuy. Une vie pleine de mouvements...
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

La Jeune Fille et la Mort

1980, 42', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Mirto Storni
Chorégraphie : Maguy Marin
Interprétation : Daniel Ambach, Corinne Barbara, Christiane Glik, Marguerite Marin, Marie Isabelle Rius, Sylvia Sadaoui
Production : RTSI

Dans une cuisine emplie de réfrigérateurs, casseroles et légumes variés, des personnages débraillés sont enfermés. Ils ont l'air tendus, épuisés et le débit de leurs paroles les rend incompréhensibles. La modernité de ce drame de Schubert permet à Maguy Marin d'aborder le thème ô combien contemporain des solitudes douloureuses et des communautés désolidarisées. Plusieurs fois, la jeune fille (Christiane Glik) tentera de leur échapper. Le groupe fera mine de l'accompagner, mais la pression est trop forte : le départ ne se fera pas. De la pénombre à la lumière aveuglante, de la surcharge de vêtements à la nudité complète et de la révolte à l'attendrissement, le parcours de la jeune fille prend toutes les couleurs du désespoir à l'approche de la mort. Créé en 1979, ce ballet annonce "May B" à propos duquel Maguy Marin disait, deux ans plus tard, chercher le point de rencontre entre la gestuelle rétrécie du théâtre et le langage chorégraphique.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

John Cage - Je n'ai rien à dire et je le dis

1990, 54', couleur, documentaire, musique, VHS

Réalisation : Allan Miller
Production : Music project for television Inc, American masters, WNET-New York, Lola films
Participation : National endowment of the arts

John Cage est l'un des hommes qui ont le plus contribué à remodeler la pensée esthétique de ce siècle. Plusieurs artistes, écrivains et critiques en témoignent dans ce film consacré à la vie et l'oeuvre du compositeur. Des entretiens et des extraits de concerts complètent ce portrait d'un musicien, philosophe, peintre, écrivain, qui n'a jamais cessé d'être au coeur de l'avant-garde. John Cage est l'un de ceux qui cultivent le mieux ce mélange d'ironie, de provocation et de réflexion philosophique et artistique qui caractérise une partie de la pensée de ce siècle. Les divers entretiens récents et anciens qu'Allan Miller nous montre ici permettent donc à la fois de retracer et de comprendre le parcours du compositeur, et de rencontrer un personnage hors du commun qui met la séduction et l'humour au service de sa pensée : "Je n'ai rien à dire et je le dis !" Fidèle collaborateur de Merce Cunningham, influencé par Marcel Duchamp, Cage fut un des premiers à considérer que tout son, quel qu'il soit, a sa place dans la musique. Il chercha à se "libérer de ses idées sur l'ordre et de ses goûts" et fut un des pionniers de l'introduction du hasard dans l'art.
Guillaume Courtier
CNC - Images de la culture

Jump - Hystérique bourrée

1984, 15', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Charles Atlas
Chorégraphie : Philippe Decouflé
Musique : Joseph Biscuit, The Résidents
Interprétation : Marcia Arrantes Barcellos, Karl Biscuit, Dominique Boivin, Philippe Chevalier, Thierry Fournier, Christine Graz, Françoise Grolet, Pascale Henrot, Daniel Larrieu, Eric Larrondo, Joseph Lennon, Michèle Prélonge, Nathalie Richard, Monet Robier, Véronique Ros de la Grange
Production : Ministère de la culture, Octet, Network

Petites séquences nerveuses de danse-gag sur le mode d'un programme de cabaret, où danseurs et spectateurs sont métamorphosés en créatures colorées par des costumes délirants et des maquillages outrés. Festival d'images éclectiques pour une danse de haut voltage. Il fallait toute la souplesse du réalisateur Charles Atlas pour capter le formidable tohu-bohu mis en place par Philippe Decouflé. Dans la dernière partie, un plan-séquence de plusieurs minutes montre avec quelle facilité déconcertante ce chorégraphe, qui n'a pas vingt-cinq ans alors, développe une vision spatiale de l'écriture chorégraphique parfaitement adaptée à l'image. Toute une génération d'interprètes et de chorégraphes des années 80 (on reconnaît pêle-mêle Daniel Larrieu, Michèle Prélonge, Véronique Ros de la Grange, etc.) semble s'être donnée rendez-vous pour ce boeuf électrique à la Bellevilloise, cette ancienne salle des fêtes qui fut un des hauts lieux de répétitions de la danse contemporaine parisienne.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Kathakali

1991, 28', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Renuka George
Production : Io production, La Sept, Pixel vidéo
Participation : CNC, Ministère de la culture (DDF)

L'école de Kathakali PSV Natya Sangham, Kottacal, dans le sud de l'Inde. Les élèves y entrent dès l'âge de 12 ans et l'apprentissage dure au moins huit ans. Novices et confirmés répètent inlassablement, sous l'oeil vigilant et le bâton menaçant du maître, les exercices complexes qui feront d'eux les dieux vivants de la légende de Rama qu'ils danseront bientôt dans de lourds costumes. Un documentaire sans commentaire, qui pénètre discrètement et avec pudeur dans l'univers dur et martial de l'une des plus grandes écoles de cet art national indien. La caméra filme sans complaisance, mais avec le souci du réalisme, les leçons et les coups reçus par les novices. Elle n'évite pas non plus ce qu'il peut y avoir parfois d'ambigu dans la promiscuité de ces centaines de corps d'hommes jeunes soumis aux massages huilés et à une discipline de fer. Quelques témoignages sobres achèvent de donner au programme une authenticité et une sincérité rares.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Kissy Suzuki Suck

1992, 18', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Alison Murray
Chorégraphie : Alison Murray
Interprétation : Alison Murray, Jennifer Potter
Production : Alison Murray

Images troublantes de deux blondes plutôt 'trash', dans une voiture garée la nuit au bord d'un trottoir. Sur un ralenti syncopé de l'image et le rythme de la musique, la chorégraphie s'articule autour du jeu entre l'espace privé de l'auto et celui, ouvert, de la nuit. Chorégraphe et réalisatrice fortement ancrée dans une certaine réalité sociale où l'art cède généralement le pas à la culture populaire, Alison Murray ne s'embarrasse pas de convenances. L'esthétique clip du début laisse bientôt la place à la revendication d'une sexualité provocante portée par des apostrophes salaces, débitées d'une voix grondante sur "Pomp & Circumstance", l'une des musiques du film "Orange mécanique" connue pour le message d'agressivité qu'elle véhicule. La bestialité latente des deux filles se propage peu à peu aux images et, surtout, au son : le hurlement est traité au ralenti, la voix se transforme en grognements, en feulements, en rugissements. Le résultat est impressionnant.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

The kitchen presents II
Sotto voce

1988, 7', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Jean-Louis Le Tacon.
Production : Ex nihilo, Arcanal, Alive from off Center, The Kitchen, KTCA.
Participation : ministère de la culture et de la communication (SAI), Ina, La Sept, national endowment for the arts.

La caméra se rapproche d'un groupe de statues vivantes et s'engouffre dans la bouche de l'une d'entre elles. Suit un solo désarticulé de Stephen Petronio, transfuge de la compagnie Trisha Brown. Jeu sur l'image dédoublée et nue du soliste, sur fond de photographies médicales de l'intérieur du corps. Ce solo a été repris en ouverture du spectacle "An amnesia", créé en 1988 au festival de Montpellier. Le film est réalisé dans le cadre d'une série regroupant artistes français et américains de la Kitchen à New York, destinée à rendre compte de travaux innovants en vidéo, musique contemporaine, danse et performance.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Kitsou Dubois, une danseuse en apesanteur

1994, 24', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Kitsou Dubois, Jérome de Missolz
Production : Blue film, Ki production, Vidéogram Paris
Participation : Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMD), Procirep

Que peuvent bien avoir en commun un astronaute et un danseur ? L'art et la manière de défier les lois de la gravité. Les premiers par nécessité, les seconds par goût... Lorsque le hasard fit se rencontrer la chorégraphe Kitsou Dubois et un astronaute, ce dernier évoqua les conflits sensoriels provoqués en apesanteur, entraînant des problèmes d'orientation, de déplacement et de gestuelle. L'idée a germé naturellement : l'entraînement des astronautes à partir des techniques de danse pourrait-il être efficace ? Intéressé, le CNES invite Kitsou Dubois à bord de cet avion singulier qui permet des séquences d'apesanteur de 25 secondes en opérant des séries de paraboles. Deux autres vols se dérouleront en présence de plusieurs danseurs : les exercices s'inspirent alors d'autres pratiques sportives (natation, escalade à main nue) et d'expériences menées avec le CNRS au laboratoire de neurophysiologie sensorielle. De cette rencontre entre l'art et la science, Kitsou Dubois a trouvé la matière d'une danse qui ne cesse d'explorer de nouveaux espaces.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Kizingu, l'Afrique en vie

1995, 28', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Gilles Nivet
Production : La Huit, Gaïa vidéo, CTV
Participation : CNC, ACCT, Fas, Ministère de la culture (DMD)

A l'image du parcours artistique de Michel Rafa, fondateur du ballet-théâtre Lemba (BTL), le film de Gilles Nivet repose sur deux données : l'Afrique intérieure et traditionnelle, et l'Afrique colonisée, privée de ses repères. Pour retrouver sa culture, Michel Rafa a dû quitter le Congo pour la France. On le suit ici lors d'un voyage chez lui. Michel Rafa expose les enjeux de son travail : "On nous a fait croire que notre culture n'avait pas de valeur. La mission du BTL est de retrouver le sens du patrimoine culturel africain. Car il faut être à l'aise dans sa propre culture si on veut être à l'aise dans celle des autres." Michel Rafa rend visite aux griots de son pays, au fétichiste qui tisse les pagnes de ses danseurs et à l'artisan qui fabrique ses tam-tam et qui travaille dans la forêt dans le plus grand secret. La mise en perspective d'une culture populaire souvent occultée quand elle ne fut pas interdite par les missionnaires, avec les troubles politiques du Congo sert de fil conducteur au réalisateur. L'ambition du BTL apparaît clairement comme la réconciliation de la tradition et de la modernité.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

K.O.K

1989, 44', couleur, adaptation, danse, U-matic

Conception : Régine Chopinot
Réalisation : Régine Chopinot
Chorégraphie : Régine Chopinot
Interprétation : Lee Black, Régine Chopinot, Poonie Dodson, Jean-Hugues Laleu, Joseph Lennon
Production : ARP, Cie Chopinot (CC Poitou-Charentes)
Participation : TCD, Ministère de la culture (DMD), Conseil supérieur du mécénat

Conçu comme un tournoi de boxe, avec round, arbitre, ring, "K.O.K" est une tentative d'approche chorégraphique de ce sport considéré parfois comme une violence gratuite. De véritables échanges de coups de poing alternent avec des sections dansées inspirées des jeux de jambes et de bras des athlètes. Beaucoup de sueur et d'efforts pour les quatre champions qui finiront tous au tapis. Créé le 4 novembre 1988 à la maison de la culture de la Rochelle, ce spectacle au décor imposant, un ring tournant conçu par Marc Caro, fut repris à la grande halle de la Villette en 1989. Il bénéficia d'un lancement médiatique parfaitement orchestré et permit ainsi à un public jeune et enthousiaste de découvrir celle qui, depuis "Le Défilé" (avec Jean-Paul Gaultier), est devenue une des figures de proue de la danse contemporaine française.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

La lampe

1990, 8', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Joëlle Bouvier, Régis Obadia
Musique : Armand Frydman
Production : Arcanal, MC Le Havre, Ina, CR Haute-Normandie, Films Angle d'ailes

Une femme haletante, un peu groggy, dans un hammam désaffecté. A chaque mouvement sa tête part en arrière et de sa bouche s'échappe un cri. Un homme arrive, une vitre les sépare. Sur les stridulations d'un orchestre à cordes, ils se poursuivent sans pouvoir se toucher. Puis, brusque raptus chorégraphique, changement de décor, étreintes dans des lés de plastique noir ; enfin, ils dansent ensemble. L'image des femmes dans les chorégraphies et les films des Bouvier-Obadia se construit souvent à partir d'une énergie contradictoire qui les fait hésiter entre la totale soumission et le rejet brutal de leur partenaire. Seules, quelque chose leur manque, mais quand l'autre est là, il devient très vite insupportable. "La Lampe" est la mise en scène magistrale de ce sentiment paradoxal qui constitue l'articulation essentielle de l'écriture des deux chorégraphes. Le film a obtenu quatre prix en 1991 dont celui du jury au festival international du jeune cinéma de Montréal et le grand prix de la qualité de l'image au FIFA.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

La légende de Roméo et Juliette

1992, 72', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Jean-Claude Gallotta
Chorégraphie : Jean-Claude Gallotta
Musique : Serge Houppin, Henri Torgue
Interprétation : Eric Alfieri, Mathilde Altaraz, Jean-Pierre Costanziello, Christophe Delachaux, Pascal Gravat, Kiki, Philippe Normand, Annie Perret, Geneviève Reynaud, Deborah Salmirs, Robert Seyfried
Production : Agat films, La Sept, Groupe Emile Dubois, CCN Grenoble
Participation : CNC, Adami, Ministère de la culture (DMD)

En réalisant la captation de son spectacle, Gallotta a centré son attention sur les personnages : plans rapprochés sur les rôles titres, montage orienté dans le sens de la narration. Le film élude, dans un souci de concision visuelle, la scénographie de Cassagne qui joue un rôle important dans la pièce. Il s'oblige à rester proche des caractères brossés par le livret de Claude-Henri Buffard. Sous le label DTM (danse, théâtre, musique), cette revisite iconoclaste des grands mythes a ouvert une nouvelle ère pour la compagnie de Gallotta. Celle-ci s'est dotée d'un corps de ballet qui assure désormais les ensembles dansés et les mouvements de foule. Mais elle s'est également orientée vers une forme de spectacle total où Jean-Claude Gallotta propose une vision globale du plateau, mêlant textes, sons et mouvements dans une forme d'opéra populaire contemporain.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Lilies

1990, 6', noir et blanc, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Nancy Hyland, John O'Malley
Chorégraphie : John O'Malley
Interprétation : Michaël McGrath, John O'Malley, Wesley Robinson
Production : Néo Labos

Le corps d'un danseur blanc, diaphane, aux articulations fines. Celui d'un danseur noir, musculeux et sensuel. Une danse faite d'étreintes, de prises et de portés, d'enlacements et de baisers sur le fond sonore d'un grésillement radio brouillant un air de Verdi. L'image est volontairement 'sale', bougée ; le cadre est sans cesse en mouvement. Esthétique warholienne pour ce petit film qui fleure bon l'impertinence, par sa forme désinvolte, sa facture inachevée et son sujet : un duo d'hommes provoquant et poseur.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

La Loïe Fuller

1999, 9', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Arnaud Esterez
Musique : Philippe Latron
Interprétation : Claire Duport
Production : A capella productions, France 2, TV 10 Angers
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Adami

Interprétée par Claire Duport, la Loïe Fuller d'Arnaud Esterez dispose de quelques minutes pour irradier de sa présence l'espace du rêve, l'image d'une enfant qui dévale un escalier, traverse une usine, puis atterrit sur un plateau de théâtre dont le décor se prolonge en coulisses. C'est une rêverie, brutalement happée par la réalité, un songe fatalement interrompu. La fascination provoquée par l'ondulation des voiles qui firent d'elle "la" Loïe Fuller habite chaque composante de ce court métrage aux faux airs de fable, tant la caméra reste captivée par le ressort invisible qui actionne chaque mouvement de corps, de tissu et de lumière. Illusion et transformation permanente du paraître colorisent de rose, blanc, jaune, bleu ou mauve, les envolées de Claire Duport. La fiction est rattrapée au vol par des saisies d'images - un oiseau, un papillon - qui préfigurent la hantise de la chute finale, lorsque la danseuse s'écroule au sol. Icare, institué en double de Loïe Fuller, donne à cette évocation un tour tragique. Un contrepoint volontaire à l'image évaporée des voiles tournoyants associée à la danseuse ?
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Loïs Greenfield, portrait d'une photographe

1996, 26', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Sylvie Fleurot
Photographie : Loïs Greenfield
Production : Lumen productions, Abax communication, Esplanade St Etienne vidéo
Participation : Ministère de la culture (DMD)

Ses photographies de danse sont internationalement connues et immédiatement reconnaissables par leur format carré. Loïs Greenfield circonscrit l'espace de la danse pour mieux saisir l'envol et l'apesanteur que chaque danseur apprivoise quotidiennement. Mieux qu'un portrait, le film de Sylvie Fleurot propose une démonstration de la photographe au travail. Le projet de Loïs Greenfield : "libérer le danseur de la gravité et opposer à cette dernière la matière de l'air." Ses photographies éliminent la notion de haut et de bas pour saisir le mouvement dansé dans ce qu'il a de plus éphémère : sa traversée de l'espace. Une recherche qui s'accommode mal de la situation de représentation et nécessite un travail en studio qui s'apparente fort à une mise en scène, même si les mouvements interprétés sont extraits d'un spectacle. Quatre danseurs et/ou chorégraphes se prêtent ici au jeu : Mark Tompkins, Stéphanie Aubin, Emmanuelle Huynh et Didier Silhol. La caméra filme leur travail et juxtapose les clichés de la photographe, soulignant avec justesse l'éphémère du mouvement et sa captation dans le cadre photographique.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Lourdes-Las Vegas

1999, 64', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Giovanni Cioni
Chorégraphie : Alain Platel
Production : Heure d'été productions, Qwazi qWazi film, Victoria theaterproductiehuis, RTBF, CANVAS (VRT), France 3
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

Considérer un spectacle comme une scène ouverte au monde qui l'a suscité : tel est l'enjeu du film de Giovanni Cioni. Centré sur "Bernadetje", la création du chorégraphe belge Alain Platel, il opère un juste retournement des choses. Le choix du décor, une piste d'auto-tamponneuses, et de ses interprètes - enfants, amateurs et professionnels - affirment d'emblée une prise sur le réel. Fragmentée, déchirée, violente ou apaisée, la narration obéit moins aux règles habituelles du spectacle vivant qu'à l'impact du vécu sur les corps et les âmes. En alternant des extraits de "Bernadetje" avec des entretiens de danseurs chargés de se décrire l'un l'autre, Giovanni Cioni rend sensible la singularité du travail d'Alain Platel. La force de ses spectacles tient en effet à l'ouverture que pratique le chorégraphe à l'égard d'individus généralement absents des scènes culturelles, aux côtés de danseurs professionnels. La représentation des tensions qui distordent le quotidien n'a que faire ici du spectaculaire : aucune récupération, aucune instrumentalisation ne vient entacher ces expressions intimes qui trouvent enfin, au sein d'un groupe, à se relier à d'autres. Des moments de grâce, un album-souvenir passionnant !
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Lueur d'étoile

1991, 58', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Dominique Delouche
Interprétation : Monique Loudières
Production : Films du Prieuré, La Sept
Participation : Cinémathèque de la danse, Ministère de la culture (DMD, DDF), CNC

Monique Loudières, ombre blanche et fantomatique, court, bras tendus, dans les couloirs labyrinthiques du palais Garnier. En mettant en scène les fantasmes de pureté et de légèreté liés à la pratique de la danse à l'opéra, le film inscrit dans la tradition de la maison centenaire celle qui fut nommée étoile en 1982. Différentes séquences montrent Monique Loudières au travail. En voix off, Violette Verdy, ancienne danseuse de l'Opéra, la conseille et la félicite de son trajet. On assiste à des répétitions de "Mirages" avec Yvette Chauviré et Cyril Atanassof, de "In the night" de Jérome Robbins qui demande à l'interprète de danser non pas 'sur' mais 'dans' la musique. On croise ses amis et partenaires, Patrick Dupond, Manuel Legris, et enfin on la retrouve prête à s'envoler sur les toits de l'Opéra dans le nuage blanc de son costume sculpté par le vent de Paris.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Les lumières de music-hall
Jospéhine Baker

1996, 26', couleur, documentaire, musique, VHS

Conception : Jacques Pessis
Réalisation : Jacques Pessis
Production : P6 productions, La Cinquième
Participation : CNC, Sacem, Ministère de la culture (DMD)

Joséphine Baker occupe une place à part dans l'histoire du music-hall. Cette célèbre meneuse de revue qui a parcouru les scènes internationales sa vie durant, était aussi une femme de conviction. Agent d'espionnage pour les forces de la France libre en 1939, elle fut aussi un farouche défenseur de la cause antiraciste. Joséphine Baker est née en 1906 dans le quartier noir de Saint-Louis aux Etats-Unis. Ses prédispositions pour la danse se révèlent très tôt. A Broadway, on remarque sa façon si personnelle de bouger et on l'engage pour être la vedette d'une "revue nègre" à Paris. Au théâtre des Champs-Elysées, c'est le triomphe immédiat : elle apparaît nue, couverte de plumes, et déclenche un véritable scandale. Elle restera la meneuse de revue vedette des grands cabarets européens jusqu'en 1939. Après la guerre, tout en continuant à chanter aux quatre coins du monde, elle crée un centre d'accueil pour orphelins de toutes origines et adopte douze enfants. Joséphine Baker est morte ruinée à 69 ans, riche d'une existence d'artiste mise au service de son idée de la justice sociale.
Mario Fanfani
CNC - Images de la culture

Maïa

1999, 85', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Dominique Delouche
Production : Les Films du Prieuré, Muzzik
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMDTS), Pierre Cardin, Cinémathèque de la danse

Est-ce le livre remarquable, paru récemment, sur la vie de cette danseuse d'exception qui a donné envie à Dominique Delouche de consacrer un film à Maïa Plissetskaïa ? Construit sur de fréquents allers-retours entre Paris et Moscou, ce document retrace l'extraordinaire carrière d'une danseuse au fort tempérament qui fut longtemps assignée à résidence par le KGB, et ses rencontres avec Maurice Béjart et Roland Petit. Dominique Delouche tisse interviews d'aujourd'hui et images d'archives pour comprendre ce qui a forgé le caractère d'acier de Maïa Plissetskaïa. Des drames de son enfance - l'arrestation de son père déclaré ennemi du peuple et fusillé en 1937, puis celle de sa mère -, jusqu'à son interprétation, unique et maintes fois copiée de par le monde, du "Lac des cygnes" où l'émotion se fond à sa gestuelle, ce portrait met en évidence toutes les nuances d'une personnalité fort attachante, y compris dans ses excès ou ses coquetteries ! En vrac, elle évoque son amour pour le Bolchoï où elle a dansé pendant 56 ans, la poésie russe... et son mari Chédrine, compositeur au Bolchoï. On la voit, enfin, transmettre son rôle du "Lac des cygnes" en talons aiguilles, répétant chaque pas sans l'ombre d'une hésitation. Un phénomène !
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Maître Cube

1985, 5', noir et blanc, fiction, danse, VHS

Réalisation : Marc Caro
Interprétation : Christophe Salengro
Production : Network, Octet

Maître Cube, à la recherche d'un appartement, visite un immeuble dont tous les locataires sont des variations de lui-même. La grande carcasse repliée et les oreilles plaquées de Christophe Salengro s'adapte vaille que vaille aux dimensions rétrécies d'un cube qui flotte dans l'espace, dévale des escaliers, se démultiplie...
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Mama Africa

1994, 55', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Charles Picq
Production : France 3 Lyon, Maison de la danse (Lyon), Agat films & cie
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

Depuis dix ans, chaque biennale internationale de danse de Lyon offre l'occasion de plonger dans le foisonnement musical et chorégraphique d'un continent. Pour "apporter son grain de sable à la lutte contre le racisme", Guy Darmet a réuni lors de l'édition 1994 "Mama Africa", des artistes travaillant pour la plupart hors d'Afrique : Bill T. Jones, Elsa Wolliaston, Irène Tassembedo, Fred Bendongue. Moins d'un siècle et demi après l'abolition de l'esclavage, qu'en est-il de la diaspora africaine disséminée des Caraïbes à l'Amérique ? Dans ce documentaire, toutes les questions posées par la négritude sont abordées, mais aussi celles qui tentent de départager les danses à vocation sacrée et les recherches formelles nées de la confrontation à la modernité. Si les interventions fréquentes des chorégraphes africains et américains marquent clairement le souci de ne pas mettre de côté la question de l'esclavage, les Africains francophones, Elsa Wolliaston notamment, apparaissent moins souvent dans le film. La colonisation reste peut-être encore un sujet vaguement tabou.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Mammame

1986, 65', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Raoul Ruiz
Chorégraphie : Jean-Claude Gallotta
Musique : Serge Houppin, Henry Torgue
Interprétation : Eric Alfieri, Mathilde Altaraz, Muriel Boulay, Christophe Delachaux, Jean-Claude Gallotta, Pascal Gravat, Priscilla Newell, Viviane Serry, Robert Seyfried
Production : MC Le Havre, Groupe Emile Dubois, MC Grenoble, Arcanal, Cinémathèque de la danse, Théâtre de la Ville (Paris)
Participation : Ministère de la culture (DMD)

Une troupe volubile, le corps bruni comme sous l'effet d'une grande chaleur, danse en s'invectivant dans un dédale de parois mobiles bleutées et festoie dans le vent au bord d'une falaise. Puis, la nuit approchant, la tribu s'effiloche, des couples s'étreignent, les pieds léchés par le ressac d'une mer couleur d'acier. Une grande épopée conçue par Gallotta et librement adaptée par Ruiz. Plus le cinéaste prend de liberté avec la danse, plus il semble s'en rapprocher. Installant au coin de son cadre, ici un téléphone, là un réfrigérateur, ailleurs encore quelques champignons, il met en situation la danse de Jean-Claude Gallotta sans la rendre narrative. Les 'mammames' du groupe Emile Dubois s'adonnent à leurs rites gestuels et vocaux favoris. Ils se palpent, se mordent et se caressent. Dernière pièce sur le thème du groupe et de la tribu inventée par le directeur du centre chorégraphique national de Grenoble avant qu'il n'entraîne son équipe dans la relecture des mythes chorégraphiques, Pandore et Apollon Musagète, ou littéraires avec Roméo et Juliette puis Don Juan.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Mansouria

1991, 33', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Josette Baïz
Musique : Jean-Claude Camors, Ibrahim Petliensese, Ghédalia Tazartès
Interprétation : Les Enfants de la Bricarde, Yves Tournoux
Production : Vidéogram Paris, Arcanal, Alhambra ciné palace, Cie la Place blanche
Participation : Ville de Marseille (Direction de l'Habitat), Ministère de la culture (DDF, DMD)

Dans un quartier de Marseille, un enfant court de place en place, de cour d'école en salle de classe, en passant par un terrain vague occupé par des gitans. Dans chacun de ces lieux, il rencontre des groupes d'enfants qui chantent et dansent sur des tubes du top 50 ou des musiques rappelant leurs origines. Chaque rencontre est le prétexte au commencement d'une histoire ou d'un rêve. Document réalisé lors d'une résidence chorégraphique dans le quartier de la Bricarde à Marseille, à l'instigation du Ministère de la culture, dans le cadre du développement social urbain (DSU). Par la danse et la musique, Luc Riolon et Josette Baïz, qui travaillent depuis longtemps avec des enfants, ont dressé la cartographie sensible du mélange ethnique composant la cité. Les rêves et les espoirs des enfants ont été scénarisés et mis en scène avec leur participation. Solitude, incommunicabilité entre filles et garçons, envie de rencontre et de fête, fantasme du mariage et de la reconnaissance sociale sont autant de thèmes abordés avec humour ou gravité dans une succession de séquences jouées, dansées et filmées avec pudeur ou avec un exhibitionnisme assumé.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Mariage d'amour ou de raison

1987, 14', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Bernard Bats, Jean-Yves Croizé
Chorégraphie : Kilina Crémona
Musique : Lubomyr Melnyk
Interprétation : Gérardo Chavez, Catherine Lanoir, Roger Méguin, Nadine Pinet, Sylvain Prunenec, Anne Quéquiner, Virginie Souguet, Claudine Vuitton, Michaela Werback, Patricia Zaretti, Jean-Claude Zizin
Production : Arcanal, Kilina Crémona, Dune vidéo
Participation : CR Rhône-Alpes

Réalisé d'après le spectacle "Copernic Opéra F6" de Kilina Crémona. Des corps évoluent méticuleusement dans une scénographie tirée au cordeau d'Yves Cassagne et se laissent piéger dans un maelström d'effets spéciaux. L'écran se transforme en photographie sensible des trajectoires et des évolutions de chaque interprète. Des images travaillées qui laissent entrevoir, sous l'épure de l'écriture chorégraphique, l'extrême tension d'une plastique aride et sans concession. Les camaïeux de bleu, les luisances argentées, les superpositions, les diffractions visuelles, les effets de rémanences cathodiques, livrent une approche abstraite mais sensuelle de l'univers rigoureux de cette disciple intègre de Merce Cunningham. Certaines images évoquent parfois insensiblement les cartes stellaires tracées par l'astrophysicien polonais Nicolas Copernic.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Mille et une danses orientales

1999, 57', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Moktar Ladjimi
Production : Lark productions, La Sept-Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMDTS, DAI)

Il n'est pas sûr qu'il faille se réjouir de l'actuel engouement de l'Occident pour la danse orientale, estime Moktar Ladjimi, réalisateur de ce film. Si cette danse (dont l'âge d'or, particulièrement en Egypte, appartient au passé) ne se signale plus guère désormais que sous la forme de shows dénudés à destination de la clientèle internationale des hôtels de luxe, son origine remonte à la nuit des temps... Entouré d'érudits, de critiques et de danseuses créatives et lucides (Leïla Haddad, Fifi Abdou, Nagwa Foved), Moktar Ladjimi retrace cette histoire et l'illustre de nombreux extraits de films. Sacrée dans l'ancienne Egypte, cette danse dont Salomé est la figure centrale, inspira fortement Hollywood durant les années 1920 et 1930 : de Ruth Saint-Denis, Marlène Dietrich, Rita Hayworth, à Loïe Fuller dont l'usage intensif des voiles deviendra la marque de fabrique hollywoodienne de la danse orientale. Dans les années 1950, retour à l'Egypte avec le succès des comédies musicales et l'art somptueux de Samia Ghamal aux bras interminables. Un demi-siècle plus tard, il semble bien que l'avenir de la danse orientale passe par le retour à ses sources.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Miroirs et contemplation

1994, 17', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Marie-Hélène Rebois
Chorégraphie : Catherine Golovine
Interprétation : Catherine Golovine
Production : Association Claire aujourd'hui, Arkadin, M.H. Rebois
Participation : CNC, Ministère de la culture

Seule dans le verger d'un monastère ou dans une chapelle aux fresques fantastiques, Catherine Golovine, transcendée par la foi, imagine une gestuelle toute entière dédiée à Dieu. L'exercice de la contemplation, geste-prière tout à la fois simple et subtil, circule ainsi d'un lieu à l'autre avec la fluidité du mouvement où l'esprit rejoint effectivement le corps. Si, dès le moyen âge, les danses sacrées ont peu à peu déserté les églises, le lien vivant entre la prière et le geste n'en continue pas moins d'exister. Pour le huit centième anniversaire de Sainte-Claire, fondatrice de l'ordre des Clarisses, ces dernières ont choisi la danse comme expression de la plénitude de leur vie contemplative. Séduite par le projet, Marie-Hélène Rebois filme Catherine Golovine dans les monastères de Voreppe et d'Assise. Ancienne danseuse classique, Catherine Golovine est une croyante fervente dont l'une des activités consiste à visiter les Clarisses dans leurs couvents et à les faire danser. Considérés par l'archevêché d'Avignon comme des prêtres laïques, Catherine Golovine et son mari ne se lassent pas de réintroduire le corps et la danse au coeur de la vie spirituelle.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

La montagne de la vérité

1996, 52', couleur, documentaire, sciences humaines & faits de société, VHS

Réalisation : Henry Colomer
Production : AMIP, La Sept-Arte, Pathé télévision, Périplus Ltd
Participation : Eurimages, CNC, Procirep

En lançant une vaste enquête sur la naissance du Mouvement pour la réforme de la vie dans l'Allemagne de la fin du XIXe, épisode occulté par les événements historiques qui suivirent, Henry Colomer retisse patiemment la toile socio-politique d'une époque. Il en dégage les motifs qui, sourdement, préparèrent l'avènement du nazisme et dont nous retrouvons des traits insistants dans la vague du "new age". L'efflorescence d'associations prônant le retour à la vie naturelle, marquées par des penchants libertaires et anarchistes, révèle des parcours d'irréductibles (Otto Kraus, Greizer, le prophète aux pieds nus, Musham, éditeur et écrivain) et séduit des personnalités comme Herman Hesse, tombé sous le charme de Greizer dont il s'inspire pour écrire "Damian", lors de sa découverte de la Montagne de la Vérité. Dans cette communauté fondée en Suisse italienne, Laban ouvrira son école... avant d'être nommé, plus tard, par Gobbels, maître du ballet du IIIe Reich. L'ambiguïté de ce terreau idéologique d'où émerge pourtant l'art contemporain, et notamment la danse, est patiemment mis à nu. Montage serré, archives remarquables (Mary Wigman dans "La Danse de la sorcière") et commentaire incisif font de ce film un document majeur.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Montalvo et l'enfant

1988, 74', noir et blanc, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Claude Mouriéras
Chorégraphie : Jean-Claude Gallotta
Musique : Arvo Pärt
Interprétation : Mathilde Altaraz, Marceline Bertolot, Christophe Delachaux, Michel Ducret, Jean-Claude Gallotta, Robert Seyfried
Production : La Sept, CDN productions, FR3, Groupe Emile Dubois, Cargo-MC Grenoble, SGGC, TNDI, Théâtre de la Ville (Paris), Ina
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

L'amitié tumultueuse entre l'enfant Valerio et Montalvo qui vit au bord d'une voie ferrée. Pandora, la plus jolie fille du quartier aime Roberto et Montalvo. Lors d'un repas pascal où tous se retrouvent en famille, un agneau élevé par l'enfant est tué par Montalvo. Le drame se confond avec celui du trio d'adultes se déchirant dans la nuit lourde d'une banlieue ferroviaire. Ce long métrage sans aucun dialogue est l'adaptation qu'a faite Claude Mouriéras du spectacle "Pandora" de Jean-Claude Gallotta. Le traitement de l'image et de la narration fait précisément référence au film néo-réaliste italien. La dynamique et l'esthétisme de chaque scène créent parfois un décalage entre la conception sophistiquée de la réalisation et la naïveté assumée, la simplicité apparente, de certains partis pris chorégraphiques.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Montpellier, le saut de l'ange

1993, 30', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Charles Picq
Production : Carnets Bagouet, La Sept-Arte, Arcanal, CGP, Agat films & cie

Le festival international Montpellier-Danse 93 fut tout entier sous le signe d'un hommage rendu à Dominique Bagouet, pendant dix ans, jusqu'à sa mort en décembre 1992, directeur du premier centre chorégraphique national, ouvert à Montpellier. En 1987, Dominique Bagouet avait ouvert ce festival par une création conçue avec le plasticien Christian Boltanski : "Le Saut de l'ange". Fondés quelques mois après sa disparition, les Carnets Bagouet ont décidé de transmettre l'oeuvre du chorégraphe. Régine Chopinot a ainsi fait entrer "Le Saut de l'ange" dans son répertoire en 1994. Mais le premier remontage du spectacle eu lieu l'été 93, avec presque tous les danseurs d'origine. Au fil des répétitions, Charles Picq interroge les danseurs sur la mémoire du corps et les difficultés qu'ils rencontrent lorsque cette mémoire achoppe. En contrepoint de ce travail de fidélité à l'oeuvre, Christian Boltanski parle du répertoire comme d'une partition que tout un chacun peut rejouer à sa façon : "Une forme, valide à un certain moment de son histoire et sa création, mais qui, si elle veut suivre le fil du temps, doit rester ouverte."
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

La mort de l'Empereur

1990, 48,' couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : François Porcile
Chorégraphie : Josef Nadj
Musique : György Szabados
Interprétation : Denes Debpei, Laszlo Hudi, Frédéric Lescure, Marion Mortureux, Josef Nadj, Kathleen Reynolds, York Sakony, Jozsef Saryari, Cécile Thieblemont
Production : Productions Cercle bleu, FR3, La Sept, Arcanal

Les esprits maléfiques des contes de l'ancienne Chine reprennent vie dans le rituel théâtral d'un imposteur, où tout est illusion, mystification, dédoublement, simulacre. Autour du faux empereur, un fou, une sainte, un médecin, un magicien tissent avec les courtisans la trame d'une chronique imaginaire hors du temps. A l'écran, l'univers de Nadj conserve son caractère vivant et pittoresque. Il n'existera jamais d'identité complète entre les idées et leurs éventuelles réalisations, l'homme n'étant capable de concevoir et de lutter que dans les limites de son esprit. Tandis que Dieu crée. Cette phrase, le chorégraphe la révèle par bribes dans de brèves mises en scène qui composent cet opéra gestuel pour neuf danseurs et onze musiciens, filmé en conditions de représentation et en son direct. Depuis "Canard pékinois" (1987), ce chorégraphe hongrois, qui fut danseur chez Mark Tompkins et Catherine Diverrès, invente des spectacles où se mêlent fables et souvenirs d'enfance. Une théâtralité de la résurgence, une mise en mouvement de la mémoire, empruntées aux maîtres de l'Europe centrale Kantor et Grotowski.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Mr. Bojangles'memory ; Og son of fire

1991, 2 x 8', couleur, fiction, théâtre, VHS

Conception : Robert Wilson
Réalisation : Robert Wilson
Production : studio Erevan, Artavazd Pelechian.

Deux versions d'une même évocation : le célèbre danseur de claquettes Mr. Bojangle, au Cotton Club de New York dans les années vingt. Elles ont été réalisées pour l'exposition "Mr. Bojangles'memory, Og son of fire" au Centre Georges Pompidou en 1991 dans cadre du festival d'Automne à Paris. Ce voyage dans les souvenirs de Mr. Bojangles met en relation des éléments hétérogènes qui forment un univers où l'on croise un aviateur, un enfant, une grosse femme qui joue à un drôle de base ball, une autre qui dérive dans l'espace, une autre encore qui fait des cauchemars. Un volcan crache son feu. Les échelles humaines sont détraquées. De minuscules comédiens dansent sur le chapeau de Mr. Bojangle. Robert Wilson joue sur divers registres. La musique, différente dans chacune des versions, sert de liant à l'ensemble.
Elisabeth Ramus
CNC - Images de la culture

Musiques au coeur
Maguy Marin, le pari de la rencontre

1999, 85', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : Eve Ruggieri
Réalisation : Luc Riolon
Production : 24 Images, France 2
Participation : CNC, Ministère des affaires étrangères, Ministère de la culture (DMDTS), Procirep

Un long et passionnant entretien avec Maguy Marin sert de fil conducteur à ce film séparé en chapitres distincts. Le titre sonne juste : il suffit d'écouter les paroles de la chorégraphe en conclusion de ce portrait pour s'en convaincre. "Je suis contente d'être fille d'émigrés. La perte d'appartenance, c'est important. Ce n'est qu'en perdant ses racines qu'on arrive à communiquer." Itinéraire d'une chorégraphe : l'apprentissage d'une danseuse classique, l'école Mudra de Béjart, la création du Ballet Théâtre avec Daniel Ambash en 1978 et celle de "May B." en 1981, l'installation au centre chorégraphique national de Créteil, l'apport de la musique et de la voix dans la composition chorégraphique avec l'arrivée de Denis Mariotte en 1990 et l'ouverture en 1999 d'un autre CCN, le premier du genre, dans une tour désaffectée de la banlieue lyonnaise, à Rilleux-la-Pape. "A la différence de Créteil, ici je m'associe au projet politique du maire, Jackie Darme, parce qu'il m'a semblé que le moment d'agir ensemble était arrivé." On attend, bien sûr, la suite de l'histoire, celle qui s'écrit en ce moment, à l'écart de toute publicité...
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Musiques au coeur
Suresnes cités danse

1999, 75', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : Eve Ruggieri
Réalisation : Luc Riolon
Production : 24 Images, F2, Théâtre J. Vilar de Suresnes
Participation : CNC, Ministère des affaires étrangères, Ministère de la culture (DMD)

Olivier Meyer, directeur du théâtre Jean Vilar à Suresnes, a invité pendant trois mois (deux mois de répétitions et un mois de représentations triomphales), cinq chorégraphes pour cinq créations autour du hip hop. Interviews, moments de travail et de spectacles retracent ces rencontres où chacun a trouvé de quoi enrichir sa propre création. Après avoir auditionné plus de deux cents jeunes, les chorégraphes Blanca Li, Régis Obadia, Farid Berki, Laura Scozzi et Karine Saporta ont composé leurs équipes. Ils ont puisé dans cette matière vivante que représente l'expression hip hop et l'ont étroitement mêlée à leur poésie, leur dramaturgie. "On prend les codes, on les retourne, on les transforme," dit Farid Berki. "On a fait un spectacle comme une robe découpée à leur mesure," dit encore Blanca Li. Et Karine Saporta affirme en souriant : "J'ai l'impression d'avoir toujours fait du hip hop !" Si les danseurs ont eu parfois du mal à confronter leur énergie à une gestuelle précise, calée sur une musique et dans l'espace scénique, chacun semble ravi de l'expérience : "Elle a gardé notre authenticité," dit l'un d'eux.
Marc Guiga
CNC - Images de la culture

Muurwerk

1987, 27', noir et blanc, fiction, danse, VHS

Réalisation : Wolfgang Kolb
Musique : Walter Hus
Interprétation : Roxane Huilmand
Production : Continental vidéo, Stichting Shaffytheater, VZW Schaamte

Dans une gestuelle et une écriture proches de celle d'Anne Teresa de Keersmaeker, Roxane Huilmand, ancienne danseuse de la compagnie Rosas, danse seule, dans une impasse sombre de Bruxelles. Piétinements, sauts, voltes, projections contre les murs lépreux : ses talents d'interprète transcendent toute la panoplie stylistique de la jeune danse belge des années 80.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Necesito - Pièce pour Grenade

1994, 58', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Dominique Bagouet
Musique : Gas Gas Gas
Interprétation : Rita Cioffi, Priscilla Danton, Matthieu Doze, Olivia Grandville, Dominique Jegou, Catherine Legrand, Sylvain Prunenec, Fabrice Ramalingom, Juan Manuel Vicente
Production : Agat films & cie, Carnets Bagouet, La Coursive, CGP
Participation : CNC (FASV), Adami, CR Languedoc-Roussillon, Maison de la danse de Lyon, La Sept-Arte

Doux clapotis des fontaines dans les patios, gravité et sensualité des chants arabo-andalous, humanité frondeuse du groupe Gas Gas Gas dont le guitariste, Sven Lava Polhammer, était déjà aux côtés de Bagouet pour "F. et Stein" au début des années 80. Filmé à l'initiative des Carnets Bagouet après la mort du chorégraphe, "Necesito" fut la dernière création de Dominique Bagouet. Inspirée par l'histoire de Grenade, la pièce renvoie aux premiers émois de Dominique, petit garçon, regardant émerveillé un spectacle de flamenco sur les ramblas de Barcelone. Les danseurs s'amusent et grimacent comme dans "Jours étranges", et déploient leur danse avec toute la sérénité de l'enfant qui s'applique et découvre l'univers des possibles. Si "Necesito" est l'un des plus beaux films de danse qui soit, c'est sans doute que Charles Picq a utilisé sa caméra comme s'il s'agissait de son propre regard, s'attardant, s'éloignant, s'approchant de la scène et, dialoguant pour finir, avec la chorégraphie, les danseurs et les musiciens. Restituant, autrement dit, le plaisir du spectacle vivant.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Le nerf du temps - Hommage à Valeska Gert

1991, 16', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Marc Guérini
Chorégraphie : Renate Pook
Musique : René Bastian
Interprétation : Renate Pook
Production : Apa, CGP
Participation : Ville de Strasbourg, CR Alsace, Acta, Ville de Schiltigheim, Ministère de la culture et de la communication (DMD, Drac Alsace), Adami

Coiffée d'un bonnet requin et ceinte d'un tutu gonflable, Renate Pook chante, danse et crie dans un lieu industriel désaffecté savamment éclairé. Ce long solo désarticulé, qui se veut provoquant et absurde, est conçu comme un hommage à Valeska Gert, excentrique danseuse allemande des années 20.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Never again

1989, 26', couleur, adaptation, danse, U-matic

Conception : Lloyd Newson
Réalisation : Bob Bentley
Chorégraphie : DV8
Musique : Dave Sinclair
Interprétation : Nigel Charnock, Ann Dewey, Wendy Houston, Russell Maliphant, Lloyd Newson, Michelle Richecoeur
Production : Songbird production, Holmes associates, Arts Council Films

La compagnie britannique DV8 a fondé sa démarche sur l'alliage de la danse et de la vidéo. Chaque spectacle est adapté pour la caméra, ce qui permet de modifier l'approche narrative, le déploiement du mouvement dans l'espace et le jeu des interprètes. "Never again" joue sur l'alternance entre les relations duelles, marquées par le conflit et l'attirance, et le groupe qui absorbe les individus. Le contact reste la plus belle obsession de DV8. Se toucher, se porter, se caresser, se laisser tomber, se faire mal, amortir les coups : la déclinaison est infinie. Le film débute sur un gros plan : le grain d'une peau emplit l'écran, puis une articulation, enfin une portion de corps privée de tête, privée de sexe. Ce pourrait être la peau d'un bébé, c'est celle d'un homme. Viendra une femme, puis un autre homme. Des couples, enfin, qui s'étreignent et se séparent. Motif récurrent : le verre brisé, coupant, symbolise la rupture, le désaccord. Filmé dans un environnement froid et désolé, un vaste immeuble abandonné, "Never again" donne au désespoir comme à l'amour une énergie fabuleuse. Pourtant l'équilibre n'est jamais convié : aussi harmonieux soit-il, le cristal se brise facilement.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Nicolas Le Riche, danseur étoile

1997, 94', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jérôme Laperrousaz
Production : Amor line, La Sept-Arte, Opéra national de Paris
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Procirep

A l'âge où les élèves de l'école de danse de l'Opéra de Paris sont le plus souvent sujets dans le choeur de ballet, Nicolas Le Riche fut nommé danseur étoile par Patrick Dupond, et Noureev l'avait déjà choisi à 18 ans pour danser Roméo dans son ballet "Roméo et Juliette". Le portrait esquissé par Jérôme Laperrousaz témoigne constamment de cette jeunesse extrême, fait plutôt rare parmi les étoiles. Immense, le visage lunaire et le sourire permanent, Nicolas le Riche évoque en vrac son amour de la danse et des artistes, sa peur devant les accidents successifs (double fracture d'une vertèbre, opération du genou) et la mise en danger de son avenir professionnel, le surmenage dû à un travail en continu et la difficulté de s'en protéger. Pour Roland Petit, Le Riche, c'est le nouveau Babilée, celui pour qui il avait créé le ballet de Cocteau, "Le Jeune Homme et la Mort". Lorsqu'il le découvre, il recrée entièrement pour lui le rôle du Jeune Homme. Une rencontre phare pour le danseur étoile qui cite encore, parmi ses "maîtres", John Neumeier et Mats Ek... Enfin, en cerise sur le gâteau, nous découvrons madame Masaka Aya, l'amie excentrique et fortunée de Rudolf Noureev et Nicolas Le Riche...
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

La Noce

1991, 8', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Joëlle Bouvier, Régis Obadia
Chorégraphie : Joëlle Bouvier, Régis Obadia
Musique : Armand Frydman
Interprétation : Lex Bohlmeijer, Fabrice Dasse, Bernadette Doneux, Eric Lamoureux, Xavier Lot, Elena Majnoni, Lidia Martin, Isabella Roncaglio
Production : La Sept, Arcanal, Ina, CR Haute-Normandie, Films Angle d'Ailes
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD), Sacem

Quatre jeunes femmes, bouche rouge et robe blanche, s'offrent à leur promis autour d'une longue table couverte d'un linceul écru. Leurs gestes s'accompagnent d'un halètement qui dramatise et colore le plaisir des étreintes d'une tonalité douloureuse. Des flammes s'élèvent, puis dans un silence mat et un clair-obscur théâtral, les mariées alanguies chutent en cascade dans les bras de leur époux. A peine plus long qu'un clip, ce film, construit sur l'opposition de moments emportés puis coulés et silencieux, est la troisième réalisation cinématographique de Joëlle Bouvier et Régis Obadia. Leur écriture, faite de séquences gestuelles répétitives, se prête parfaitement au format du film court et au montage serré qu'ils utilisent le plus souvent. Parmi de nombreuses récompenses, "La Noce", qui a été retenue dans la sélection officielle du festival de Cannes en 1991, a obtenu le grand prix de la mise en scène au FIFA en 1993 et le prix de la SACEM au festival de Villeurbanne.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Noces

1990, 27', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Patricia Desmortiers, Angelin Preljocaj
Chorégraphie : Angelin Preljocaj
Musique : Igor Stravinsky
Interprétation : Sylvia Bidegain, Magali Caillet, Choeur contemporain d'Aix en Provence, Hélène Desplat, Christophe Haleb, Philippe Madala, Roser Montello, Alvaro Morell, Xavier Nickler, Percussions de Strasbourg, Angelin Preljocaj, Florence Vitrac
Production : La Sept, KS visions, Cie Preljocaj, CGP
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

Danses de couples, toniques et mécaniques, réagissant aux accents de la partition de Stravinsky. Une version dynamique qui, si elle ne donne pas une lecture originale de l'oeuvre, rend ce classique du ballet accessible à tous les publics. "Noces" a été créé avec le choeur contemporain d'Aix-en-Provence et les Percussions de Strasbourg sous la direction de Roland Hayrabédian. Ce film, tout en plans larges, favorise les ensembles et met l'accent sur l'atout majeur de l'écriture d'Angelin Preljocaj : les canons et la virtuosité dans la rapidité d'exécution. Le ballet propose une vision critique des rapports entre hommes et femmes. Chaque danseuse possède son double en mariée de chiffon que les hommes manipulent sans circonspection.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Noé

1987, 28', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Jean Rabaté
Chorégraphie : Quentin Rouillier
Musique : René Aubry
Interprétation : Annie Carpenter, Florence-Ariane d'Hellier, Julien Le Hoangan, Thierry Massin, Jean-Claude Pellaton, Catherine Renouf, Quentin Rouillier, Florence Vitrac
Production : Com-média
Participation : Cie Quentin Rouillier (CCN Caen, Basse-Normandie), Impro, Arcanal, IDAI production, Transatlantique vidéo, Ministère de la culture (DMD, Drac Basse-Normandie), Odac Calvados

Recréation pour l'écran d'un ballet sur le mythe de l'arche de Noé. Des plans tournés en extérieur sur les plages de Blainville sont juxtaposés à des extraits du spectacle dans le décor d'origine. De doux unissons sont ponctués de solos ou de duos. La gestuelle fait souvent appel à une énergie très conduite, dans un souci majeur de plasticité des corps. Après avoir dansé au théâtre du Silence avec Jacques Garnier et Brigitte Lefèvre à La Rochelle, Quentin Rouillier fut directeur du centre chorégraphique national de Caen, puis inspecteur général au Ministère de la culture (DMD). Depuis 1990, il dirige l'enseignement de la danse contemporaine au conservatoire national de musique et de danse de Paris à La Villette.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Noëlla Pontois, portrait d'une femme

1996, 49', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Chantal Malenfant, Gilles Sandoz
Interprétation : Noëlla Pontois
Production : Agat films & Cie, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la francophonie (DMD), Ministère de la jeunesse et des sports

Noëlla Pontois, la danseuse classique par excellence : cet adage est décliné sur tous les tons par les amis, professeurs et chorégraphes qui se livrent au difficile exercice de l'hommage admiratif. Les informations concernant la carrière de cette danseuse étoile, sans doute la plus grande de ce siècle, proviennent de Noëlla Pontois elle-même et de sa fille Miteki Kodo, également danseuse. La danse a été mon moteur et ma raison de vivre, annonce d'emblée Noëlla Pontois, qui se consacre maintenant à l'enseignement de la danse classique. Comme pour confier un secret, elle ajoute que la danse l'occupant à 80%, elle a consacré le reste de son temps à la découverte de la littérature et la peinture. Dans son atelier, le peintre Paul Collomb évoque les années 50 au milieu des nombreux tableaux qu'il a fait d'elle. Le film témoigne également des relations privilégiées qu'eut Noëlla Pontois avec Rudolf Noureev de 1968 à 1992. Il vous amenait à "sortir de vous", rappelle-t-elle, et imposa à toute une nouvelle génération, sa façon de danser fondée sur la qualité de l'interprétation et non plus sur la virtuosité.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Notre-Dame de Paris

1996, 86', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : André Flédérick
Chorégraphie : Roland Petit
Musique : Maurice Jarre
Interprétation : David Garforth, Isabelle Guérin, Laurent Hillaire, Nicolas Le Riche, Manuel Legris
Production : Telmondis, Opéra national de Paris, France 2
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Plan action 16/9 de la CEE

Il est évidemment fort tentant de chorégraphier l'oeuvre de Victor Hugo, opposant la beauté plastique d'Esméralda et de Phoebus à la déformation physique de Quasimodo et morale de Frollo. De là à en faire une parabole sur l'évolution du ballet classique à la danse moderne, il n'y avait qu'un pas, franchi allègrement par Roland Petit avec les danseurs de l'Opéra national de Paris. Les mouvements du choeur ne sont pas sans rappeler la gestuelle, jugée scandaleuse à l'époque, de Nijinski : saccadés et rapides, ils font écho aux déplacements dissymétriques de Quasimodo (Nicolas Le Riche), et contrastent avec l'écriture classique des autres figures de "Notre-Dame de Paris" : la grâce d'Esméralda (Isabelle Guérin) et de Phoebus (Manuel Legris) et la suffisance de Frollo (Laurent Hilaire). Le décor, conçu d'après René Allio, joue sur le gigantisme du lieu et son écrasante autorité sur le peuple. Aucune intimité ne peut y naître ; aussi, André Flédérick privilégie les plans larges et ne s'autorise que quelques gros plans lors des duos ou des solos des danseurs étoiles. Une captation de ballet dans l'acception la plus simple et la plus fidèle du terme.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Nuit de Chine

1987, 30', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Claude Mouriéras
Chorégraphie : Mathilde Monnier, Jean-François Duroure
Interprétation : Fabrice Dasse, Herman Diephuis, Jean-François Duroure, Joël Luecht, Elena Majnoni, Mathilde Monnier, Mme Pham Tai Tasteyre Cham, Loïc Touzé, Mme Tran Thi Chang
Production : CNDC Angers, La Sept, Arcanal, De Hexe production, le Cargo-MC Grenoble, CDN productions
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Etranges allées et venues dans une pension tenue par deux vieilles asiatiques bouddhistes : le cuisinier récalcitrant drague la chambrière désoeuvrée en allant chercher des crabes dans le grenier ; un homme traqué, après de sensuels échanges avec un garçon torse nu, échoue à l'étage et meurt ; une cliente immobile dérange, par son silence, les habitudes de la maisonnée qui danse devant elle... Claude Mouriéras aime prendre des libertés avec les spectacles qu'il adapte pour l'écran. De "Mort de rire", la pièce loufoque et cynique du couple Monnier-Duroure, il ne reste que quelques danses au sol chaloupées, des portés burlesques et une ambiance étirée où l'ennui fait figure de style. Pourtant, aussi éloigné du spectacle que puisse paraître le film, chaque image est un embryon d'histoire ; une narration virtuelle se glisse entre chaque plan et le court métrage, tout comme la pièce, avance par associations d'idées gestuelles. "Mort de rire" est la dernière chorégraphie que Mathilde Monnier et Jean-François Duroure composèrent ensemble. Depuis, ils ont chacun leur compagnie.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

La nuit partagée

1994, 68', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Philippe Larue
Chorégraphie : Jean-François Duroure
Réalisation : Philippe Larue
Production : Injam production
Participation : Caisse des dépôts et consignations, Procirep

Lors du festival d'Avignon 1993, Jean-François Duroure créait un diptyque composé de "L'Ephémère", un trio de danse contemporaine, et de "La Nuit partagée", une comédie musicale de break-dance et de rap. Le film de Philippe Larue se présente comme le carnet de bord de cette aventure vécue avec de jeunes danseurs non professionnels venus des banlieues proches de Paris. Ça commence par une bonne engueulade, une incompréhension réciproque manifeste : "Vous n'êtes pas un groupe, que des individus", grogne Duroure. "Au début, on ne l'aimait pas, on se foutait de sa gueule, admet plus tard l'un des danseurs. Maintenant, on le respecte. Dans ce qu'il fait, il touche." Tout est là, effectivement. Duroure a du faire ses preuves, comme danseur et comme meneur de groupe. Et ces jeunes danseurs amateurs ont dû apprendre à compter, à rester dans un rythme, à incarner un personnage et à le tenir, à exister dans le groupe et non pas contre lui. Plusieurs mois ont été nécessaires à cette transformation qui leur a permis d'élaborer de bout en bout (texte et chorégraphie) leur spectacle et au-delà, d'animer des stages de break-dance dans certains quartiers d'Avignon.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Les Ombres du péché

1991, 13', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Camille Guichard
Chorégraphie : Christine Bastin
Musique : Jean-Claude Wolff
Interprétation : Pascal Allio, Christine Bastin, Quatuor Razumowsky de Paris, Marie-Claude Vallin
Production : Terra luna films, Arcanal, Cie Christine Bastin, ARP
Participation : Ministère de la culture (DMD, DDF), Sacem, Ircam

Dans une salle de bain stylisée, un homme et une femme semblent prendre beaucoup de plaisir à se déchirer et à rejouer à l'envi des scènes d'étreinte ou de répulsion dans lesquelles un rasoir-couteau tient une place symbolique importante. Les enlacements, les gestes qui forcent le corps de l'autre et le plient sous l'autorité du désir, donnent l'occasion au réalisateur de s'attarder sur la plastique et la présence crue de Pascal Allio, blond énigmatique au regard transparent. L'orchestre, qui joue une partition originale de Jean-Claude Wolff, est inclus dans le décor comme le témoin immobile et pétrifié du déchirement entre les deux personnages.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Orphée, mettez-y du vôtre...

1992, 15', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Jean Rouzaud
Chorégraphie : Stéphanie Aubin
Musique : Nicolas Frize
Interprétation : Stéphanie Aubin, Dominique Brunet, Anne Collod, Mouss Iklil, Stéphanie Rapin, Stefan Singer
Production : Cie Larsen
Participation : CGP

Jeux de miroirs ouverts sur l'invisible. La caméra de Jean Rouzaud capte les silhouettes ondulant sur les murs, les petits carrés de lumière qui fragmentent les corps et détaillent la danse. Ce film restitue en beauté la magie du spectacle "Orphée, mettez-y du vôtre" et sa dimension métaphysique. Initiée à la danse contemporaine par des artistes américains tels Trisha Brown, Yvonne Rainer ou John Cage, Stéphanie Aubin ne conçoit son art que fondé sur une démarche expérimentale. Dans ce spectacle, la chorégraphe s'intéresse aux rapports entre images et cinéma, tout en s'interrogeant sur la défiance qu'elle éprouve vis-à-vis de l'image notamment lors de l'épisode de Timisoara en Roumanie et la chute des Ceaucescu. Stéphanie Aubin décida alors de travailler sur les images qui en disent le moins : "Je suis arrivée aux ombres, en jouant sur le trouble et l'écart entre la représentation des choses et la réalité."
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Outside in

1994, 14', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Margaret Williams
Chorégraphie : Victoria Marks
Musique : Steve Beresford
Interprétation : Helen Baggett, Celeste Dandeker, Jon French, Kuldip Singh-Barmi, Sue Smith, David Toole
Production : BBC, Arts council of England

Six visages d'hommes et de femmes, souriants, malicieux, s'échangent des baisers : le mouvement est continu, en boucle. Puis la caméra s'éloigne, découvrant les bustes, les corps de six personnages forts différents. L'un est amputé des deux jambes et se déplace sur ses mains avec une rapidité et une énergie déconcertantes ; deux autres sont en chaise roulante : tous ensemble dansent et rayonnent d'un tel bonheur de bouger qu'il est inévitablement contagieux. Une histoire d'amour : amour du mouvement, des autres, du rire, de l'herbe tendre dans le soleil matinal. Un film heureux et détonnant.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Le P'tit Bal

1993, 4', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Philippe Decouflé
Interprétation : Philippe Decouflé, Pascale Houbin
Musicien : Annie Lacour
Production : Oïbo, Téléma, Arcanal
Participation : Canal +, Ministère de la culture et de la francophonie (DMD)

Dans un champ d'herbes folles, sous un ciel blanc-gris, Philippe Decouflé et Pascale Houbin, accompagnés à l'accordéon, signent (parlent le langage des sourds) à leur façon "C'était bien", la chanson de Bourvil. Au langage des sourds se superpose toute une série d'interventions loufoques entre B.D. et rébus fantaisiste.. Des légumes variés tombent du ciel, d'autres chutes d'objets aux allures de hiéroglyphes sont censés illustrer les paroles de Bourvil. Un subtil travail d'accélération de l'image au montage permet de caler le temps de la chanson sur celui de la chorégraphie... Au total, quatre minutes de pur bonheur.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Parcelle de ciel

1987, 17', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Robert Cahen
Chorégraphie : Susan Buirge
Interprétation : Michel Barthome, Denis Detournay, Caroline Dudan, Gilles Estran, Sarah Llanas, Xavier Lot, Anne Nicol-Hypolite, Christine Roillet
Production : MCR productions, Ina, La Sept, Arcanal

Des corps irisés vibrent et se dilatent ; fugitives fumées, ils traversent un espace qui semble suspendu dans le vide. Bras et jambes vibrent comme des élytres, alors que les courses transforment chaque personnage en nuage lumineux. L'utilisation constante d'effets oscilloscopiques donne à la chorégraphie un caractère éthéré et poétise l'écriture abstraite et minimale de Susan Buirge. La caméra de Robert Cahen croise comme un lent météorite le groupe de danseurs réunis sur un plateau étroit. Une vision très personnelle d'une chorégraphie qui fut créée en 1986 et remontée plus tard pour la compagnie Dominique Bagouet.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Paris musette

1993, 58', couleur, documentaire, musique, VHS

Réalisation : Jean-Pierre Beaurenaut
Production : films du Village, La Sept-Arte
Participation : Ministère de la culture (DMD, DP)

Né sous le ciel de Paris qu'il fit danser pendant plus d'un demi-siècle, le musette est le mariage surprenant de la 'cabrette' ou musette des Auvergnats qui arrivèrent en masse vers 1880 et ouvrirent les premiers bistrots de Paris dans le quartier de la Bastille, et de l'accordéon autrichien que la vague d'immigration italienne du début du siècle apporta avec elle. La rencontre était inéluctable, elle eut lieu chez Bousca, le plus fameux des bals musette. Les bals musette connurent leur heure de gloire au moment du Front populaire, des seules grèves de l'histoire à se dérouler au son de l'accordéon, ce drôle d'instrument qui n'est jamais qu'un "harmonica dans une boîte avec des trous et des soupapes". Avec les premiers loisirs et congés payés, les bords de Marne prirent des allures de paradis perdu : les guinguettes étaient nées. Brève existence car le premier décret institué par la France occupée fut d'interdire les bals populaires. Après la guerre, le charme était rompu. Seule consolation : la chanson populaire fera de l'accordéon son instrument fétiche.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Angelin Preljocaj - Centre chorégraphique national d'Aix-en-Provence

1996, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Directeur du centre chorégraphique d'Aix-en-Provence depuis 96, Angelin Preljocaj développe un travail de répertoire qui mêle oeuvres classiques et création contemporaine. C'est sans doute pourquoi il a été sollicité à plusieurs reprises par différentes compagnies de ballet et notamment par l'Opéra de Paris. Ce processus a des répercussions dans sa gestuelle qui lie ces deux types de langage avec un style oscillant entre fiction et abstraction. Des décors dessinés par Enki Bilal, des miradors et des bandes armées, c'est dans cet univers sanglé, violent et glacial qu'Angelin Preljocaj imagine "Roméo et Juliette". Le chorégraphe explique comment il recourt indifféremment à la danse classique ou contemporaine qu'il travaille selon la facture qu'il souhaite obtenir. Puis, il revient sur l'utilité de la transmission, ce devoir de mémoire qui tient à distance la barbarie. Dynamique, architecture corporelle, lois physiques sont autant d'autres éléments présents dans sa réflexion. Pour Angelin Preljocaj, les questions de rythme, d'énergie, de vitesse sont aussi une façon de transformer les émotions et les énergies afin de redéployer son propos sur scène de la manière la plus directe possible.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Catherine Diverrès - Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne

1996, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production,Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Danseuse de l'ineffable, chorégraphe de l'intranquillité, Catherine Diverrès travaille sur les extrêmes et les contradictions. Chez elle, la qualité de la danse tient à une rare conscience du temps. Gravité et tension font de ses pièces des oeuvres fortes et dérangeantes qui allient abstraction et théâtralité. Dès ses débuts avec Bernardo Montet, la directrice du centre chorégraphique de Rennes a créé sa "lande" : une écriture incisive faite d'élans, de désirs et d'abandons, une conception du vide qui donne à sa danse une dimension tellurique. Ses pièces, souvent inspirées par des textes philosophiques, littéraires ou poétiques, sont imprégnées d'un sentiment tragique de l'existence. "Fruits" s'inscrit dans cette continuité. Pièce de guerre, elle se déroule sur un sol carbonisé, avec une immense grille barrant le plateau. Dans cet espace désertique, comme marqué de traces de bombardements, la chorégraphe interroge la notion de territoire. Elle expose la danse à la cruauté du monde, miroir où viennent se heurter les corps des interprètes lors de séquences chorégraphiques portées par un souffle lyrique.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Charles Cré-Ange, compagnie Cré-Ange

1997, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Scientifique de formation, Charles Cré-Ange, élabore son propos chorégraphique selon une réflexion sur les figures géométriques et la scénographie. Depuis ses débuts dans les années 80, son travail mêle danse et théâtre et, progressivement, a favorisé l'abstraction. Expression, intensité, plénitude du mouvement caractérisent sa danse faite d'élans et de déséquilibres. Une façon d'occuper l'espace sans esprit de conquête. Movies est une composition où solos, duos, ensembles viennent éclore en une floraison de gestes qui semblent découpés dans un décor de glace. Espace neutre du cadre de scène essentiellement sculpté par les lumières. Pour cette création, Charles Cré-Ange a parié sur les rencontres et, suivant son désir de se confronter à des univers différents, il a travaillé avec des danseurs du Ballet de l'Opéra national de Finlande. "La forme révèle des choses qui nous révèlent," explique-t-il en fixant la caméra. Des phrases gestuelles courtes, des séquences réécrites à l'envers et un langage musical sont les éléments constitutifs de son écriture. Triangles, carrés, lignes, le mouvement est étudié du point de vue de la mobilité et de la rigueur afin de fixer des limites au délire et de travailler sur la matière : vitesse, accélération.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Claude Brumachon - Centre chorégraphique national de Nantes

1998, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Chorégraphe prolifique, Claude Brumachon a développé son travail en cherchant à révéler la profondeur de la danse, la justesse du mouvement. Directeur du centre chorégraphique de Nantes depuis 1992, il a plus d'une trentaine de pièces à son actif. Avec une esthétique très recherchée, il développe une danse fougueuse, sorte de dynamique du désir, très axée sur l'émotion du geste qui, pour lui, reste irremplaçable. "Humain, dites-vous" se déroule dans un univers baroque qui évoque à la fois Shakespeare et Greenaway. Dans cette pièce créée en 1998, Claude Brumachon plonge les danseurs au coeur des passions humaines et de leurs intrigues. Scènes de groupe où les torses se cambrent et dénoncent, bras et doigts tendus à l'unisson, où chacun est entraîné comme vers une sorte d'excès. Tumulte des désirs dont les corps témoignent avec une énergie sans faille. En compagnie de Benjamin Lamarche, danseur avec qui il collabore depuis ses débuts, le chorégraphe évoque sa façon de travailler, la relation mystérieuse entre la danse et le public, la matière organique qu'il structure mais aussi l'impalpable, "ce propre de la danse qui est de suggérer".
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
François Raffinot - Centre chorégraphique national du Havre

1996, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

François Raffinot a dirigé le centre chorégraphique du Havre pendant six ans, période où il a intensifié sa recherche autour de la musique contemporaine et du corps. Depuis ce documentaire, il a ouvert en 1999 le département chorégraphique de l'Ircam, espace qu'il investit avec l'intention d'explorer les enjeux de la création musicale et chorégraphique. La création naît des moments d'écoute du monde et des oeuvres, explique François Raffinot, avant de décrire sa façon de procéder pour le projet en deux volets "Sin arrimo y con arrimo" (1995). Quatre femmes vêtues de couleurs vives sont assises sur une toile peinte au sol. La question "comment vient-on à la danse ?" permet au chorégraphe d'évoquer un parcours singulier qui est passé par la recherche des danses anciennes et le répertoire baroque. Entretenant une forte relation à la musique, son travail très écrit laisse l'interprète donner une mobilité, une vie à l'écriture. C'est dans cet esprit qu'il cherche à ouvrir une voie où la danse, confrontée au caractère de la musique, puisse se radicaliser, prendre sens et relief.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Jean-Claude Gallotta - Centre chorégraphique national de Grenoble

1996, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Jean-Claude Gallotta a rencontré la danse un peu par hasard. Au fil du temps, réunissant danseurs, comédiens, compositeur et scénographe, il a créé ses propres mythologies et développé un univers où la danse occupe une place prépondérante. Abstraite, elle reste un jeu proche de l'enfance qui permet toutes les inventions. A l'occasion de la reprise de "Docteur Labus", ce "médecin de l'amour" imaginé en 1988, le chorégraphe revient sur la genèse de la pièce et l'invention de son titre : le spectacle est composé de quatre duos qui décrivent l'état des corps amoureux, leur "musique" et leur vie aventureuse. Gallotta expose sa conception de la danse et en situe les enjeux autour des secrets et des peurs du corps. Une fois ouvert ce champ aux combinaisons infinies (l'intime, les émois, la passion, la solitude et le collectif), il lui faut trouver des comparses et agencer son propos de manière à ce que chacune de ses pièces agisse comme un catalyseur de rêves. Ce qu'il tente aujourd'hui en travaillant avec de nouveaux interprètes.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Joëlle Bouvier, Régis Obadia - Centre national de danse contemporaine d'Angers - L'Esquisse

1997, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Depuis leur premier duo, en 1980, jusqu'en 1999, Joëlle Bouvier et Régis Obadia ont travaillé en tandem. Leur recherche s'appuie sur une exploration de l'intime et se déploie dans un monde onirique où les corps sont irradiés de forts états émotionnels. Flexions profondes, chutes au ralentis, étreintes sont des figures récurrentes de leur danse. Des danses charnelles, sensuelles, passionnées innervent la chorégraphie des "Chiens". On y reconnaît d'emblée l'univers et le style que Bouvier-Obadia ont développé depuis leurs débuts. Revenant sur leur parcours, les deux chorégraphes décrivent une démarche qui ne procède d'aucune méthode particulière sinon d'une forme d'intimité et de curiosité envers d'autres disciplines artistiques comme le cinéma ou la peinture. Ils racontent comment, au travers de chocs émotionnels ressentis au contact d'autres oeuvres artistiques comme les toiles de Bacon ou les pièces de Pina Bausch, ils ont peu à peu élaboré leur langage chorégraphique, réalisant aussi des films, et comment, désormais à la direction du centre national de danse contemporaine d'Angers, ils ont abordé la pédagogie.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Josef Nadj - Centre chorégraphique national d'Orléans

1997, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Plasticien, chorégraphe ou metteur en scène, Josef Nadj est avant tout un grand créateur d'images. Riche des fables de son village natal de Voïvodine, aux confins de la Hongrie et de la Yougoslavie, il sait se faire conteur pour développer un monde poétique oscillant entre rêve et cauchemar, avec une prédilection pour l'humour et les situations absurdes. Depuis "Canard pékinois", sa première pièce créée en 1987, Josef Nadj met en scène des hommes étranges, vêtus de costumes et chapeaux noirs, et des femmes énigmatiques et évanescentes qui sont la proie de délires burlesques et de métamorphoses où les corps et les objets se confondent. A la recherche d'un langage de signes, le chorégraphe place le mystère de l'homme au centre de ses préoccupations. Il compare sa démarche à celle d'un artisan, vouée à la simplicité du geste et à l'ouvrage quotidien. Dans "Les Commentaires d'Habacuc", il confronte son univers à l'écriture de Samuel Beckett. Sobriété des images et musicalité des gestes des interprètes qui glissent en silence sur des palissades en bois, rendent hommage à l'auteur de "Fin de partie".
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Karine Saporta - Centre chorégraphique national de Caen

1997, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Femme d'images, Karine Saporta participe à la nouvelle danse des années 80 avec des pièces fortes, voire violentes, qui sont autant de tableaux baroques exaltant les corps et les états extrêmes. Au fil du temps, maniant vertige, répétition du mouvement avec des effets hypnotiques, la chorégraphe a fait de sa gestuelle une mécanique légère, dissertant avec acuité sur l'art et le féminin. Pour "Les Manèges du ciel", Karine Saporta imagine une représentation du ballet romantique afin de questionner le corps et la situation faite aux femmes depuis le XIXe siècle jusqu'aux mouvements féministes. Sur scène, des tutus roses et un maître de ballet. Silhouettes cambrées, les jeunes filles sont comme corsetées par la sévérité des codes. Elles ont aussi des rébellions enfantines : "Parce que les règles vous dérangent, on se révolte", explique la chorégraphe. Une désobéissance dont elle fait l'un des éléments moteurs de son travail. Au quotidien, elle préfère le merveilleux et décrit comment son désir de relier la danse au monde la porte à réaliser des pièces qui réinterrogent des pans de l'histoire ou de l'art en Occident.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Maguy Marin, chorégraphe

1996, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Figure emblématique de la danse contemporaine des années 1980 depuis le célèbre "May B" créé en 81 d'après l'oeuvre de Samuel Beckett, Maguy Marin s'est vite taillé une réputation internationale. En 89, elle devient directrice du centre chorégraphique de Créteil, qu'elle quitte en 98 pour s'installer à Rilleux-la-Pape, dans la banlieue lyonnaise, avec le désir de développer son travail artistique en restant proche de ses convictions sociales. Pièce ludique et dynamique créée en 1996, "Ramdam" annonce ce changement de posture artistique. Des hommes en stricts costumes de ville et des femmes en petits tailleurs Chanel se déplacent en saccades. Rencontres chaotiques d'individus anonymes dont les corps sont pressés, disloqués par les cadences quotidiennes du monde du travail. Ici, la danse jaillit des convulsions de la vie urbaine, scandée par les mots de tous les jours. Fidèle à ses engagements, Maguy Marin évoque son parcours de chorégraphe avec des propos simples et directs. La précision chirurgicale des gestes, le travail sur le rythme et la voix sont associés à la mise en jeu de préoccupations relatives à l'exclusion et à la possibilité de vivre ensemble.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Maryse Delente - Centre chorégraphique national de Roubaix

1998, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Après avoir dirigé sa propre compagnie qui ne comportait alors que des danseuses, Maryse Delente devient, en 1995, directrice du Ballet du Nord installé à Roubaix. Depuis, elle mène de front créations et ouvres de répertoire, modelant son travail avec une gestuelle ample et vive qui marie langage classique et moderne. Ses pièces racontent des histoires, mais sans narration. Les sentiments de la vie, ses thèmes de prédilection, s'expriment au travers des corps et de l'image. Pour "Nous n'irons plus au bois", pièce créée en 1998, Maryse Delente imagine un espace entièrement bleu. Comme dans un rêve, un groupe de danseurs vêtus de longs manteaux et de bonnets, court, marche, s'arrête, se disloque. Puis, le mouvement emporte trois femmes comme une vague dans la nuit. Sans cesse, elles se dégagent, retrouvent leur danse et à nouveau disparaissent. Ces images oniriques sont inspirées par la musique. La chorégraphe les adapte ensuite à la scène, dans un espace vide qui laisse la place à l'imaginaire, avec les lumières pour seule architecture. Pour elle, il n'y a rien de plus fort que l'humain et le sens primitif de la danse.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Mathilde Monnier - Centre chorégraphique national de Montpellier

1998, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Directrice du centre chorégraphique national de Montpellier, Mathilde Monnier développe des projets qui lient activement le politique et l'artistique. Menant en parallèle à ses créations des ateliers destinés à des personnes autistes, développant des échanges avec l'Afrique, elle reste avant tout une chorégraphe à l'écoute des questions de son temps, qui renouvelle sans cesse son langage et la forme de ses créations. "Les lieux de là" ont été créés en trois étapes. Entre deux parois de carton, les danseurs roulent au sol avant de se rejoindre petit à petit pour d'autres danses sur les musiques d'Heiner Goebbels. Mathilde Monnier a choisi de chorégraphier les masses, les rapports de groupe en fonction du corps et des relations entre les danseurs. Evoquant son parcours, la chorégraphe revient sur une intuition qui la guide depuis ses débuts. Détachée de ses premières oeuvres et de la conception de pièces qui se développent dans l'image, comme c'était le cas dans les années 80, elle explique être revenue à son sentiment premier : les corps parlent de notre époque. Pour elle, la danse contemporaine est une "vision du monde" et, en même temps, un "fonctionnement en acte" dont les enjeux artistiques débordent le cadre de scène.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Odile Duboc - Centre chorégraphique national de Franche-Comté

1997, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Une vingtaine d'années consacrées à la création ont fait d'Odile Duboc une figure incontournable de la danse française aujourd'hui. Développant une gestuelle fondée sur la musicalité des corps, son propos chorégraphique est porté par le désir de stimuler l'imaginaire de chaque spectateur. Assise, suivant du regard les gestes de ses interprètes, Odile Duboc transmet sa conception d'une abstraction habitée, pleine d'humanité. A la tête du centre chorégraphique national de Franche-Comté depuis 1990, elle continue à élaborer une écriture ciselée, toute en suggestions. Son "Trois Boléros" s'appuie sur la célèbre pièce de Ravel pour en proposer trois versions chorégraphiques : des danses apprises comme des "brins d'histoire" en évolution ; un duo travaillé sur la mémoire d'une rencontre ; et enfin une composition pour une vingtaine de danseurs qui dessine l'aventure d'une communauté. Odile Duboc se dit avant tout amoureuse du mouvement. Sentiment partagé avec ses danseurs, que l'on retrouve en répétition.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Philippe Decouflé, compagnie DCA

1998, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Venu à la danse par hasard en passant par le cirque et le mime, Philippe Decouflé est passé maître dans l'art des mélanges. Chorégraphe touche-à-tout, réalisateur, il dit aimer avant tout le travail d'équipe, les aventures artistiques, l'inachevé, la fragilité. Son langage s'affirme au travers d'une écriture qui met en relation l'image et les corps. Il témoigne ici de son attachement au plaisir du jeu et de son goût pour les formes populaires. Installé dans une baraque de fête foraine, Philippe Decouflé raconte son parcours, sa passion pour le spectacle et l'image. De temps en temps, la caméra abandonne le chorégraphe pour accompagner le public dans ses explorations : une installation d'objets ludiques et poétiques comme seuls le chorégraphe et ses complices savent les inventer. Puis elle revient à la scène et suit le mouvement courbe des équilibristes qui dansent au sol sur des fanfares de cirque, capte les ondulations de femmes avec de petites lumières sur la poitrine, qui évoluent comme des ombres chinoises. Ce sont les danses de "Triton", une pièce créée en 1986 que la compagnie DCA remonte avec bonheur.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Paroles de danse
Régine Chopinot - Centre chorégraphique national de La Rochelle/Poitou-Charentes

1998, 26', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Michel Plouchard
Production : Injam production, Paris première
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères

Excentrique à ses débuts, Régine Chopinot reste l'une des grandes figures de la danse des années 80. Directrice du Ballet Atlantique, la chorégraphe a par la suite ouvert son travail à des voies plus nuancées. Désormais sereine, sa danse a de multiples visages dont elle décline les facettes au travers du mouvement, entre extrême rigueur et accents de fantaisie. Sous les lumières jaunes, blanches, roses ou vertes, les danseurs ont la tête fleurie et organisent les gestes en de multiples compositions. Dans "Les Quatre Saisons", la danse sert le sujet et le corps est son outil. Ouvrir le corps à un goût, une qualité encore ignorée, est l'une des passions de la chorégraphe. Parlant beaucoup par images - qu'elle livre au spectateur comme aux danseurs -, Régine Chopinot exprime son sentiment primordial de la nature associée au champ perceptif comme moyen de connaissance. "Dans la danse, explique-t-elle, il n'y a pas à comprendre mais à ressentir." Evoquant nos sociétés au champ sensible de plus en plus réduit, elle insiste sur le véritable enjeu de la danse contemporaine qui se révèle comme une nécessité grâce à l'accès qu'il ouvre aux mystères du corps et de son langage.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Passeurs de danse

1998, 55', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Jean-Louis Sonzogni
Production : Local films, TNDI, Image plus, Grand Canal
Participation : Ministère de la culture (DMD)

De l'après-guerre aux années 60, de grands pédagogues et chorégraphes ont formé nombre de danseurs d'aujourd'hui. Christine Brunel, Marilen Breuker et Luc Petton ont demandé respectivement à Karin Waehner, Jacqueline Robinson et Dominique Dupuy de leur transmettre un de leurs solos. La transmission, le passage d'un corps à l'autre, sont filmés dans un entrelacement de dialogues, répétitions et documents d'archives. Ce film met en avant la signification et les enjeux de la transmission en danse, tout dessinant le portrait d'artistes. Fouillant dans leurs souvenirs, recherchant les sensations corporelles d'alors, chacun des chorégraphes redonne vie à sa danse dans un autre corps, selon des modalités différentes. Christine Brunel dans "L'oiseau qui n'existe pas" de Karine Waehner (1963), Marilen Breuker dans "Stèle", un hommage à Mary Wigman, de Jacqueline Robinson (1969), et Luc Petton dans "En vol" (1983) de Dominique Dupuy montrent à la fois la particularité du travail de chaque chorégraphe et ses filiations, notamment avec la danse expressionniste allemande de Mary Wigman.
Irène Filiberti
CNC - Images de la culture

Patrick Dupond, le talent insolent

1996, 68', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Luc Riolon
Interprétation : Patrick Dupond
Production : Welcome, France 2
Participation : Ministère de la culture (DMD)

Ce portrait de Patrick Dupond, danseur étoile qui fut successivement directeur du ballet de Nancy et de l'Opéra de Paris, rend compte des élans du danseur pour l'aventure contemporaine. Ponctué de nombreux témoignages, il met l'accent sur son talent ("le génie", dira Noureev) ainsi que sur sa générosité, qualité qui ne va pas toujours de pair avec le succès. A peine installé au Ballet de Nancy, Patrick Dupond chamboule les habitudes en invitant Daniel Larrieu et Thierry Malandain. Il n'hésitera pas à faire de même à l'Opéra de Paris. L'influence de Bob Wilson qui le dirige dans "Le Martyre de Saint-Sébastien" en 1988, n'est pas pour rien dans cet état d'esprit ; le film s'ouvre et se clôt sur le metteur en scène américain qui lui a aussi appris que l'immobilité est déjà du mouvement et que la virtuosité n'est pas plus méritante qu'un travail approfondi sur une posture simple telle la marche ou la station assise. Le documentaire suit les nombreux déplacements de ce danseur infatigable, qui fut aussi aux côtés d'Alain Delon, en 1990, dans le film "Dancing machine".
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Paysage après la bataille

1997, 72', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Denis Caïozzi
Chorégraphie : Angelin Preljocaj
Interprétation : José-Maria Alvès, Jean-Vincent Boudic, Julie Bour, Claire Burnet, Emilio Calcagno, Bérengère Chasseray, Célina Chaulvin, Nadine Comminges, Craig Dawson, Sébastien Durand, Friedrich Gehrig, Vinciane Gombrowicz, Sylvain Groud, Soleil Koster, Aurélie Lobin, Stéphane Loras, Nicolas Maye, Karine Mommessin, Loïc Noisette, Barbara Sarreau, Claudia de Smet, Emmanuel Soulhat, Gilles Veriepe
Production : Puma, Ballet Preljocaj, France supervision, CCN région Paca
Participation : Ministère de la culture (DMD), Festival d'Avignon 97

Créée au festival d'Avignon 97, cette chorégraphie d'Angelin Preljocaj a pour prétexte la transposition gestuelle d'un débat artistique opposant deux approches de la création : le versant instinctif, représenté par l'écrivain Joseph Conrad, et le versant intellectuel, prôné par Marcel Duchamp. Le spectacle démarre sur une ambiance surchauffée de fête où les langueurs de l'amour vont céder la place, dans un va-et-vient incessant, aux conflits et aux confrontations. D'énormes blocs recouverts de peluche rose ou orange accentuent le côté post-moderne de cette proposition où les citations abondent - notamment la retransmission d'une interview de Marcel Duchamp à la radio -, et où l'on retrouve atmosphères et gestes qui ont marqué la danse des années 80. Ce "Paysage après la bataille", tout empreint d'une esthétique tapageuse, offre de beaux moments de danse, les duos en particulier.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

La peau

1993, 8', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Gilles Moisset
Chorégraphie : Christian Bourigault
Musique : Armand Frydman
Interprétation : Christian Bourigault
Production : Bagheera, Arcanal
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la francophonie, Sacem

Ce film est conçu à partir du spectacle de Christian Bourigault "L'Auto-portrait de 1917 d'Egon Schiele", solo sereinement torturé qui captait de l'intérieur les tourments du peintre. Sur scène, Christian Bourigault se retrouvait face à lui-même, inspiré par les poses déstructurées du peintre expressionniste viennois, qui fut emprisonné pour pornographie et mourut de la grippe espagnole à l'âge de 28 ans. Gilles Moisset transpose le solo en multipliant les effets de miroir, poussant le principe jusqu'à fondre par des effets vidéos ('morphing' notamment) le danseur et son double. Ce faisant, il s'éloigne du caractère introspectif de la danse qui peine à quitter le corps pour habiter l'espace.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Petite mort

1996, 18', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Hans Hulscher
Chorégraphie : Jiri Kylian
Musique : Wolfgang Amadeus Mozart
Interprétation : Lorraine Blouin, Jorma Elo, Nancy Euverinck, Johan Inger, Cora Kroese, Sol Leon, Paul Lightfoot, Fiona Lummis, Martin Müller, Miguel Rodriguez, Elke Schepers, Stefan Zeromski
Production : NPS, NDT, RM Arts

Quand Eros provoque Thanatos... Avant que les concertos n°21 et 23 de Mozart viennent magnifier le pouvoir supérieur du plaisir, seul le fil des épées manipulées par un groupe d'hommes déchire le silence. L'arrivée des femmes ne se limite pas à l'évocation du repos du guerrier. La guerre des sexes s'en mêle, mais la symétrie de la chorégraphie de Jiri Kylian semble les traiter avec égalité. Egalité d'enjeu, de comportement : seule la forme change et tente d'atténuer le spectre de la mort. Au groupe se substitue bientôt la formation de couples qui se succèdent sur le plateau, menés, comme il se doit, par l'élément féminin. Des duos aux physionomies changeantes qui doivent beaucoup aux interprètes de Jiri Kylian : souples, arrondies ou cassantes et anguleuses, les danseuses transfigurent joliment les grimaces de mort en étreintes apaisées. Hans Huschler a opté pour une captation simple du ballet du Netherlands Dance Theatre : un cadrage frontal où s'enchaînent des plans fixes dont la seule variation provient de l'éclairage. Violente d'abord, la lumière se tamise à mesure que la danse l'emporte sur la lutte, aidée par la musique... car ne dit-on pas qu'elle adoucit les moeurs ?
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Plaisir d'offrir

1989, 22', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Michel Kelemenis
Musique : Gilles Grand
Interprétation : Priscilla Danton, Michel Kelemenis
Production : Plaisir d'offrir

Pièce-manifeste, film témoin : dans "Plaisir d'offrir", Michel Kelemenis ne craint pas de faire la synthèse entre l'influence manifeste de Dominique Bagouet, dont il fut longtemps l'interprète et la mise à jour de ses propres sources d'inspiration. Dansé par Priscilla Danton et Michel Kelemenis, filmé au plus près par Charles Picq, ce duo dévoile l'émergence d'une gestuelle propre au chorégraphe, attiré par le goût de l'ornementation et du maniérisme. Tentation traduite visuellement par la découpe des corps à l'intérieur de l'écran, qui s'attarde sur des motifs, des détails, et donne presque l'illusion d'une danse au pochoir.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Planète Bagouet

1994, 90', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Dominique Bagouet
Production : Agat films & cie, Carnets Bagouet, CGP
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la francophonie (DMD), CR Languedoc-Roussillon, Maison de la danse (Lyon), Ministère des affaires étrangères, La Sept-Arte

Classique dans la forme, ce documentaire est à la hauteur de son ambition : questionner la danse contemporaine, son présent et sa mémoire, dans le sillage d'un homme qui cherchait à trouver "l'âme du mouvement et la grandeur du petit geste". Plus qu'un portrait, ce film tente de saisir la portée de l'oeuvre de Dominique Bagouet. Il le fait en évoquant le travail du chorégraphe, ses rapports avec les interprètes et son installation au début des années 80 au centre chorégraphique de Montpellier qui fut le premier à s'ouvrir en France. L'enseignement qu'il y dispensa ne fut pas la moindre de ses actions. Tourné lors du festival de Montpellier 1993, quelques mois après la mort du chorégraphe et quelques semaines avant la dissolution de sa compagnie, le film donne la parole aux danseurs et aux fidèles de son équipe (Christine Lemoigne, Alain Neddam, Sven Lava Polhammer...) dans un ultime hommage qui fut le fil conducteur de l'ensemble du festival.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

La planète Decouflé

1998, 70', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : Philippe Decouflé, François Roussillon
Réalisation : François Roussillon
Production : François Roussillon & associés, Oïbo, La Sept-Arte, France 3, NVC Arts
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Procirep

On saute dans cette "Planète Decouflé" de François Roussillon comme dans un tableau de Mary Poppins, avec la même confiance dans les propositions saugrenues offertes à la dégustation. Derrière l'image débridée d'un artiste incroyablement populaire, notre chorégraphe ne cesse de tenir à distance la désespérance du monde en bricolant des prototypes poétiques qui épuisent la tristesse. Tout le film agit de cette manière, en contrepoints répétés à l'image qui lui colle à la peau depuis sa mise en scène des cérémonies d'ouverture et de clôture des jeux olympiques d'Albertville en 1992. La danse de Decouflé doit beaucoup au cirque où il fit ses classes et à l'enseignement d'Alwin Nikolaïs, dont il retient l'étendue de la composition visuelle et chorégraphique à tous les paramètres d'un spectacle. Autre élément essentiel dans son univers : les costumes-objets de Guillotel qui détournent le corps de sa mobilité habituelle et en font le support vivant de formes imaginaires. Ces illusions d'optique en chair et en os se fondent à merveille dans la créativité du chorégraphe, Professeur Tournesol de la danse, qui débusque et met en scène les relations fantasques entre le mécanique et le vivant.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Pour Antigone, quatre portraits

1992, 25', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Mathilde Monnier, Valérie Urréa
Chorégraphie : Mathilde Monnier
Musique : Christophe Séchet
Interprétation : Germana Civera, Christian Deric, Patrice Gasmi, Jean-Claude Laurenço, Daniel Marchodon, Mathilde Monnier, Claude Porta, Félix Ruckert, Bruno de Saint-Chaffray, Marc Vincent
Production : Vidéo 13, De Hexe
Participation : TNDI, Ministère de l'éducation nationale et de la culture (DMD)

Solo virevoltant du devin Tirésias devant une toile peinte de nuages. Dans une carrière lumineuse marquée par les cicatrices de la taille, Antigone développe quelques phrases gestuelles anguleuses. Puis un Créon moderne mesure son corps devant une table miroitante. Enfin un choeur d'hommes et de femmes scrute, avant de se mettre en marche, un événement invisible. Cette variation autour d'Antigone repose sur quatre portraits distincts des principaux acteurs de la tragédie. La réalisatrice et la chorégraphe se sont intéressées aux caractères des héros antiques, délaissant toutes actions. Ce sont les motivations intérieures qui sont mises en scène en de courtes saynètes, tantôt poétiques, tantôt grinçantes, comme cette caricature de Créon en homme politique à plusieurs visages. Ce film fait partie d'un vaste projet comprenant plusieurs volets (voyage, spectacle, texte et film), entrepris par Mathilde Monnier et sa compagnie.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Pour saluer Etienne Decroux

1992, 58', couleur, documentaire, théâtre, VHS

Réalisation : Jean-Claude Bonfanti
Production : Atmosphère communication, France 3

C'est dans les années 20, à l'école de Jacques Copeau qui jouxtait le théâtre du Vieux-Colombier, que le jeune Etienne Decroux découvre le mime alors enseigné par une jeune fille à la fois élève et maître d'art corporel, mademoiselle Copeau, désormais connue sous le nom de Marie-Hélène Dasté. Le choc sera tel que Decroux consacrera sa vie au mime. Ce portrait alterne des archives montrant Etienne Decroux enseigner son art avec une gravité et une passion qui en font tout le sel et des interventions de ses élèves qui témoignent de ce qui fut son but : doter la pantomime d'une grammaire, à l'égal du langage et de la danse. Marcel Marceau, Raymond Devos, Corinne Soum et Steven Watson (Cie le Théâtre de l'Ange fou) qui furent ses assistants, rappellent l'influence qu'exerça sur lui la danse expressionniste allemande, de Mary Wigman à Kurt Joos, la danse américaine, Isadora Duncan en tête, la sculpture antique et moderne, celle de Rodin particulièrement. N'est-ce pas lui qui disait : "C'est assez extraordinaire de penser qu'un comédien qui se produit devant des milliers de personnes a travaillé sa voix, mais pas son corps. C'est une infirmité ! "
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Le Pré de Mme Carle

1988, 21', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Norbert Corsino
Chorégraphie : Nicole Corsino
Musique : Jacques Diennet
Interprétation : Elise Argaud, Nicole Corsino, Norbert Corsino, Aurélie Corsino, Marion Delpierre, Fabienne Donati, Anaïs Lossi
Production : N+N Corsino, TNDI, Danse 34 productions
Participation : CR Paca, Préfecture de la région Paca, ORC, Datar, Ville de Marseille (OMC)

Pendant qu'un couple se croise de façon intermittente dans des lieux choisis pour leur gigantisme et leur caractère spectaculaire (saline, carrière, aérodrome), quatre jeunes filles vêtues de tulle jouent avec des carrés de gazon synthétique. Ponctuant ces petites variations chorégraphiques, un pré en image de synthèse ondule sous les couleurs d'un soleil couchant. Tentative complexe de saisir dans un même court métrage les rapports du corps à l'environnement tout en les juxtaposant avec des univers créés par les images de synthèse. Surgies de leurs lectures ou des rencontres qu'ils font au cours de leurs voyages, les fictions chorégraphiques mises au point par les Corsino sont autant de lieux d'expérimentation entre la danse et l'image vidéographique où le corps existe avant tout pour le cadre et le plan.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Le printemps

1989, 25', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Gilles Moisset
Chorégraphie : Catherine Diverrès
Musique : Eiji Nakazava
Interprétation : Luis Ayet Puigarnau, Thierry Bae, Fabienne Compet, Catherine Diverrès, Bernardo Montet, Rita Quaglia, Mitsuyo Uesugi
Production : La Sept, Arcanal, Neva, Gédéon

Adaptation pour l'écran du spectacle "Le Printemps", qui débute sur le plan d'un galop de cheval filmé par Teo Hernandez. Les deux pattes avant de l'animal, sous l'effet du cadrage et du ralenti prennent étrangement l'aspect de jambes humaines tendineuses. Dans un processus inverse, c'est une sorte d'animalité féline mais brutale qui anime les danseurs. Une danse de l'inquiétante étrangeté. Chaque personnage semble se mouvoir dans des songes différents que la caméra, après la chorégraphie de Catherine Diverrès, réunit une nouvelle fois. Les scènes de nuit alternent avec celles de pleine lumière, les images rougies par les éclairages sépulcraux avec celles éclaboussées par le soleil. Le film propose un choix de moments contrastés en écho aux danses parfois tumultueuses de la chorégraphe, qui portent le corps des interprètes en leurs gouffres comme en leurs sommets.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Les Printemps du Sacre

1993, 61', couleur, documentaire, danse, U-matic

Conception : Brigitte Hernandez, Jacques Malaterre
Réalisation : Jacques Malaterre
Production : Telmondis, La Sept-Arte
Participation : TSR, CNC, Ministère de la culture (DMD)

Auréolée d'un parfum de scandale, la fulgurante et mythique création par Vaslav Nijinski du "Sacre du printemps" de Stravinski, au théâtre des Champs-Elysées le 29 mai 1913, est sans doute devenu le symbole de la modernité. Le film propose un panorama des interprétations successives de cette oeuvre au cours du XXe siècle. Les différentes versions qu'en ont donné les cinq chorégraphes présentés ici - Mary Wigman, Martha Graham, Mats Ek, Maurice Béjart et Pina Bausch -, après celle de Massine en 1920, interrogent toutes la perte du rituel dans le monde contemporain et ce que d'aucuns désignent comme "la blessure de la modernité". Il est vrai que l'essence même de la danse, d'origine sacrificielle, sert d'argument à la pièce. La traversée de ce siècle, singulièrement marqué par la barbarie humaine, explique sans doute l'attirance naturelle des chorégraphes pour cette oeuvre-clé, au-delà de cette rupture entre le vocabulaire classique et l'invention d'un langage moderne qui la caractérise.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Questa pazzia e fantastica - Paysages fabriens

1993, 46', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Herman Van Eyken
Chorégraphie : Jan Fabre
Production : Kaaïtheater, Alice in wonderland, Arcanal
Participation : Troubleyn, Allarts, De Haagse filmstichting, Antwerpen 93

Dans le château de Aldenbiesen, Jan Fabre prépare le premier volet de sa trilogie "The Minds of Helena Troubleyn", un opéra créé en collaboration avec Eugeniusz Knapik (compositeur). Herman Van Eyken observe le travail du metteur en scène-chorégraphe et donne à son documentaire une forme originale, plus suggestive qu'explicative, plongeant directement le spectateur dans l'univers de Jan Fabre. Herman Van Eycken montre comment Jan Fabre observe son équipe au cours des improvisations et des 'exercices', captant les forces créatrices, les personnalités ; comment il rassemble ensuite le matériel ainsi créé, passant du rôle de récepteur à celui d'émetteur. A travers les entretiens présentés en voix off, comme à travers les indications données en répétition, on saisit l'essence du travail de Jan Fabre, basé sur "la musicalité, le rythme, les silences et les mouvements", d'une extrême exigence. L'atmosphère du film de Van Eycken s'imprègne de celle du spectacle de Fabre, un univers étrange, parfois énigmatique, règne nocturne dominé par le regard du hibou, envahissement de bleu, couleur des décors et des costumes, obtenue par un crayonnage en tous sens au stylo bic bleu !
Guillaume Courtier
CNC - Images de la culture

Ramdam

1997, 74', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Maguy Marin
Musique : Denis Mariotte
Interprétation : Muriel Adri, Ulises Alvarez, Mychel Lecoq, Thierry Partaud, Caroline Picard, Cathy Polo, Ennio Sammarco, Isabelle Saulle, Marcelo Sepulveda, Kerrie Szuch, Véronique Teindas, Dominique Uber, Adolfo Vargas
Production : 24 images-Videogram, France supervision, Cie Maguy Marin
Participation : Ministère de la culture (DMD), Son pour son

Franchement ludique, "Ramdam" donne l'amorce d'un rythme, d'un passage possible entre les sons, les mots et les corps. En s'en prenant à la tyrannie des informations et des statistiques, Maguy Marin dénonce en finesse et en douceur la vie bouffée par une déferlante de chiffres, de pourcentages, comme autant de soustractions faites au silence devenu denrée rare. Depuis "Waterzoï", Maguy Marin s'est associée au compositeur Denis Mariotte. Ensemble, ils encouragent les danseurs à adjoindre à leur art du mouvement, celui du chant et de la musique. Parler n'est alors qu'un instrument de plus et donne à "Ramdam" un écho assourdissant, mais aussi une dynamique clairement lisible : les automatismes du corps épousent ceux de la pensée. Les convenances sociales sont épinglées à travers les attitudes, les codes vestimentaires, la petite brochette de mots qui suffisent chaque jour à traverser les chemins balisés de l'existence : "Bonjour", "Pardon", "Bon appétit"... En contrepoint de l'absurde suscité par ce débit sans fin, la chorégraphe aborde la complexité des rapports humains, la possibilité pour chacun d'être à la fois victime et bourreau.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Reamker, danse avec les dieux

1993, 58', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Stéphane Lebon
Production : Equipage, Théâtre national du Cambodge, Festival international des francophonies en Limousin
Participation : Ministère de la culture (DMD, DAI), Ministère de la coopération et du développement, France 3 Limousin-Poitou-Charentes

Le film de Stéphane Lebon s'ouvre sur l'image du Mékong, immuable et tranquille, qui traverse le Cambodge. Si l'histoire récente de ce pays est marquée par la violence des Khmers rouges, son passé est vieux d'un millénaire. Les ancêtres des Khmers se sont installés à Angkor et ont construit des temples dont les fresques nous transmettent aujourd'hui l'histoire fondatrice de Rama. Reamker est la version khmer du "Ramayana", la 'bible' d'Asie, un long poème épique de 24 000 versets écrit en sanscrit entre 1500 et 600 avant notre ère. Elle met en scène cinq personnages hommes-dieux-animaux, dont les apsaras (danseuses classiques khmers) narrent les aventures à l'aide d'une danse extrêmement codifiée où chaque geste a un sens. Une chorégraphie lexicale qui compte 4 500 gestes et dont l'initiation demande plusieurs années d'apprentissage à l'intérieur du palais royal. "En 1975, les Khmers rouges ont aboli cette danse comme le reste du patrimoine culturel cambodgien", explique Pich Tum Krand, l'actuel directeur du théâtre national. En 1979, à l'heure du bilan, le Cambodge comptait 90% d'artistes massacrés. C'est dire l'importance du travail pour reconstruire ce qui a été détruit.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Récital

1999, 44', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Valérie Urréa
Interprétation : Yann Abidi, Brahim Bouchelaguem, Najib Guerfi, Rachid Hamchaoui, Mourad Merzouki, Chaouki Saïd
Production : Ex Nihilo, La Sept-Arte, Cie Käfig
Participation : CNC, Procirep, Ministère de la culture et de la communication (DMDTS), Mezzo, Fas

Récital et "hip hop" sont deux mots qui "a priori" ne vont pas ensemble. Mais Mourad Merzouki, fondateur de la compagnie Käfig, est l'as du contrepoint. Le passage de la danse hip hop de la rue aux salles de théâtre a souvent perdu en force ce qu'elle ne gagnait pas forcément en crédibilité. Avec Käfig, il se passe autre chose : la rivalité, comme déclencheur de danse, disparaît au profit d'un défi relevé collectivement. Mourad Merzouki, qui signe la direction artistique, accentue ce renversement de valeurs annoncé par le titre du spectacle, par le biais d'une scénographie empruntée à celle d'un concert de musique classique : pupitres et violons accessoirisés sont disposés en un V surligné au sol, face au public, et les danseurs revêtent des queues de pie pendant un court moment. La bande son, en décalage apparent avec le tempo habituel du hip hop, est signée Frank II Louise, présent aussi sur scène ; elle suggère plus qu'elle n'impose, permettant une fluide alternance entre le développement des figures individuelles des six chorégraphes danseurs et la mise en commun des talents pour les mouvements de groupe.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Regards croisés

1998, 57', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Luc Riolon
Production : Canal 8 Le Mans, 24 images-Vidéogram
Participation : CNC, Ville du Mans, Cie Taffanel, Espal-centre culturel, Ministère de la culture (DMD)

Ce film de Luc Riolon retrace le projet de la chorégraphe Jackie Taffanel au centre culturel L'Espal du Mans, dans le cadre d'un contrat mission danse. Ecoliers, collégiens et amateurs ont participé à la création du spectacle "La Peau de l'air" : une rencontre ou un approfondissement de la danse, dont témoignent les ateliers d'expérience sensorielle animés par Isabelle Richez et les répétitions de la création. Former les publics de demain à travers des actions de sensibilisation : cette dynamique essentielle de la danse contemporaine est prise en charge par des chorégraphes ou des danseurs, sans passer nécessairement par des institutions telles que les centres chorégraphiques nationaux, mais par des accords entre des lieux, des pouvoirs publics et des artistes désireux de transmettre leur art, leur savoir, leur sensibilité. Au fil de ce projet, la révélation du malaise identitaire des participants est ce qui a le plus marqué Jackie Taffanel. "On réalise leur souffrance, leur difficulté à décliner leur identité. Je pense qu'on a à renouer des liens ensemble, et la danse est alors ce lieu de l'expression de soi."
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Rei Dom - La Légende des Kreuls

1990, 90', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Jean-Claude Gallotta
Chorégraphie : Jean-Claude Gallotta
Musique : Serge Houppin, Henri Torgue
Interprétation : Eric Alfieri, Mathilde Altaraz, Muriel Boulay, Christophe Delachaux, Pascal Gravat, Deborah Salmirs, Viviane Serry, Robert Seyfried, Jan Zetterberg
Production : La Sept, Groupe Emile Dubois, le Cargo (MC Grenoble), CDN productions
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), CR Rhône-Alpes

Le peuple Kreul, adorateur du dieu Rei Dom, est persécuté par une tribu de chasseurs qui volent et tuent ses enfants. Un jour, le chef des Fyls, une tribu amie, sauve un petit kreul du nom de Lékar dont la légende raconte qu'il sauvera les siens de l'extermination. Grande saga imaginaire et film prophétique : une métaphore poétique et cruelle sur la situation politique et humaine du monde. La référence de Jean-Claude Gallotta au cinéma est Andreï Tarkovski. Comme lui, il tente de filmer les matières, les états, la nature sous tous ses aspects, des frondaisons majestueuses au pourrissement des sols, et enfin l'homme, sauvage, abject, animal, mais aussi croyant, idéaliste, artisan et artiste. L'une des réussites du film est le dialecte inventé des tribus, élaboré comme une véritable langue (sous-titrée en français), qui place la narration dans un ailleurs sans référence ethnique précise et pourtant familier. Si la danse est quantitativement peu présente dans ce premier long métrage (elle intervient tout de même à trois moments clés du récit), c'est la matière même des chorégraphies du groupe Emile Dubois qui se décline dans cette fable sur la vie et la mort.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

La Rencontre

1999, 52', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : Seydou Boro
Réalisation : Seydou Boro, Issa Traoré
Production : Les films Pénélope, Sahelis productions, Muzzik
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la communication (DMDTS)

En 1993, Mathilde Monnier avait créé "Pour Antigone" à Brest avec, entre autres, des danseurs traditionnels burkinabés. Six ans après, elle revient au Burkina présenter pour la première fois le spectacle et organiser un stage, lieu d'échanges des conceptions des danses traditionnelle africaine et contemporaine européenne. Cette deuxième "rencontre" est suivie par Seydou Boro, danseur et cofondateur de la compagnie Salia Nï Seydou, et Issa Traoré. L'enjeu est de rendre visible l'émergence, encore timide, d'une expression contemporaine sur un continent où la tradition pèse de tout son poids. Mathilde Monnier parle de son besoin d'être déstabilisée et de travailler en partant, non pas d'une technique, mais d'un champ d'infinis. Salia Sanon se rappelle avoir été fortement perturbé par les demandes d'improvisation en silence de la chorégraphe. A ces paroles font écho les récits de Blandine Yaméogo, d'Issa Traoré, des danseuses de la compagnie Kongoba et à leur recherche, en pleine effervescence, d'une expression qui saurait concilier des formes du passé avec des perspectives actuelles. Ces fascinations réciproques évoquées par Mathilde Monnier donnent lieu à un film remarquable où, tel un geste hyper fluide, la parole circule portée par le désir de rencontre.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Retour au baroque (1) A la recherche du son perdu

1993, 52', couleur, documentaire, musique, VHS

Conception : René Longueville, Stéphane Loison
Réalisation : Stéphane Loison
Production : Caméras continentales, La Sept-Arte, NOS, BRTN, Amaya distribution
Participation : Ministère de la culture (DMD)

Au début du XIXe siècle, le répertoire baroque est redécouvert ; s'engage alors une querelle toujours persistante entre détracteurs et défenseurs des instruments anciens. Dans des interviews entrecoupées de larges extraits musicaux, chefs d'orchestre et interprètes posent une question importante : faut-il jouer le baroque sur des instruments d'époque pour lui donner tout son sens ? Stéphane Loison indique d'emblée le fil conducteur de son documentaire en nous invitant à cette réflexion : l'évolution des instruments de musique depuis trois siècles a-t-elle été un progrès ou une transformation ? Dans une promenade à travers l'Europe, Nikolaus Harnoncourt, John Eliot Gardiner, Jordi Savall, Fabio Biondi affirment l'importance des instruments anciens pour retrouver le son perdu de Rameau ou Monteverdi. Les interventions de Reinhart von Nagel et Willem Kroesbergen, facteurs de clavecins, tendent à prouver que le clivage entre partisans du son d'origine et défenseurs de la modernité devrait être dépassé. On peut choisir aujourd'hui l'instrument le mieux adapté aux pièces jouées. Mario Fanfani
CNC - Images de la culture

Retour au baroque (2)
Vers l'opéra

1993, 52', couleur, documentaire, musique, VHS

Conception : Stéphane Loison, René Longueville
Réalisation : Stéphane Loison
Production : Caméras continentales, La Sept-Arte, NOS, BRTN, Amaya distribution
Participation : Ministère de la culture (DMD)

Ce deuxième volet, toujours aussi documenté, est consacré au spectacle baroque. Chanteurs, metteurs en scène et chorégraphes insistent sur l'importance du respect de conventions stylistiques rigoureuses pour recréer l'esprit du XVIIe siècle. D'autres artistes refusent toutefois la reconstitution historique et déplorent le passéisme. Ce deuxième volet, toujours aussi documenté, est consacré au spectacle baroque. Peut-on nier toutes références historiques et culturelles ou doit-on faire un travail de recherche ? René Jacobs et James Bowman ont le sentiment de faire revivre le répertoire pour castrats grâce à leur voix de contre-ténor. Francine Lancelot rappelle qu'au XVIIe siècle la danse était incontournable dans l'opéra baroque. Cependant, Jean-Marie Villégier récuse l'idée de spectacle "archéologique" : la gestuelle de ses spectacles est inspirée de l'époque mais ne la copie pas. Dans une vision plus contemporaine, Peter Sellars, metteur en scène, et Pascal Dusapin, compositeur, pensent que le baroque doit avant tout interroger notre époque ; "Les Indes galantes" de Rameau dans la mise en scène d'Alfredo Arias clôt le documentaire et en fait l'éclatante démonstration.
Mario Fanfani
CNC - Images de la culture

Rêves d'étoiles : Raymonda

1999, 83', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : François Roussillon
Production : François Roussillon & associés, France 3, Opéra national de Paris, U&A
Participation : Mezzo, La Cinquième, CNC, Ministère de la culture (DMD)

En 1983, alors qu'il vient d'être nommé directeur de l'Opéra de Paris, Rudolf Noureev remonte le ballet "Raymonda" d'après la chorégraphie de Marius Petipa, sur une musique d'Alexandre Glazounov. En 1998, en hommage à la danseuse étoile Yvette Chauviré, les danseurs qui ont créé "Raymonda" quinze ans plus tôt le transmettent à la nouvelle génération d'étoiles et livrent leurs souvenirs, illustrés par de larges extraits du spectacle. On savait que Rudolf Noureev était un bourreau de travail, mais qu'il aimait donner sa chance à de jeunes interprètes : tous le confirment, de Charles Jude à Elizabeth Platel en passant par Claude de Vulpian ou Manuel Legris, qui fut nommé étoile à New York en 1986 lors d'une tournée de "Raymonda". Ce qu'on savait moins, c'est l'importance que revêtait ce ballet pour Rudolf Noureev, sa volonté de donner plus d'importance et de caractère aux rôles masculins et, en particulier, l'attachement qu'il portait au personnage d'Abderam, le prince oriental rival de Jean de Briène promis à la princesse Raymonda. En transmettant son rôle à Wilfried Romoli, Jean Guizerix évoque à quel point la gestuelle d'Abderam était liée à l'enfance de Rudolf Noureev dont les parents étaient danseurs de caractère. Son goût du mélange des genres venait de loin !
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Rêves d'étoiles : Roméo et Juliette

1999, 89', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : François Roussillon
Production : François Roussillon et associés, U & A, Opéra national de Paris, France 3
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Mezzo, La Cinquième

En suivant pas à pas la reconstitution du ballet "Roméo et Juliette" qu'avait créé Rudolf Noureev à l'Opéra de Paris, François Roussillon remonte le fil du temps jusqu'aux origines du couple immortalisé par Shakespeare. Images d'archives et extraits du spectacle, dont le célèbre adage du balcon, ponctuent le récit des interprètes. On suit l'histoire de "Roméo et Juliette", écrit par Serge Prokofiev en 1935 alors qu'il n'avait composé pour Diaghilev que des formes courtes, et son accueil difficile au Kirov aux débuts de l'Union Soviétique. Lorsque Noureev créa ce ballet à l'Opéra de Paris, il choisit de conserver l'intégralité de la partition (deux heures et demi) et confia les rôles-titres aux danseurs étoiles Monique Loudières et Patrick Dupond. La reprise de "Roméo et Juliette" après la mort de Noureev est un défi que relèvent Elizabeth Maurin et Manuel Legris. A 20 ans, ils l'avaient dansé sous la direction de Noureev lui-même. Aujourd'hui, avec l'aide de la répétitrice Patricia Ruanne, ils tentent d'en retrouver l'énergie, l'endurance, et cette passion qui sous-tend chaque mouvement.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

La Rime et la raison

1992, 55', couleur, documentaire, musique, VHS

Réalisation : Francis Guibert
Production : La Sept, films du Village
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Fas, Ministère des affaires étrangères, Procirep

A travers une huitaine de cités françaises, sont présentés différents modes d'expression du mouvement hip hop (rap, raggamuffin, tag, graf, squat). Dans les sound systems ou interviews, les jeunes - noirs, blancs et beurs - disent haut et fort leur inquiétude et leur révolte. Sont notamment montrés les groupes connus de l'hexagone : Massilia Sound System et Iam. A Saint-Denis, Strasbourg, Marseille ou Bordeaux, les rebelles de la rime fustigent la drogue, l'injustice, le racisme et la marginalisation à laquelle le système les condamne. Ils réclament l'égalité des chances, une véritable éducation. "Dans le rap, l'agressivité est canalisée artistiquement pour éviter des crimes", témoigne l'un d'eux. Des images de Vaulx-en-Velin rappellent la colère des laissés-pour-compte. On voit des jeunes peindre un graf géant sur un mur. D'autres expliquent pourquoi ils squattent un appartement. Iam interprète la chanson "Non soumis à l'Etat" au centre des jeunes détenus de Fleury-Mérogis. Pour Massilia Sound System, le 'posse' (groupe, famille) de Marseille qui 'parla patois', le rap est "une façon d'utiliser les media pour s'adresser au monde."
Fara C.
CNC - Images de la culture

Le roman du music-hall

1993, 2x60', couleur, documentaire, musique, VHS

Réalisation : Pierre Philippe.
Production : Caméras continentales, Gaumont, La Sept-Arte
Participation : ministère de la culture (DMD), Ministère des affaires étrangères.

On repère les premiers signes du music-hall à l'approche du XXe siècle, dans les rues de Paris où fleurissent cafés-guinguettes et cabarets. Venus de la rue et de la misère pour servir le rêve et l'imaginaire d'un pays, de la patrie et de ses régiments en temps de guerre, les artistes du music-hall accèdent à la célébrité et leur vie privée se confond rapidement avec celles qu'ils interprètent. C'est un roman avec ses nombreux chapitres et personnages ballottés entre les guerres, les suicides et les crimes, la fortune et ses revers, la gloire et l'oubli. Mené rondement en deux parties (de 1895 à 1929 et de 1930 à 1993), Pierre Philippe déjoue sans relâche la nostalgie qu'un tel sujet ne manque pas de susciter pour explorer avec délices l'évolution de ce métier (Madonna considérée comme la dernière à produire une vraie 'revue'). Et si le music-hall appartient désormais à l'histoire, notre présent n'en reste pas moins imprégné des airs et des allures de Mistinguett, Joséphine Baker, Chevalier, Damia, Mireille, Piaf, Trenet, Fréhel, Gréco, Aznavour, Gainsbourg, Montand, Barbara...
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Roméo et Juliette

1997, 130', couleur, adaptation, théâtre, U-matic

Réalisation : Hans Peter Cloos.
Production : Caligari films, La Sept-Arte, théâtre du Gymnase-Marseille, Skarabaus production
Participation : CNC

Sans rien renier de ses préocupations et de son esthétique résolument contemporaines, Hans Peter Cloos a mis en scène la célèbre pièce de Shakespeare. Il la restitue lui-même pour l'écran. Romane Bohringer et Denis Lavant incarnent avec conviction les deux protagonistes et évoluent dans des décors et des costumes qui mélangent allègrement les époques, marquant l'intemporalité du drame. Dans une sorte de no man's land, des jeunes gens organisés en bandes rivales au nom de leur patrimoine génétique, s'affrontent au couteau. Côté vestimentaire, c'est la tendance cuir et tatouages chez les Montaigu, tweed chez les Capulet. Le coup de foudre entre Roméo et Juliette a lieu lors d'une fête somptueusement délirante où "drag queens", bourgeois libidineux, suivantes en dessous affriolants et voyous de bonne famille s'en donnent à coeur joie sur fond de musique rock. Et comme pour confirmer l'adage selon lequel l'habit ne fait pas le moine, le franciscain qui les marie en secret a lui aussi un genre très "destroy". Dès lors est scellé le destin des amants de Vérone, et "jamais histoire ne vit plus grand fléau que celle de Juliette et de son Roméo".
Marie Dunglas
CNC - Images de la culture

Roseland

1990, 46', couleur, adaptation, danse, VHS

Conception : Thierry de Mey, Wim Vandekeybus
Réalisation : Octavio Iturbe, Wim Vandekeybus, Walter Verdin
Chorégraphie : Wim Vandekeybus
Interprétation : Assumpta Arques-Surinach, Jabi Bustamante, Charo Calvo, Nicolas Crow, Maria Grazia-Noce, Muriel Hérault, Peter Kern, Shannon Mc Murchy, Lieve Meeussen, Simone Sandroni, Eduardo Torroja, Wim Vandekeybus
Production : Beeldhuis NV, Luc Dierickx, Leuven
Participation : Cie Ultima vez, BRT, Audiovisuele Dienst K.U. Leuven, Alive from off Center, Twin cities public television inc.

Courses, sauts, roulades, jeux collectifs, la danse de Wim Vandekeybus est ainsi faite de constantes prises de risque qui amènent le corps aux limites de l'épuisement et de la conscience. Des images d'objets virevoltant dans l'air, collisions corporelles, chutes, portés acrobatiques... Un sentiment d'urgence qui envahit tout l'écran. Le film pousse cette logique de l'extrême à son point critique par un montage très serré, où les séquences caracolent, avant de s'arrêter sur des duos conflictuels entre hommes et femmes. Découpages et cadrages insolites donnent la sensation d'aborder l'univers du chorégraphe comme en apnée constante. On passe d'une action à l'autre avec la rapidité de cette mèche d'allumage que l'on voit parfois crépiter entre deux gestes. Une adaptation pour l'image d'extraits de "What the body does not remember" (1987), "Les Porteuses de mauvaises nouvelles" (1989) et "Le Poids de la main" (1990).
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Rosella Hightower

1991, 49', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : François Verret
Chorégraphie : Rosella Hightower
Musique : Ghédalia Tazartès
Production : La Sept, Association 1B, TNDI, Lieurac productions
Participation : CNC, Ministère de l'éducation nationale et de la cuture (DMD, DDF), Procirep

Portrait impressionniste de la danseuse et chorégraphe américaine installée depuis longtemps à Cannes où elle dirige une école de renommée internationale. Etoile des ballets du marquis de Cuevas, elle étudia avec les plus grands, Fokine, Tudor, Dolin, Kay, Robbins. Nijinska créa pour elle "Rondo Capriccioso" et John Taras "Piège de lumière". C'est lors de la création collective "L et eux, la nuit" que François Verret rencontra cette 'prima ballerina' au mouvement très libre, qui est aussi une enseignante exigeante. Ensemble, ils se promènent dans des paysages du bord de mer, retournent à New York, au Jacob's Pillow, lieux de ses premières rencontres artistiques, et dans les coulisses du ballet de Harlem où elle transmet la chorégraphie de Nijinska dont elle fut la dédicataire. Conversations de crépuscule entre un chorégraphe-réalisateur fasciné et amoureux et une vieille dame têtue, obstinée et heureuse. "La danse est une étrange complétude", dit-elle en visionnant les images d'un film d'archives qui la montre en Salomé passionnée sur le toit d'un immeuble.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Rude raid

1984, 13', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Marc Caro
Chorégraphie : Régine Chopinot
Musique : Parazite
Interprétation : Philippe Decouflé, Daria Elies, Pascale Henrot, Eric Larrondo, Michèle Prélonge, Monet Robier, Frédéric Werle
Production : Octet, Network
Participation : Ministère de la culture (DMD)

A cent à l'heure, un commando du futur équipé par Jean-Paul Gaultier crapahute dans un univers de synthèse explosif. Duel accéléré à l'épée, courses poursuites sur terrain miné, entre sentinelles hallucinées et terroristes rigolos : le parcours du combattant de ce raid futuriste est teinté de violence et d'humour très noir. L'écriture martiale aux accents sportifs de Régine Chopinot est dynamisée par le traitement vidéographique très personnel de Marc Caro qui, depuis, a réalisé de nombreux courts et longs métrages (cf. "Maître Cube" p. 70, "Le Géomètre", "Délicatessen"). Les corps sont sectionnés, hachés, l'image explose à tout instant et le générique de fin avec ses visages déformés et sanguinolents vaut à lui seul le détour.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Sarabande

1995, 20', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Hans Hulscher
Chorégraphie : Jiri Kylian
Musique : Jean-Sébastien Bach
Interprétation : Urtzi Aranbura, Zane Booker, Patrick Delcroix, Jorma Elo, Johan Inger, Martin Müller
Production : NPS

Dans la pénombre, le passé se fige dans de grandes robes à ballons. Dans la lumière, la musique électronique de Dick Heuff plaque au sol, bras en croix, les danseurs du Netherlands Dance Theatre. Bras et mains frappent le sol, des cris sortent des gorges et la gestuelle de Jiri Kylian s'organise dans une sorte de pantomime où se lit le désir d'exprimer un certain mal-être de l'homme moderne. Le climat de stress créé par la musique devient le contexte auquel s'affronte la danse en un dialogue convenu. La caméra de Hans Hulscher passe du plan large au gros plan en fonction de la chorégraphie. La "Sarabande" de Bach, interprétée par Gidon Kremer, coupe court aux tribulations de la troupe. Les figures se fluidifient et élargissent l'espace, en ignorent les limites, jusqu'au solo final, jeté au sol sous le regard rieur d'une rangée de visages à demi éclairés.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Scelsi suites

1990, 21', couleur, fiction, danse, VHS

Conception : Pascal Crochet, Nicole Mossoux
Réalisation : Dirk Gryspeirt
Chorégraphie : Nicole Mossoux
Mise en scène : Patrick Bonté
Musique : Giacinto Scelsi
Interprétation : Patrick Bonté, Nicole Mossoux
Production : BRT, Dienst Muziek

Dans un espace au délabrement savamment mis en scène, une femme vêtue de blanc et un homme en costume noir oscillent sur les inflexions musicales des "Suites pour piano" de Giacinto Scelsi : déplacements glissés, jeux d'apparitions et de disparitions au seuil des portes, effleurements d'objets quotidiens... Depuis le début des années 80, Nicole Mossoux et Patrick Bonté créent, en Belgique, des spectacles où la danse s'intègre à un travail méticuleux de mise en scène. Univers atypique aux multiples références littéraires, musicales ou picturales, comme par exemple pour leur spectacle "Les Hallucinations de Cranach l'ancien", inspiré de l'oeuvre du peintre et graveur allemand.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Sensuelle solitude

1995, 7', couleur, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Niels Tavernier
Chorégraphie : Kader Belarbi
Musique : Marc Perrone
Production : Gaïa films
Participation : CNC, Sacem, Ministère de la culture (DMD)

Au centre de l'image, noire, un point blanc semble bouger. Peu à peu, la silhouette de la danseuse devient plus précise et emplit tout l'écran. Vive, la musique de Marc Perrone sert de fil conducteur aux enchaînements de danses qui se succèdent : des couples de danseurs baroques, de mariés romantiques, des danseurs de flamenco... Mais tout cela n'est qu'un songe : la caméra fixe l'image d'un dormeur allongé sur un divan rouge vif. Kader Belarbi, étoile de l'Opéra de Paris, se lève et danse un bref solo avant de replonger dans le sommeil. Pour ce court film qui laisse rêveur le spectateur éveillé, il signe ainsi une chorégraphie qui n'exprime ni son talent d'interprète classique, ni son goût pour les expériences contemporaines.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Serge Peretti, le dernier Italien

1997, 65', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Dominique Delouche
Interprétation : Serge Peretti
Production : les Films du Prieuré
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Cinémathèque de la danse

On l'appelle "maître" et c'est aussi avec beaucoup de déférence que Dominique Delouche filme Serge Peretti, figure imposante de l'Opéra de Paris depuis les années 30. Jusqu'à sa mort en 1997, il eut à coeur de transmettre son art aux petits rats comme aux danseurs étoiles de l'Opéra. Dominique Delouche construit son portrait en donnant longuement la parole à Serge Peretti, mais aussi à ceux qui l'ont connu : Yvette Chauviré, Claude Bessy, Serge Atanassof. Films d'archives et photographies viennent illustrer le parcours d'un danseur d'exception surnommé "le petit Vestris", dont le style fut unanimement célébré. Vieilli, la voix éraillée, on le voit également faire travailler Nicolas Le Riche, Jean-Yves Lormeau : dans sa mémoire, chaque geste, chaque intention dramatique est restée gravée avec une précision stupéfiante. De même, il se souvient comment durant l'Occupation, Lifar négocia avec la Kommandantur pour lui éviter d'aller se battre en Italie contre la France, son pays d'adoption, en faisant valoir aux Allemands qu'ils gagneraient davantage à le voir danser !
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Serial raver

1995, 54', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Yann Richet
Production : Io production, Images +
Participation : CNC, Ministère de la culture et de la francophonie (DMD)

Interdites par les forces de l'ordre, les "raves" sont presque partout rentrées dans la clandestinité. Le film s'ouvre sur une définition : "Raves, de l'anglais to rave, délirer, s'extasier, rassemblement, à l'origine clandestin, de passionnés de musique techno." Yann Richet se propose d'aborder tous les tabous qui s'y rapportent : drogue, rébellion, refus de la société... Faire la fête, tel est le premier leitmotiv des ravers, une fête qui ressemble à un rituel et implique l'appartenance à une tribu, le désir de s'oublier dans la transe. Un musicien dit : "Je propose une musique pour décérébrer les gens." Une autre ajoute : "La techno, c'est bien, ça tue le temps, ça tue l'espace." Certains n'hésitent pas à consacrer la techno comme un mouvement contestataire supérieur à celui des beatniks ("qui accordaient trop de place aux mots") ou des punks et d'en vouloir pour preuve leurs rapports avec l'autorité, le pouvoir, la politique, le travail. En témoignent, par exemple, les nombreux labels blancs qui produisent des disques sans noms sur les pochettes, imprimés à l'étranger et qui échappent à la TVA, ne se déclarent pas à la Sacem, bref, "ne rapportent rien au gouvernement".
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Un siècle de danse
Du romantisme au néo-classique (1)

1992, 50', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : Sonia Schoonejans
Réalisation : Sonia Schoonejans
Interprétation : Judith Magre
Production : La Sept, Pathé télévision, Duran, Gédéon
Participation : CNC, Procirep, Ministère de l'éducation nationale et de la culture (DMD), RTBF, RAI 3, productions Pixart, Ostankino-sovielexport

Au début du siècle, l'école russe de danse classique est un des fleurons culturels de la Russie des tsars. Petipa y règne en maître, avant que Diaghilev ne s'en mêle. Avec Fokine, Massine, Nijinski, Nijinska, Balanchine et Lifar, il portera à sa quintessence le style russe dans le monde. Marie Rambert en Angleterre et Béjart en France sont les héritiers de cette histoire légendaire du ballet. Ce premier épisode suit l'évolution des Ballets russes et de leurs multiples influences esthétiques sur la danse classique du début du siècle à nos jours et tente de décrire comment le ballet romantique s'est métamorphosé en ballet néo-classique au contact des arts plastiques et des événements sociaux et culturels ; en Grande-Bretagne, Marie Rambert (qui danse "Le Sacre du printemps" de Nijinski) imagine une danse plus en phase avec les grands thèmes de son époque ; Ninette de Valois, une de ses comparses des Ballets russes, fonde le Royal Ballet de Londres et crée dans la tradition de Diaghilev le ballet "Façade", inspiré des poèmes d'Edith Sytwel à propos des excentriques anglais ; enfin, Béjart témoigne de son angoisse et exhibe sa solitude dans "Symphonie pour un homme seul".
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Un siècle de danse
De l'académisme au classique abstrait (2)

1992, 54', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : Sonia Schoonejans
Réalisation : Sonia Schoonejans
Interprétation : Judith Magre
Production : La Sept, Pathé télévision, Duran, Gédéon
Participation : CNC, Procirep, Ministère de l'éducation nationale et de la culture (DMD), RTBF, RAI 3, productions Pixart, Ostankino-sovielexport

Balanchine sert d'emblème à l'évolution de la danse classique vers l'abstraction. Le documentaire nous fait revivre ses premiers contacts avec la chorégraphie à l'école impériale Marynski de Saint-Pétersbourg (1913), son passage dans les Ballets russes, son installation à New York (1934) et son retour tardif en URSS (1962). Armitage et Forsythe sont nommés comme ses héritiers les plus probants. En faisant la part belle à cette catégorie dite du 'ballet abstrait', Sonia Schoonejans rend hommage à une des formes les plus vivantes de la danse classique qui poursuit désormais son évolution au-delà des codes académiques, tout en respectant une tradition et une technique corporelle héritées de la fin du 18ème siècle. Au fil des documents d'archives, on perçoit comment Balanchine 'nettoya' le ballet de son décorum pour ne garder que les lignes et l'énergie de la danse. La démarche d'un William Forsythe poursuit ce travail en s'inspirant de l'architecture déconstructiviste, visant à rendre visible la structure même du mouvement. Karole Armitage semble un peu 'rapportée' dans cette lignée, elle qui prône le retour au classicisme par réaction et provocation punk, plus que par tradition.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Un siècle de danse
De la danse libre au tanztheater (3)

1992, 51', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : Sonia Schoonejans
Réalisation : Sonia Schoonejans
Interprétation : Judith Magre
Production : La Sept, Pathé télévision, Duran, Gédéon
Participation : CNC, Procirep, Ministère de l'éducation nationale et de la culture (DMD), RTBF, RAI 3, productions Pixart, Ostankino-sovielexport

En opposition au ballet classique, une danse d'expression naît au 19ème siècle en Allemagne. Les recherches de Laban font de la danse expressionniste entre les deux guerres, une des disciplines prépondérantes des mouvements artistiques viennois et berlinois. Reconnue dès son apparition, elle occupe les lieux officiels. Malgré son extinction au début des années 60, Pina Bausch en est l'héritière. Le documentaire nous entraîne dans les existences croisées de Rudolf von Laban et de Mary Wigman, pionniers de la danse expressionniste. Fondée sur une idée du mouvement généreuse et libre, cette danse, qui se propose d'exprimer les sentiments intérieurs de l'être, se brûlera à la flamme tragique du nazisme. Courageusement et avec plus ou moins de clairvoyance, les émules du mouvement libre dénonceront de façon métaphorique le théâtre des cruautés humaines par des danses courtes et percutantes ou de grands chorus dramatiques, fresques enlevées aux charniers des deux guerres et aux faillites de la société moderne. On regrette qu'à côté de Pina Bausch, ne soit pas évoquée, pour la période récente, la chorégraphe Susanne Linke qui fait le lien entre l'expressionnisme et le tanztheater.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Un siècle de danse
De la modern à la post-modern (4)

1992, 53', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : Sonia Schoonejans
Réalisation : Sonia Schoonejans
Interprétation : Judith Magre
Production : La Sept, Pathé télévision, Duran, Gédéon
Participation : CNC, Procirep, Ministère de l'éducation nationale et de la culture (DMD), RTBF, RAI 3, Productions Pixart, Ostankino-sovielexport

Ted Shawn et Ruth Saint-Denis fondent la compagnie Denishawn (1915) et sont à l'origine de toute la danse moderne américaine. Martha Graham, leur élève, élabore à partir des années 30 un style et une technique qui vont être enseignés partout dans le monde. Plus tard, Cunningham d'un côté, Lucinda Child et Trisha Brown de l'autre ouvrent de nouvelles voies créatrices. Faire l'histoire de la danse américaine, c'est raconter en filigrane l'histoire critique de son pays. D'origine métisse, la danse de Saint-Denis regarde aussi vers l'Orient. Progressiste et anticonformiste, Ted Shawn invente la danse masculine où les danseurs ne sont plus réduits au rôle de porteur. Témérité, recherche de l'absolu, efficacité : Martha Graham créé un système aussi complexe que la danse classique et revisite les grands mythes féminins (Médée, Hérodiade, Clytemnestre...) ; elle égratigne le puritanisme et le racisme ambiants et tente de saisir les tréfonds de l'âme humaine. Pionnier, novateur, chercheur, Cunningham opère une rupture totale avec le système de représentation hérité de la danse de cour européenne et introduit l'aléatoire comme forme esthétique.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Un siècle de danse
La danse contemporaine, l'explosion (5)

1992, 54', couleur, documentaire, danse, VHS

Conception : Geneviève Vincent
Réalisation : Luc Riolon
Interprétation : Claude Villers
Production : La Sept, Pathé télévision, Duran, Gédéon
Participation : CNC, Procirep, Ministère de l'éducation nationale et de la culture (DMD), RTBF, Productions Pixart, RAI 3, Banco di Napoli, Ostankino-sovielexport

La danse contemporaine s'affirme comme un art à part entière, en prise directe avec le monde. Dans les années 70 et 80, les chorégraphes français occuperont le devant des scènes internationales en dégageant une esthétique originale issue de trois courants essentiels : américain, allemand et oriental. Cinquième et dernier volet de la série "Un siècle de danse", consacré à la période 1968-1992. Le rappel de la rupture avec les académismes, dans la tradition des avant-gardes, puis le choix d'une présentation non chronologique, donnent au film un rythme moins conventionnel que les précédents. Le parti pris de ne pas commenter les images d'archives, mais de procéder en revanche à une analyse des processus de création spécifiques aux chorégraphes et aux oeuvres, donne le sentiment d'un art paradoxalement immature, parce qu'en pleine recherche, mais exigeant et responsable de par ses engagements et ses centres d'intérêt.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Six dances

1997, 14', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Hans Hulscher
Chorégraphie : Jiri Kylian
Musique : Wolfgang Amadeus Mozart
Interprétation : Urtzi Aranbura, Caroline Armenta, Patrick Delcroix, Lisa Drake, Ivan Dubreuil, Nancy Euverink, Karine Guizzo, Johan Inger, Paul Lightfoot, Fiona Lummis, Ken Ossola, Elke Schepers, Stefan Zeromski
Production : NPS, NDT, NHK, RM Arts

C'est un exercice de style, une variation joyeusement balancée dans les tours et détours de l'adage suggérés par les compositions de Mozart. Hans Hulscher profite du silence, prélude à la musique, pour balayer avec sa caméra les danseurs alignés sur la scène, graves et immobiles - un leitmotiv dans les chorégraphies de Jiri Kylian. Premier clin d'oeil : une perruque s'envole dans les cintres et l'homme croque dans une pomme. Le signal de l'action est donné : le mouvement s'emballe et, pour mieux s'élaborer ensuite en suivant les canons en vigueur dans le ballet classique, s'autorise, en toute lucidité, une jolie parodie de pantomime. Entre chaque danse, les danseurs troquent leur mobilité contre un lent glissement derrière des robes gonflées, noires et rigides - des soupirs et des pensées de l'ombre dans les interstices du bonheur. Le réalisateur ne se départit pas de son habituelle neutralité : les mouvements de caméra sont plutôt rares et toujours justifiés par le souci de capter toutes les composantes visuelles de la chorégraphie.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

So schnell

1993, 58', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Dominique Bagouet
Musique : Jean-Sébastien Bach
Interprétation : Rita Cioffi, Priscilla Danton, Matthieu Doze, Olivia Granville, Nicolas Héritier, Dominique Jegou, Myriam Lebreton, Catherine Legrand, Sylvain Prunenec, Annabelle Pulcini, Fabrice Ramalingom, Juan Manuel Vicente
Production : Agat films & cie, Carnets Bagouet, La Coursive, CGP
Participation : CNC (FAVS), Adami, CR Languedoc-Roussillon, Maison de la danse (Lyon), La Sept-Arte

Petits sauts de cabri, changements vifs de direction, courbes des bras, angles marqués des coudes et des genoux entraînés par le dos : l'alphabet gestuel de Dominique Bagouet paraît d'une imagination sans fin. Pièce magistralement élaborée pour les grands plateaux d'opéra, "So schnell", depuis sa création, s'est enrichie d'un prologue, duo dansé en silence alternant gravement harmonie et insolence La construction musicale (la cantate BWV 26 de Jean-Sébastien Bach et un montage d'éléments sonores de Laurent Gachet), le décor et les costumes expriment un certain primitivisme. Les grandes peintures évoquent le pop-art et la production industrielle d'images, impression renforcée par le son des machines de l'entreprise familiale Bagouet qui emplit le silence. La danse n'en est que plus rigoureuse : les déhanchements de twist, les poings fermés des boxeurs, la course folle d'un sprinteur, se conjuguent sans problème aux autres valeurs chorégraphiques. La cohérence de l'ensemble réside dans la fantaisie assumée de tous les détails.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Solstice

1997, 11', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Christophe Bargues
Chorégraphie : Héla Fattoumi, Eric Lamoureux
Interprétation : Héla Fattoumi, Eric Lamoureux
Production : Lancelot films, Urvan Letroiga, CGP, Canal +
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Adami

Extrait du spectacle que l'on pourrait qualifier de manifeste tant il opposait à la clameur du monde un silence fertile et bruissant, ce duo a l'intensité d'une épigraphe. On y retrouve la quintessence de la pièce, rêvée dans un désert d'Afrique, élaborée patiemment, geste par geste, regards tendus et nuques souples, par deux danseurs d'exception : Héla Fattoumi et Eric Lamoureux. Marche lente, bras en hélices, valse inventée et parcours latéraux, la danse est intérieure avec de rares excès, tels ces portés incisifs qui émaillent les figures ondoyantes, solitaires dans leur cheminement, en accord majeur avec la musique de Christophe Séchet et celle d'Anouar Brahem, extraite de l'album "Conte de l'indicible amour". En s'attardant sur chaque danseur, délaissant volontiers les plans d'ensemble pour saisir la singularité de deux parcours croisés, Christophe Bargues exalte une danse non fusionnelle, débarrassée de tout excès.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Song

1986, 25', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Carolyn Carlson
Musique : René Aubry
Interprétation : Carolyn Carlson
Production : CGP, Théâtre de la Ville, Arcanal

Du célèbre solo "Blue lady" (1983), le réalisateur et la chorégraphe ont décidé de ne garder que quelques images fortes : la femme au chapeau, la mort fardée... Le film nous emmène dans une déambulation bucolique à travers les paysages de Finlande, terre d'élection de la danseuse. Sur la musique, aimable et entraînante, de René Aubry, 'la' Carlson offre une ode gestuelle à la nature. De graphique, presque minimale et avant tout abstraite, la danse de Carolyn Carlson est devenue théâtrale et narrative. Le solo "Blue lady" est une des prémisses de cette transformation. Charles Picq est allé dans ce sens quand il a mis en images cet autoportrait dansé, trois ans après la création du spectacle que Carlson a donné dans le monde entier. Superpositions poétiques d'images, arrêts, ralentis, accélérés donnent à la matière dansée une densité onirique et créent un "réalisme fantastique" que la chorégraphe développera dans nombre de ses productions par la suite.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Le sourire de Reims

1990, 13', couleur, fiction, danse, U-matic

Conception : Marilen Breuker, Luc Petton
Réalisation : Bernard Ferry
Chorégraphie : Marilen Breuker, Luc Petton
Interprétation : Miguel Bernigaud, Marilen Breuker, Luc Petton, Roland Van Loor
Production : La Sept, Dakota productions
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD)

Course poursuite chorégraphique entre un visiteur vêtu de bleu et un groupe de statues vivantes dans le dédale minéral des toits de la cathédrale de Reims. La célèbre figure souriante d'un ange du porche tient lieu de fil rouge à cette escapade. Le film met l'accent sur la symétrie et la complexité de l'architecture gothique par des cadrages audacieux. De nombreux plans panoramiques rendent compte avec justesse de l'impression de 'ville de pierre' qu'est la toiture de la cathédrale.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Speaking in Tongues

1993, 56', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Matthew Diamond
Chorégraphie : Paul Taylor
Musique : Matthew Patton
Interprétation : Rachel Berman Benz, Elie Chaib, Mary Cochran, Patrick Corbin, Hernando Cortez, Christopher Gillis, Francie Huber, Joao Mauricio, Cathy McCann, Thomas Patrick, Denise Roberts, Sandra Stone, Jeff Wadlington, Karla Wolfangle
Production : Thirteen, WNT
Participation : Amaya distribution

Une petite communauté américaine vit sous l'influence d'un prêcheur fondamentaliste. Leurs passions inhibées par un rituel social extrêmement puritain trouvent un exutoire dans des séances orgiaques où leur libido se déchaîne. L'arrivée d'un jeune homme perturbe le clan lorsqu'il essaie de leur enseigner une vie plus simple, basée sur l'acceptation des différences et sur l'amour. Salué par la critique internationale, ce ballet néo-classique, créé en 1989 à New York, est une des pièces maîtresses de la compagnie de Paul Taylor. Le chorégraphe, d'abord soliste chez Martha Graham dans les années 50, développe une danse qui synthétise plusieurs influences, de Tudor à Robbins, dans la lignée de l'expressionnisme abstrait. L'adaptation, réalisée deux ans plus tard dans les studios de Nashville, témoigne du savoir-faire américain en la matière : découpage efficace, plans sans effets mais d'une grande efficacité. Un film et une danse d'une grande qualité artistique destinés à un large public.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Le spectre de la danse

1961, 20', noir et blanc, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Dominique Delouche
Production : Films du Prieuré

En 1961, Delouche filme la danse classique avec le regard de son époque. On suit Vyroubova dans une mise en images moderne, nous dévoilant les multiples facettes d'une étoile au travail. Scènes prodigieuses d'un duo entre elle et Attilio Labis devant la façade de l'Opéra, ou encore, de Lifar expliquant "Giselle" devant une projection du ballet interprété par la compagnie du marquis de Cuevas. Delouche aime la danse classique et ses interprètes. Sa caméra et son sens de la mise en scène en donne la preuve esthétique. Il dit souvent combien il fut difficile de faire accepter aux gens de l'Opéra que l'on entende la respiration des danseurs, combien il dut lutter pour montrer le travail quotidien, la sueur, les scories et parfois les redites inhérentes à la pratique du ballet. Ce film, dont le titre fut repris comme générique d'une série de sept courts métrages réalisés entre 1961 et 1986, fait figure de manifeste pour ce réalisateur qui s'attache à montrer les étoiles sous un jour différent sans entacher leur aura et leur image désincarnée.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Le spectre de la danse
L'adage

1964, 14', noir et blanc, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Dominique Delouche
Interprétation : Pascale de Boysson, Laurent Terzieff
Production : Films du Prieuré

de Giselle". L'action s'est arrêtée. On attend. Ils sont seuls en scène, immobiles. Lentement, la musique reprend et les lignes de leur corps commencent à s'émouvoir, à se conjuguer. Les gestes de l'amour s'enchaînent alors selon le plus savant et le plus chaste des rituels. C'est ce qu'on appelle l'adage." On sent Delouche passionné par la scène et les danseurs. Par le cadre et la mise en scène, il magnifie cet exercice très délicat qui n'a été enseigné à l'Opéra de Paris qu'à partir de la nomination de Lifar. L'image décompose le mouvement, insiste sur le travail de répétition et donne une vision très contemporaine de l'art du ballet romantique.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Le spectre de la danse
Aurore

1982, 16', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Dominique Delouche
Production : Films du Prieuré

1982. Rosella Hightower, directrice de la danse à l'Opéra de Paris, enseigne le rôle d'Aurore ("La Belle au bois dormant") à Elisabeth Platel, alors première danseuse étoile. Rosella n'a rien oublié : direction des yeux, sentiment, expressivité. Elle transmet avec une scrupuleuse précision la joie et l'amour, d'autant mieux exprimés que les codes ancestraux parviennent à être transcendés. Une magnifique leçon d'interprétation sous le regard discret de Dominique Delouche qui s'attarde parfois sur les pieds et les mains de la jeune danseuse guidés et accompagnés par ceux de son maître de danse.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Le spectre de la danse
Autour de la Sylphide

1984, 9', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Dominique Delouche
Production : Films du Prieuré

Autour du trio célèbre de "La Sylphide", le réalisateur saisit une leçon de danse et met en scène les danseurs dans un clair-obscur brumeux où James, le héros du ballet, interprété ici par Michaël Denard, se laisse doucement enchaîner par les bras de ses partenaires, Yannick Stéphant et Ghislaine Thesmar.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Le spectre de la danse
Le cygne

1983, 11', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Dominique Delouche
Production : Films du Prieuré, Cinémathèque française

Assise, la tête renversée, les bras frémissants, Yvette Chauviré revit "La Mort du Cygne". Elle transmet ici à Dominique Khalfouni son savoir et son interprétation d'un des rôles majeurs du ballet romantique. D'une étoile à l'autre...
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Le spectre de la danse
Leçon de ténèbres

1985, 5', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Dominique Delouche
Interprétation : Maïa Plissetskaïa
Production : Films du Prieuré

Sous les voûtes de l'église Saint-Roch à Paris, Maïa Plissetskaïa interprète un solo inspiré par les "Trois leçons de ténèbres" de Couperin. De la danse à l'état pur sur la voix du haute-contre Alfred Deller.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Le spectre de la danse
Pas à pas

1982, 5', couleur, documentaire, danse, VHS

Réalisation : Dominique Delouche
Production : Films du Prieuré, Cinémathèque française

C'est la structure, il faut travailler maintenant sont les seuls mots qu'échangent Dupont et Neumeier en voix off après une danse à l'état brut. Instantané filmé dans le processus d'élaboration du duo entre le maître et l'esclave de "Petrouchka" sur la musique de Stravinski. Ces images crues, sans commentaire, permettent au spectateur de plonger en direct dans l'écriture du chorégraphe allemand.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Stamping ground

1986, 9', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Mark Tompkins
Interprétation : Francisco Alvero, Lulla Card, Maryline Carton, Isnel Da Silveira, Anne Fournier, Gérard Gourdot, Hélène Lasalle, Martha Moore, Gilles Mussard, Pierre Séraphin, Howard Sonenklar, Mark Tompkins
Production : Vidéogram, Cie IDA

Dans une carrière de pierres grises, un groupe d'hommes part à la rencontre d'un groupe de femmes en piétinant le sol crayeux. Une fois face à face, les deux groupes entament des séries de passes rituelles, entre folklore et danse de salon, incongrues dans ce paysage minéral. L'utilisation du ralenti stroboscopique, qui décale de quelques secondes l'action du son qu'elle produit, donne à l'ensemble un caractère onirique qu'accentue la luminosité éblouissante de la carrière. Les personnages en costumes noirs s'en détachent comme autant de silhouettes fugitives. Adaptation pour l'image de brèves séquences de "Trahisons humen", troisième partie du tryptique "Trahisons" de Mark Tompkins (cf. "Trahisons women" et "Trahisons men").
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

St-Georges à Aulnay

1992, 27', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Régine Chopinot
Chorégraphie : Régine Chopinot
Musique : Anne-Marie Deschamps
Interprétation : John Bateman,Jeannette Carol Brooks, Boris Charmatz, Régine Chopinot, Philippe Combes, Ensemble Mora vocis, Georgette Louison Kala-Lobe, Joseph Lennon, Samuel Letellier, Francis Mervyn, Marianne Rachmuhl, Lin-Guang Song, Eric Ughetto
Production : Cie Chopinot, ARP
Participation : Ministère de l'éducation nationale et de la culture (DMD)

Sur un parterre de mosaïque à l'effigie du saint terrassant le dragon, des groupes de sculptures vivantes s'animent, incarnant chorégraphiquement les frises de l'église St-Pierre d'Aulnay de Saintonge. Régine Chopinot retourne aux sources d'inspiration de son spectacle "St-Georges", créé en 1991, en juxtaposant aux extraits de sa chorégraphie des images de bas-reliefs d'une église romane de Charente et des croquis de Jurgis Baltrusaïtis (historien d'art et poète) qui lui ont servi de guide gestuel. Doux jeux de correspondances plastiques et rythmiques sur les chants a cappella de l'ensemble Ars Nova.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Strange fish

1993, 56', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : David Hinton
Conception : Llyod Newson
Chorégraphie : Lloyd Newson
Interprétation : Kate Champion, Nigel Chamock, Jordi Cortes Molina, Wendu Houston, Diana Payne-Myers, Lauren Potter, Dale Tanner
Chanteurs : Melanie Pappenheim
Production : DV8 Physical Theatre, BBC, RM arts

A partir du proverbe bouddhique "Il n'est pas nécessaire de connaître ce que l'on va attraper pour lancer sa canne à pêche", la conquête de l'autre est le thème central de "Strange Fish" de la compagnie britannique DV8, qui, comme son nom l'indique - D(ance) V(idéo) 8 - travaille autant chorégraphie et recréation filmique. En plans séquences qui explorent de fond en comble une drôle de demeure, Llyod Newson et David Hinton mettent en scène de jeunes hommes et femmes, leur quête de croyance et leurs désirs, l'étrange similitude d'affects qu'ils engendrent. Deux autres personnages partagent leur errance : une vieille femme effacée et comme invisible, et un Christ en croix interprété par une jeune femme. L'amour est exploré dans ses dimensions physiques et métaphysiques, dans ses confrontations comme dans ses renoncements, dans ses tentatives comme dans ses échecs. Un couloir, une salle de bar, un lieu de culte : chaque lieu se réduit à une proposition frontale, le mur restant l'espace de prédilection d'une danse qui s'y déploie, s'y découpe et s'y heurte. Un film aussi perturbant et convaincant que l'avait été le spectacle.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Stravinsky - Tango

1991, 3'09, couleur, documentaire, musique, VHS

Réalisation : Olivier Bernager
Interprétation : Nikita Magaloff
Production : Panda movies, Ludwigvan
Participation : La Sept, Channel 4, Ministère de la culture (DMD)

Olivier Bernager a construit ce clip autour d'un document des années 20 : la démonstration d'un couple de danseurs de tango. Il y ajoute des photos de Stravinsky au piano, des vues d'époque de Buenos-Aires, ainsi que les mains du pianiste (Nikita Magaloff) qui interprète l'oeuvre. Les photos viennent se superposer au document filmé au rythme de découpages colorés, en une danse visuelle qui rend hommage à l'humour et au piquant du tango revisité par Stravinsky. Guillaume Courtier
CNC - Images de la culture

Striptiz

1986, 47', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Bertrand Merino
Chorégraphie : Alis, Georges Appaix, Pierre Droulers, Lila Greene, Lulu, Graziella Martin, Karine Saporta, Jean-Claude Wouters
Musique : Hector Zazou
Interprétation : Anne, Nelly Boisseau, Flore Buri, Hélène Desplat, Eric Fank, Paula Klein, Karine Saporta, Sophie
Production : Arcanal, Centre audiovisuel de Paris, Duran, Théâtre de la Bastille
Participation : Ministère de la culture

Au milieu des années 80, des représentants de la jeune danse française flirtent avec la mode. Huit chorégraphes s'inspirent des créations de stylistes (C. Thomas, J. Shimada...) pour dévêtir huit danseuses ou danseurs. Huit clips de quelques minutes où la nudité se décline avec érotisme (Alis), sensualité (Droulers), drôlerie (Greene), exhibitionnisme (Martinez), douceur (Appaix), etc.... Un spectacle imaginé, mis en scène et en musique par le compositeur Hector Zazou, pour le théâtre de la Bastille qui était en 1986 un haut lieu parisien de l'avant-garde en matière de spectacle vivant.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Suzanne Linke, enchaînements

1991, 58', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Suzanne Linke
Production : Agat films, La Sept, Ina
Participation : Inter nationes - Bonn, Ministère de la culture (DMD), CNC

Par petites touches sensibles, Charles Picq évoque l'enfance autiste de la chorégraphe et revient avec elle sur les lieux de son hospitalisation et de son réapprentissage de la parole suite à une méningite. Susanne Linke raconte sa rencontre avec Dore Hoyer et Mary Wigman à Berlin, et commente un long extrait de son solo "Effekt" qui met au jour le côté pulsionnel de son écriture du mouvement. C'est de Mary Wigman, qui désirait que chacun "se découvre lui-même au travers de la conscience de son corps", que Susanne Linke a hérité la force expressive qu'elle met en scène dans ses spectacles. La chorégraphe, qui désire "introduire du vent dans l'espace de la danse afin de prendre conscience du monde extérieur par le mouvement", nous fait partager les processus qui l'ont lentement amenée à élaborer des solos basés sur les aventures de sa perception et la reconstruction de sa personnalité. Le réalisateur nous entraîne dans le chemin de cette conquête sur l'indicible et la folie, et dresse le portrait éclaté d'une femme qui ressemble à son pays : profondément redevable de ses traditions et toujours en doute et en affirmation de son identité.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Swan Lake

1990, 103', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Mans Reutersward
Chorégraphie : Mats Ek
Musique : Piotr Illich Tchaïkovsky
Interprétation : Yvan Auzely, Ballets Cullberg, Ana Laguna, Vanessa Mc Intosh, Monica Mengarelli
Production : Sveriges television

Cette version du "Lac des cygnes" a été créée en 1987 par le turbulent fils de Birgit Culberg qui dirigea avant lui les ballets du même nom. Si elle ne prétend pas faire date dans l'histoire, elle a le mérite de 'décrasser' le mythe. Hommes et femmes ont le crâne lisse et un chignon de chair sur la nuque, artifice qui ne parvient pas à enlaidir la sublime Odette/Odile qu'est Ana Laguna. Dans les années 80, Mats Ek écrit pour sa compagnie de nombreux ballets qui tentent une relecture psychanalytique des grandes oeuvres romantiques. (Sa "Giselle", par exemple, reste un chef d'oeuvre d'invention. Ana Laguna y joue le rôle d'une folle de village parfaitement crédible.) Ici, dans "Le Lac des cygnes", on sent l'intention volontairement provocatrice du chorégraphe ; sa gestuelle, toujours empreinte de pantomime et de mouvements sexuellement allusifs, fait mouche plus d'une fois. La réalisation télévisuelle a pris le parti de respecter l'intégralité du ballet, sans resserrer l'action, qui paraît parfois un peu longue à l'écran.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Tant mieux, tant mieux !

1983, 49', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Dominique Bagouet,Charles Picq
Chorégraphie : Dominique Bagouet
Musique : Sven Lava
Interprétation : Nuch, Sylvie Giron, Bernard Glandier, Catherine Legrand, Angelin Preljocaj, Michèle Rusi
Production : Compagnie D. Bagouet, CCR Montpellier, Festival international Montpellier-danse

1983 fut pour Bagouet l'année de la métamorphose, du rituel d'exorcisme : la création du spectacle "F. et Stein", adouci et prolongé par le film "Tant mieux, tant mieux !" Dans l'écho halluciné des riffs électriques du guitariste Sven Lava Polhammer, on perçoit, aujourd'hui, tout ce que ce film semble inventorier d'acquis et de promesses, de développements dynamiques et d'influences discrètes. Dominique Bagouet a pour le mouvement un tel amour que chaque geste, aussi ténu soit-il, est porté à ce que James Joyce appelle l'"épiphanie" de son expression. Au début du film, les danseurs en cercle effleurent de leurs doigts leur visage et exécutent avec application des gestes minuscules, à peine perceptibles. La caméra les suit avec insistance et joue aussi à les faire disparaître et réapparaître avec désinvolture ; elle s'attarde à observer leurs jeux, leurs désirs et leurs attentes. La variété des décors, des actions et des costumes s'imprime en touches légères. Aucune insistance, pas la moindre narration ou le plus petit développement chorégraphique, mais l'exploration gourmande d'un champ immense, infini : tout est possible, semble dire Bagouet, tout reste à faire. Et c'est tant mieux !
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Tauride

1992, 26', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Teo Hernandez
Chorégraphie : Catherine Diverrès
Interprétation : Lluis Ayet Puigarnau, Thierry Bae, Fabrice Dasse, Katja Fleig, Olivier Gelpe, Anne Koren, Vera Mantero, Bernardo Montet, Marie-Hélène Mortureux, Rita Quaglia, Giuseppe Scaramella
Production : Studio DM
Participation : TNDI

La caméra de Teo Hernandez est au coeur de la danse et, à l'image de ce nouveau-né qui tète le sein maternel, elle s'attarde avec gourmandise sur un corps, une phrase gestuelle ou une lumière, sans se soucier de livrer une restitution homogène de la pièce de Catherine Diverrès créée en 1992. Le contraste entre les mouvements de groupe et les solos, entre les pleurs, la mise à mort et les scènes d'amour, est souligné par les constantes variations de vitesse de l'image - fixe, accélérée, ralentie - et le passage du noir et blanc à la couleur. "Tauride" est le dernier film réalisé par Teo Hernandez, décédé en août 1992, complice de longue date du duo Catherine Diverrès et Bernardo Montet.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Tirtha

1985, 25', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Daniel Ambash
Chorégraphie : Maguy Marin
Musique : Arturo Rayon
Interprétation : Héléna Berthelius, Luna Bloomfield, Raymond Brisson, Frédéric Cornet, Yann Gerbron de Graval, Christiane Glik, Mychel Lecoq, Françoise Leick , Sylvie Péron, Cathy Polo, Jean-Marie Rase, Anna Rodriguez, Adolfo Vargas, Karin Vyncke
Production : Arcanal, Starcam, Cie Maguy Marin
Participation : Ministère de la culture (DMD)

Travaillée depuis l'origine des temps, la roche, devenue sable et boue, laisse apparaître des êtres mi-reptiles, mi-humains. Dans des anfractuosités rocheuses balayées par les vagues, mâles et femelles s'accouplent et se manipulent selon des rituels primitifs oubliés, une gestuelle composée de reptations et d'attouchements, essentiellement organique et animale. Maguy Marin a retrouvé sur les plages de Calabre le paradis qu'elle semble souvent chercher avec ses danseurs ("Babel Babel", "Eden", etc.). Les scènes subaquatiques, les plans d'écume et de ressac, les images colorées de luisances minérales sont autant de métaphores du coït originel. Le film invente cet endroit mythique où les éléments ne sont pas encore tout à fait dissociés, où l'humain sort à peine de sa gangue.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Totempol

1994, 8', noir et blanc, fiction, danse, U-matic

Réalisation : Nicole Corsino, Norbert Corsino
Chorégraphie : Nicole Corsino, Norbert Corsino
Musique : Jacques Diennet
Interprétation : Jacques Boyer, Nicole Corsino, Norbert Corsino, Ana Texido
Production : Danse 34 productions
Participation : Ministère des affaires étrangères, Ministère de la culture (DAP, DMD, Drac Paca), Vidéochroniques, Fondation Beaumarchais, CG Bouches-du-Rhône, CR Paca

Dans cette fiction chorégraphique, la lumière tient sans conteste le rôle principal. Elle ramasse et déroule le grain de l'image, gonfle le noir et épaissit le blanc. Des danseurs émergent de ce décor virtuel et sont bientôt remplacés par des silhouettes obtenues grâce au logiciel Life Forms déjà utilisé par Merce Cunningham. Ce va et vient entre des images du réel et la déconstruction systématique d'environnements virtuels unit dans une perception commune le mouvement et la lumière. Depuis près de 15 ans, Nicole et Norbert Corsino tentent des aventures chorégraphiques hors du champ du réel et font sortir le corps de son espace traditionnel de représentation pour le confronter à la vidéo en employant des techniques d'écriture empruntées à la littérature. "Ce sont les procédés d'écriture qui nous intéressent : leur aspect combinatoire avec des séquences, des fragments d'histoires qui sont à agencer dans un esprit de libre circulation de la part des spectateurs. On retrouve cela dans les mathématiques." "Totempol"... presque un manifeste scientifique...
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Les tournesols

1991, 22', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Dominique Petit, Claude Val
Chorégraphie : Dominique Petit
Interprétation : Rodolfo Araya, Giovanni Cédolin, Frédéric Lescure, Nasser Martin, Yann Marussich, Dominique Petit, Sabby Saadaoui, Kader Zeghari
Production : Arcanal, CR Ile-de-France (Iles de danses), FR3 Limousin-Poitou-Charentes, Cie Dominique Petit, Lieurac productions
Participation : Fas, Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Lumière d'aurore. Un homme marche dans un paysage de Provence endormi. Il monte vers un village. Sur le muret d'une place qui surplombe la vallée, il découvre un autre homme assoupi. D'autres hommes attendent dans les rues désertes. Bientôt, tous se retrouvent sur la place et enchaînent des danses de groupe et des solos, tour à tour nonchalants et nerveux. Ces danses d'hommes, rudes, provenant d'une chorégraphie de Dominique Petit inspirée de la vie de Vincent Van Gogh, semblent s'être revivifiées pour l'image. Le film insiste sur l'aspect rituel de l'écriture gestuelle. L'atmosphère y est délibérément méditerranéenne. Une réalisation subtile, loin des clichés qu'inspire souvent la vie du peintre amoureux de la lumière du midi de la France.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Trahisons men

1985, 12', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Mark Tompkins
Musique : Hélène Sage
Interprétation : Gérard Gourdot, Gilles Mussard, Josef Nadj, Pierre Séraphin, Howard Sonenklar, Mark Tompkins
Production : Vidéogram, Cie IDA

Torse nu, des hommes s'avancent en file indienne, en rang d'oignons, s'enlacent, tombent selon un répertoire de gestes inspirés des décompositions photographiques du mouvement du major Muybridge au début du siècle. Une étrange 'virée' sur les bricolages bruitistes d'Hélène Sage et les savantes lumières de Françoise Michel. Une pièce tantôt comique, tantôt tragique. Une version courte du spectacle "Trahisons men" fut primée au concours de Bagnolet en 1984. La version longue, filmée un an plus tard au théâtre de la Bastille à Paris, est la première partie du tryptique "Trahisons" ("Trahisons men", "Trahisons women", "Trahisons humen"). D'origine américaine, Mark Tompkins, arrivé à Paris à la fin des années 70, s'illustra dans de nombreux one man shows proches de la performance dansée. Il fut interprète de Hideyuki Yano et un des pionniers de la jeune danse française des années 80.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Trahisons women (version courte)

1986, 12', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Mark Tompkins
Mise en scène : Mark Tompkins
Musique : Hélène Sage
Interprétation : Lulla Card, Maryline Carton, Isnel Da Silveira, Anne Fournier, Hélène Lasalle, Martha Moore
Production : Centre audiovisuel de Paris, Duran, Arcanal
Participation : IDA (International Dreams Association), Ministère de le culture et de la communication (DMD)

Morceaux choisis du deuxième volet du tryptique "Trahisons". Six femmes déclinent en jouant un répertoire de pauses, jeux et actions gestuelles élémentaires, répétés en canon dans un espace scénique exigu en forme de triangle ouvert vers le public. Une femme se balance vertigineusement, frôlant ses partenaires au son grinçant et amplifié des câbles qui soutiennent l'escarpolette. L'image contrastée, noire et blanche, joue avec les ombres des danseuses que l'architecture lumineuse de Françoise Michel projette sur la scénographie angulaire de Félix Perrotin. Ralentie ou accélérée, aucune situation n'est filmée en temps réel : un parti pris qui accentue l'atmosphère onirique du spectacle.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Trahisons women (version longue)

1986, 58', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Mark Tompkins
Mise en scène : Mark Tompkins
Musique : Hélène Sage
Interprétation : Lulla Card, Maryline Carton, Isnel Da Silveira, Anne Fournier, Hélène Lasalle, Martha Moore
Production : Centre audiovisuel de Paris, Duran, Arcanal
Participation : IDA (International Dreams Association), Ministère de le culture et de la communication (DMD)

Une femme, juchée sur un moniteur vidéo suspendu, telle un oracle moderne. A ses côtés, deux autres femmes dont les ombres sont projetées sur les murs blancs du décor, tournoient sur des balançoires. Premiers instants d'une chorégraphie composée d'actions simples, de marches, de manipulations issues de la danse-contact : un répertoire de gestuelles élémentaires, décliné en canons ou deux à deux. L'image suit ce ballet pour six danseuses, baigné d'ombres et de clairs-obscurs imaginés par Françoise Michel. Le montage respecte la construction par nappes du spectacle où chaque séquence recouvre la suivante sans que l'on puisse véritablement repérer de parties distinctes. "Trahisons women", créé en avril 1986 au théâtre de la Bastille, est la deuxième partie du tryptique "Trahisons" (men, women, humen) de Mark Tompkins.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Trapp (l'escalier)

1990, 11', couleur, fiction, danse, VHS

Conception : Dominique Brunet, Henrik Moseid
Réalisation : Dominique Brunet, Henrik Moseid
Chorégraphie : Dominique Brunet
Musique : Jean-Jacques Palix
Interprétation : Dominique Brunet
Production : De zèbre, Production Debris, AIA, Esec

C'est une danse écrite sur un banc de montage mêlant des photos noir et blanc et des séquences vidéo. A l'origine de ce film, la rencontre entre Henrik Moseid, jeune réalisateur norvégien, et la danseuse Dominique Brunet, interprète de Stéphanie Aubin et co-fondatrice de la compagnie d'interprètes La Ronde. La danse et l'image peuvent-elles se rencontrer à travers le mouvement sans que l'une prenne le pouvoir sur l'autre ? L'écriture de chacune des composantes de ce film constitue un début de réponse. "J'ai écrit une danse de 4 minutes pour l'escalier du théâtre de Chaillot, raconte Dominique Brunet. Neuf photographes étaient disposés en cercle et devaient utiliser les neuf vitesses de prises de vue. C'était écrit comme une partition musicale. Il y avait aussi trois vidéastes. Nous avons vraiment écrit la chorégraphie en salle de montage, en alternant des photos nettes, d'autres qui gardent la trace d'un mouvement, et des passages vidéos qui introduisent la couleur." Une expérimentation réussie et inclassable.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Triptyque-danse

1986, 14', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Michel Bastian
Chorégraphie : Didier Deschamps, Pierre Doussaint, Isabelle Dubouloz, Angelin Preljocaj
Musique : P.-Louis Garcia, Marc Khann
Interprétation : Jérôme Bell, Frédéric Bentkowski, Catherine Bezeix, Didier Deschamps, Pierre Doussaint, Isabelle Dubouloz, Jean-Pascal Gilly, Céline Gruyer, Bertrand Lombard, Nuch, Jarmo Pantilla, Angelin Preljocaj, Claire Verlet, Dominique Verpraet
Production : Arcanal, CAC Angoulême, Maximum vidéo
Participation : Ministère de la culture (DMD)

La valeur de ce film est avant tout documentaire : il permet de voir de jeunes danseurs et chorégraphes qui ont fait beaucoup de chemin depuis le concours de Bagnolet auquel ils participaient en 1985. C'est malgré tout un aperçu très bref de la production foisonnante et de l'invention des formes survenues au milieu des années 80. Le centre d'action culturelle d'Angoulême a choisi quatre chorégraphes parmi les concurrents du concours : Didier Deschamps pour "Cavalcade" (non récompensé), Angelin Preljocaj pour "Marché noir" (2e prix) et Isabelle Dubouloz et Pierre Doussaint qui obtinrent le premier prix pour "Sang d'encre".
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Trisha and Carmen

1987, 13', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Burt Barr
Chorégraphie : Trisha Brown
Interprétation : Trisha Brown, Lance Gries, Diane Madden
Production : Burt Barr, New Television, WGBH WNet

Installée dans sa loge du théâtre San Carlo de Naples, Trisha Brown se prépare à entrer en scène. Une alternance de scènes de maquillage et de répétitions de l'ouverture de "Carmen" sert de fil conducteur au film de Burt Barr. Diane Madden avance les bras levés, martelant le sol de pas menus et cadencés, bute sur Lance Gries et se laisse porter au sol sans cesser de remuer les jambes en suivant la musique. Piétinement qui prend valeur de trait de caractère, transcription rythmée de la musique de Bizet, la danseuse nous prévient que rien ne peut stopper la marche de la passion, fut-elle funeste. Cette scène se répète jusqu'au lever de rideau, découvrant les danseurs costumés qui avancent l'un vers l'autre, jusqu'à l'inéluctable choc de la rencontre, en présence de Trisha, dans une apparition quasi fantomatique, sombre et immobile.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Triton

1991, 25,' couleur, adaptation, danse, U-matic

Conception : Philippe Decouflé
Réalisation : Vincent Hachet
Chorégraphie : Philippe Decouflé
Musique : Parazite, Joseph Racaille
Interprétation : Marion Balester, Murielle Corbel, Herman Diephuis, Véronique de Franoux, Eric Martin-Gousset, Michèle Prélonge, Christophe Salengro
Production : Gédéon, DCA, Arcanal, Canal +, CGP
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Oyez, oyez ! Retrouvez dans ce film tout ce que vous avez aimé sous le grand chapiteau Decouflé : l'homme moulinette aux bras girouettes, le couple acariâtre aux disputes volantes, le mystérieux dresseur de puces. Retrouvez Christophe Salengro, le géant sympathique, roi du tango gymnastique. Appréciez encore une fois le solo électrique de la fée Michèle Prélonge et les malicieux contorsionnistes. Filmé au plus près des corps, le spectacle de Decouflé devient mystérieux et presque abstrait. Beauté des cadres qui ne révèlent qu'après coup ce qu'ils contiennent. Touches d'images impressionnistes sélectionnant quelques numéros mais n'omettant pas l'étrange reptation finale qui clôt ce spectacle tonique et enlevé sur un moment statique et mélancolique. "Triton", créé au festival d'Avignon en 1990, est la pièce qui amena Philippe Decouflé au grand public. De nombreux éléments chorégraphiques de ce spectacle ont été repris et développés par quelques-uns des interprètes de la compagnie pour la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques d'Albertville.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Trois minutes d'antenne

1988, 3', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Luc Riolon
Chorégraphie : Odile Duboc
Interprétation : Odile Duboc
Production : Vidéogram

Trois minutes d'improvisation d'Odile Duboc dans l'ancienne fabrique aux allumettes d'Aix-en-Provence. Simplicité et épure, quelques virevoltes d'une femme perdue dans ses pensées sur un sol jonché de feuilles mortes. Ce film peut servir d'emblème à toute la démarche de la chorégraphe : prédilection pour l'extérieur, danse linéaire et décentrée, sens de l'espace, attention soutenue aux matières.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Trois regards intérieurs

1993, 21', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Harold Vasselin
Chorégraphie : Odile Duboc
Interprétation : Brigitte Asselineau, Chloé Ban, Laure Bonicel, Boris Charmatz, Anne Digout, Vincent Druguet, Anne Dubet, Martin Freundenstein, Frédéric Gies, Dominique Grimonprez, Françoise Grolet, Stéphane Imbert, Valérie Lamielle, Anne-Karine Lescop, Eric Lutz, Monk, Pedro Pauwels, Marie-Anne Thil
Production : Taxidermie, CICV, Contre-jour, Arcanal
Participation : Ministère de l'éducation nationale et de la culture (DMD)

Trois plans fixes. Trois lieux - un carrefour de Sochaux, un parc de Besançon, une rue piétonne à Montbéliard - traversés par la circulation automobile, les promeneurs et les passants. Parfois, insensiblement, la population se fige, des gestes quotidiens se font doucement écho, des attitudes riment et se répondent en canon. Un ordre sous-jacent aux choses prend forme et se défait aussitôt. Adaptant pour l'image "Sept jours, sept villes", une intervention in situ d'Odile Duboc dans les villes du l'est de la France, Harold Vasselin pose sa caméra devant le spectacle de la rue délicatement transformé par la chorégraphe. Le cadre immobile devient le recueil d'actions infimes que la chorégraphe tente de déposer dans le paysage urbain avec la subtilité du hasard. Partis pris cinématographique et chorégraphique se répondent et définissent ensemble une sorte de nouvelle objectivité. Un document essentiel pour appréhender la démarche d'Odile Duboc et les savantes compositions dansées qu'elle déploie ensuite sur scène. Un retour aux origines de son trajet chorégraphique, qui débuta à la fin des années 70 dans les rues d'Aix-en-Provence.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Tumulte

1988, 8', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Camille Guichard
Chorégraphie : Anne Dreyfus
Musique : Johannes Brahms
Interprétation : Christophe Haleb, Laura Perez Cabrero
Production : Cie Anne Dreyfus, Arcanal, Salto productions

Adaptation d'un duo chorégraphié par Anne Dreyfus. Plan furtif et silencieux d'une femme qui court, happée par un rai de lumière. Puis, sur les accords du "Trio n°1 en si bémol majeur" de Johannes Brahms, le couple se jette dans le mouvement entêtant d'une valse. Elle en rouge, lui en bleu, virevoltent dans le noir profond d'un plateau nu qu'un mur de lumière éclabousse. Une réalisation épurée qui joue sur les contrastes lumineux par d'audacieux contre-jours. La caméra discrète qui, cependant, ne lâche jamais les danseurs et multiplie les points de vue, souligne la tension qui s'installe entre les partenaires. Le rythme du montage apporte un souffle en contrepoint à une danse en osmose parfaite avec la partition musicale.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Ulysse

1994, 67', couleur, adaptation, danse, U-matic

Conception : Jean-Claude Gallotta, Peter Missotten
Réalisation : Jean-Claude Gallotta, Peter Missotten
Chorégraphie : Jean-Claude Gallotta
Musique : Serge Houppin, Henri Torgue
Interprétation : Mathilde Altaraz, Anna Ariatta, Julia Barker, Caroline Boureau, Darrel Davies, Massimo Giorgi, Prisa Harsch, Samuel Mathieu, William Patinot, Genes Reynard, Thierry Verger
Production : CCN Grenoble, Groupe Emile Dubois, La Sept-Arte, Agat films & cie

En reprenant "Ulysse" l'été 1993 avec Mathilde Altaraz, seule des interprètes d'origine, Jean-Claude Gallotta travaillait à son propre répertoire. Dans cette sorte de traité chorégraphique impertinent, Gallotta rappelle qu'il fut un temps où il jouait au chorégraphe comme d'autres jouent à l'épicier ou au docteur. Cet "Ulysse", rayonnant de blancheur, séduit par sa verve chorégraphique et l'énergie décapante des danseurs. Le jeu purement formel de la pièce (l'enchaînement des séquences, les mouvements de groupes et les solos ou duos apparentés à des champs/contrechamps) est relayé efficacement par un système de correspondances visuelles, auditives et imaginaires avec Homère et Joyce. Ainsi, l'équilibre dynamique animant le plateau, l'étirant jusque dans les coulisses, prend souvent des allures de songe éveillé ponctué de petits gestes chuchotés et de commentaires intégrés à la matière de la danse.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Universal techno

1996, 63', couleur, documentaire, musique, VHS

Production : films à Lou, La Sept-Arte
Participation : CNC, Ministère de la culture (DMD), Procirep

Voyage historique et géographique dans l'univers de la musique techno, le film de Dominique Deluze fait l'inventaire des aspects artistiques, sociaux et économiques qui en déterminent les formes actuelles. Née à Détroit, première ville "technologique" des Etats-Unis, la techno s'inspire aussi de la musique électronique des années 70, celle du groupe allemand Kraftwerk en particulier. Rien d'étonnant donc à ce que l'Allemagne soit aujourd'hui au coeur du phénomène techno ; la Love parade annuelle à Berlin, qui réunit dans la rue plus d'un million de personnes, est là pour témoigner de son ampleur. Tout au long du film, compositeurs américains, allemands, anglais et japonais évoquent la révolution musicale qu'ils estiment avoir provoquée en utilisant/détournant le déferlement de l'industrie technologique. En 1973, selon le compositeur Karl Hyde, la "musique de machines" de Kraftwerk fut vite avalée par le "marketing, démon de la société". Aujourd'hui, le principe des influences croisées (musique tribale, jazz, flamenco, etc.) est devenu essentiel à la techno, musique multiple, dont les grands maîtres sont souvent les DJ qui officient en direct.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Ushio Amagatsu, éléments de doctrine

1993, 65', couleur, documentaire, danse, U-matic

Conception : Alain Plagne, André S. Labarthe
Chorégraphie : Ushio Amagatsu
Réalisation : André S. Labarthe
Interprétation : Jean-Claude Dauphin
Production : Art production, Arcanal, CGP
Participation : Ministère de la culture et de la francophonie

Au Japon, le blanc est la couleur du deuil. Les danseurs de butô s'enduisent le corps de poudre blanche et la poétisation de l'espace qui caractérise les pièces de la compagnie Sankai Juku est comme un cadavre exquis, au sens littéral du terme. Pour Amagatsu, fondateur de la compagnie, la danse butô est à la fois vie et mort. Juin 1993 : Ushio Amagatsu et ses danseurs répètent "Graine de cumquat", pièce-fétiche de la compagnie, créée en 1978, qui relate l'initiation au monde d'un petit garçon japonais. André S. Labarthe et Alain Plagne ont suivi ces répétitions et interrogé le chorégraphe. L'oeuvre d'Amagatsu, axée sur la mort, la souffrance et la cruauté humaine, s'inscrit dans le prolongement des origines du butô, aux lendemains d'Hiroshima. Et même s'il estime sa compagnie moins morbide que celle d'Hijikata, fondateur du butô, ses exigences esthétiques requièrent de la part de ses danseurs une vraie capacité de concentration et d'équilibre. Un film très esthétique sur une compagnie qui ne l'est pas moins.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Violences civiles

1990, 26', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Jacques Renard
Chorégraphie : Odile Duboc
Musique : Cassiber, Eve Couturier, Jean-Jacques Palix
Interprétation : Mourad Beleskir, Nordine Benchorf, Nathalie Collantes, Murielle Corbel, Vincent Druguet, Jean-Pascal Gilly, Laurence Giraud, Céline Gruyer, Emmanuelle Huynh, Stéphane Lemaire, Denis Loubaton, Pascale Luce, Nadège Macleay, Sonia Onckelinx, Jarmo Pentilla, Cécile Proust, Sylvain Prunenec, Patrice Usseglio, Dominique Verpraet
Production : La Sept, Arcanal, le Poisson volant
Participation : Contre-jour, Grande halle de la Villette, ARPCA, Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Adaptation cinématographique de "Insurrection" d'Odile Duboc, créé en 1989. Le film est tourné de nuit dans l'architecture froide et spatiale de la grande halle de La Villette. Une vague de vingt danseurs à l'unisson oscille imperturbablement sur un rythme hypnotique et monocorde. Soudain, un corps s'affaisse. Ce grain de sable va enrayer la machine chorégraphique et faire naître la dissension. Des photographies noir et blanc, dont certaines célèbres, de manifestations historiques ou de foules en marche viennent scander les étapes de cette révolution dansée et accentuent le caractère politique de l'oeuvre. Les interprètes, filmés avec attention, fixent parfois gravement l'objectif dans des moments de suspension et de silence. "Insurrection", créé pour le bicentenaire de la Révolution française, est une pièce phare dans la carrière d'Odile Duboc. Elle y exprimait ses interrogations sur l'individu face au groupe. Le film met l'accent sur un moment de la chorégraphie : le réveil d'une population qui entre en résistance contre l'ordre établi. Il s'achève là où la deuxième partie du spectacle débutait : vers la reconstruction d'un monde plus humain.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Vire-volte

1988, 10 x 5', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Luc Boëls
Musique : Jean-Philippe Goude
Interprétation : Brigitte Vitudes
Production : FR3 Nancy, Imago star, La Sept
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD, DEF), CNC

Petit lexique des rapports du corps et de l'espace en danse classique et moderne. Dix courtes séquences où l'on voit un couple de danseurs en échauffement puis dans un travail d'enchaînement. Chacune d'elle comporte un thème (le travail, la spatialisation, la douleur...) que souligne un commentaire graphique réalisé en surimpression sur les mouvements. Une réalisation froide, clinique, sur des thèmes qui, s'ils ont le mérite d'être ici répertoriés, véhiculent néanmoins de nombreux clichés sur le métier d'interprète. Le système des graphiques propose une sorte d'ordre architectural lié à une vision fantasmatique et quelque peu simplificatrice de l'apprentissage et de la pratique du mouvement classique. D'autre part, la complexité des croquis proposés pour les séquences modernes favorisent l'idée d'une discipline coupée du plaisir, intellectuelle et desséchée.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Vloof ! L'aigrette

1987, 5', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Teo Hernandez
Chorégraphie : Bernardo Montet
Interprétation : Bernardo Montet
Production : Studio DM

Filmé par Teo Hernandez, "Vloof ! L'aigrette" se présente comme une photo d'identité qui aurait l'avantage de révéler aussi son envers. En noir et blanc, un visage au regard enfoui derrière des lunettes noires machouille un chewing-gum. Bernardo Montet prend la pose, expose ses tics, s'ingénie à rentrer dans le cadre et à fixer l'oeil de la caméra. Les flashs s'enchaînent. La musique de Nat King Cole introduit la deuxième séquence : couleurs et simulacre, le personnage se maquille, se pare, ajuste sa robe. Cette séquence rappelle le premier solo de Bernardo Montet, "Pain de singe", mélange détonnant entre une énergie brute soulignée par le rock alternatif des Berruriers noirs et le travestissement du danseur dans une robe improbable. Enfin, les images s'accélèrent et n'inscrivent plus sur la pellicule que des éclats de lumières : ces traces de mouvement désormais mènent la danse.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Vue imprenable

1984, 13', couleur, fiction, danse, VHS

Réalisation : Virginie Roux, Anne Soalhat
Chorégraphie : Daniel Larrieu
Musique : Stanislas Noël
Interprétation : Georges Appaix, Pascale Henrot, Daniel Larrieu
Production : Ina
Participation : Ministère de la culture (DMD)

Réalisé à Paris, dans un jardin, la cour d'un hôtel particulier, le toit d'une usine, ou un intérieur design, ce court métrage permet de saisir ce qu'à ses débuts, l'écriture de Daniel Larrieu empruntait à l'air du temps : signes de main, sursauts, postures angulaires. Un petit symbole électronique gravite autour de lui et pointe ce qui fait signature dans la gestuelle du chorégraphe. Des insertions de brefs plans fixes et rapprochés sur le geste, ainsi que des incrustations vidéographiques donnent aux danses un aspect résolument frontal. Ce qui permet aux réalisatrices de constituer un catalogue ludique du vocabulaire de Daniel Larrieu, entouré pour cette insolite déclinaison de Pascale Henrot et Georges Appaix. La première image à travers une vitre embuée que le mouvement balafre en douceur et la dernière séquence, où le chorégraphe répète à l'infini un adage dans l'espace ouvert d'une clairière luxuriante, apportent au film une gravité mélancolique qui fait désormais l'ordinaire des pièces du chorégraphe.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Wandlung

1992, 12', couleur, adaptation, danse, VHS

Réalisation : Charles Picq
Chorégraphie : Susanne Linke
Musique : Franz Schubert
Interprétation : Susanne Linke
Production : Agat films, La Sept, Ina
Participation : CNC, Inter nationes - Bonn

Danser, est-ce taire l'essence d'un cri ? Susanne Linke semble ici répondre à la question que se posait R. M. Rilke. Elle flotte sur l'espace sombre du plateau, légère et pourtant habitée par la sourde puissance contenue dans "La Jeune fille et la mort" de Schubert. Une écriture pure, sans emphase : quelques mouvements de bras et déplacements au sol. Une sidérante intégrité gestuelle. La plus réussie des trois réalisations de Charles Picq sur les solos de Susanne Linke. Le film s'efface sans fausse pudeur devant la présence magnétique de celle qui interprète sa propre danse. "Wandlung" place la chorégraphe dans le panthéon des grandes solistes de la danse expressionniste, au côté de Mary Wigman par exemple, dont elle fut l'élève à Berlin.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Wank Stallions

1993, 33', noir et blanc, fiction, danse, VHS

Réalisation : Alison Murray
Chorégraphie : Alison Murray
Interprétation : Bernice Fay, Dave Kelly, Danny Sapini, Marsha Smith, Stuart Taylor
Production : Spunk productions

Deux hommes errent la nuit au bord d'une plage et rencontrent d'autres individus. La cause de leur souffrance n'est pas nécessairement connue, seuls les moyens mis en oeuvre par les deux personnages pour s'extirper de leur solitude et tenter de se rencontrer, c'est-à-dire ici de s'entraider, semblent intéresser la réalisatrice. Alcools et musique, drogues et rap participent de la dérive de cette nuit blanche. Le procédé stroboscopique et l'image traitée comme une lumière renforcent la vision poétique de cette noirceur lunaire, quasi spectrale qui baigne l'ensemble du film. Fortement axé sur les minorités (ethniques, sexuelles ou sociales), le regard que porte la Britannique Alison Murray sur le monde, ses personnages déclassés et la misère environnante est à la fois d'une générosité absolue et d'une insolence radicale.
Fabienne Arvers
CNC - Images de la culture

Waterproof

1986, 21', couleur, adaptation, danse, U-matic

Conception : Daniel Larrieu
Réalisation : Jean-Louis Le Tacon
Chorégraphie : Daniel Larrieu
Musique : Eve Couturier, Jean-Jacques Palix
Interprétation : Dominique Brunet, Alain Buffard, Didier Chauvin, Anne Frémy, Claude Frémy, Daniel Larrieu, Bertrand Lombard, Michel Reilhac, Laurence Rondoni
Production : Arcanal, Cie Astrakan, Ex nihilo, Vidéogram, CNDC Angers, Swatch
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD)

La scène est devenue eau, les danseurs, amphibies. Les corps évoluent, comme en apesanteur, sur une chorégraphie composée de manipulations subtiles et inspirée par les nouvelles sensations d'un espace modifié. L'alternance de moments calmes et violents contribue à rendre tangible l'atmosphère hallucinée de ce spectacle. La lente marche d'un homme en imperméable au fond de la piscine où flottent des corps en apnée, les scènes saccadées d'immersion soudaine, le combat à la surface de l'eau de danseurs harnachés de bouées : certaines de ces images, réalisées pendant l'élaboration du spectacle aquatique de Daniel Larrieu, en mars 1986, étaient projetées sur écran au bord de la piscine et servaient de transition entre les scènes de cette pièce que la presse surnomma la 'Giselle de l'an 2000'.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

What about Ida

1990, 27', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Alain Longuet, Mark Tompkins
Chorégraphie : Mark Tompkins
Musique : Ghédalia Tazartès
Interprétation : Patricia Lopez, Martha Moore, Frans Poelstra, Pierre Séraphin, Mark Tompkins
Production : La Sept, Arcanal, Lieurac productions, CICV Montbéliard-Belfort, Cie IDA - Marc Tompkins, Ina
Participation : Ministère de la culture et de la communication (DMD)

Ida est une femme qui rit, danse et soliloque à la recherche de sa soeur jumelle imaginaire. Elle regarde la télévision et confie la télécommande à son chien Love qui zappe entre différentes séquences de danse. Finalement, sur l'écran s'inscrit l'image d'Ida qui raconte à Ida qui la regarde une histoire de chien et de sucre alors que des danseurs en treillis envahissent la pièce. Inspiré du spectacle "Nouvelles" de Mark Tompkins, lui-même élaboré d'après le roman "Ida" de Gertrude Stein, ce film reprend dans sa facture et son montage quelques procédés narratifs de la romancière américaine : extrême simplicité des situations, boucles narratives et associations d'idées. Mark Tompkins travaille depuis longtemps dans l'esprit de Stein : sa danse est fluide et simple, et souvent sans 'état'. Et puis sa compagnie ne se nomme-t-elle pas International Dreams Association : IDA ?
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Yvette Chauviré

1988, 62', couleur, documentaire, danse, U-matic

Conception : Dominique Frétard
Réalisation : Dominique Delouche
Interprétation : Yvette Chauviré
Production : Lieurac productions, La Sept, Ina
Participation : Ministère de la culture (DMD)

Evocation de la carrière d'une des plus grandes étoiles de l'Opéra de Paris. Nommée étoile le 31 décembre 1941, celle qui dansa trois cents fois "Giselle" avec les partenaires les plus illustres (Lifar, Noureev, Atanassof) nous entraîne dans un florilège de souvenirs désuets et nostalgiques. La 'Garbo' du ballet classique ouvre l'album de ses triomphes. Si Dominique Delouche semble avoir renoncé un peu à cet esprit très authentique qui émaillait sa série "Le Spectre de la danse" pour se conformer à un standard plus télévisuel, il reste quelque chose de son sens de la mise en scène dans des séquences comme celle où Yvette Chauviré rencontre Henri Sauguet : assise à côté du vieil homme, la danseuse évoque par quelques gestes de bras la chorégraphie "Mirages" de Lifar, tandis que le compositeur pianote la musique lancinante qu'il créa sur mesure pour ce ballet qui fit le tour du monde.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

Zizi au Zénith

1995, 61', couleur, adaptation, danse, U-matic

Réalisation : Jean-Christophe Averty
Interprétation : Ziz Jeanmaire
Mise en scène : Roland Petit
Production : Telmondis, RP productions
Participation : Ministère de la culture (DMD)

La captation du spectacle de Zizi Jeanmaire au Zénith à Paris en 1995 avec le Ballet national de Marseille. Paroles et musique : Serge Gainsbourg. Marc Guiga
CNC - Images de la culture

Zizi Jeanmaire légendaire

1992, 59', couleur, documentaire, danse, U-matic

Réalisation : Pierre Fournier-Bidoz
Interprétation : Zizi Jeanmaire
Production : La Sept, Telmondis
Participation : Bayerischer Rundfunk, CNC, Ministère de la culture (DMD), Procirep

Florilège d'extraits de films, comédies musicales françaises et américaines, retraçant la carrière de Zizi Jeanmaire, dont on oublie souvent qu'elle fut une des rares artistes françaises à avoir connu un immense succès outre-Atlantique. C'est l'occasion de revoir le numéro du "Truc en plume", inventé par Roland Petit (son pygmalion de mari) et habillé par Yves Saint-Laurent. Un programme chronologique, mais un peu avare de précisions historiques. Le film vaut surtout pour des images d'archives difficiles à voir par ailleurs, comme celle de "La Silla", un ballet sur la tauromachie que Zizi danse avec Félix Blaska dans des costumes très particuliers de Yves Saint-Laurent, ou encore un clip tourné avec Gainsbourg sur la chanson "Elisa saute-moi au cou". En revanche, le cadre convenu des entretiens ne permet pas à la danseuse de donner toute la mesure d'une personnalité 'tellurique'.
Patrick Bossati
CNC - Images de la culture

 Dance’n Co © 1992-2015
retrouver la Compagnie Dance'n Co sur facebook lPlan du sitelAjoutez aux favorislLa charte DNC web infolEcrire au WebmasterlRetour en haut de page



Association Dance'n Co - Compagnie de danse, créatrice et productrice de spectacle de danse, propriétaire du site www.dnc44.fr
active depuis 1992 dans toute l'aglomération Nantaise (Nantes, Saint Herblain, Orvault, Saint Sébastien, Sainte Luce sur Loire, Couéron, Rezé... )
ainsi que dans les départements limitrophe (Loire-Atlantique, Vendée, Maine-et-Loire, Ille-et-Vilaine, Morbihan, ...)